Jorge Mario Bergoglio - La passion de Dieu... et du foot!

Sur la page Web officielle du club défilent la carte de partisan de Jorge Mario Bergoglio, no 88235, et une photo sur laquelle il brandit un maillot aux couleurs du club, bleu et rouge.
Photo: Archives Agence France-Presse Sur la page Web officielle du club défilent la carte de partisan de Jorge Mario Bergoglio, no 88235, et une photo sur laquelle il brandit un maillot aux couleurs du club, bleu et rouge.

Buenos Aires — Les partisans de l’équipe de football de San Lorenzo, l’une des plus populaires d’Argentine, sont aux anges : un des leurs est devenu pape, une immense fierté et un clin d’oeil à l’histoire de ce club fondé par un prêtre.


Marcelo Ladelfa, un ouvrier de 45 ans qui vibre pour San Lorenzo, affirme que le pape François est « le personnage le plus illustre de l’histoire de l’Argentine. Le nouveau pape, de San Lorenzo, est plus important encore que Diego Maradona ou que Carlos Gardel », le chanteur de tango, dit-il avec assurance et sans dissimuler que la nouvelle l’a bouleversé.


Le club de la communauté espagnole connu comme « Le Cyclone » ou « Les Saints de Boedo », du nom du quartier où Jorge Mario Bergoglio a vu le jour, attire aussi les habitants du quartier voisin de Florès, où Bergoglio a grandi. Les onze titres nationaux de San Lorenzo sont lointains, mais avec un pape, le supporteur bombe à nouveau le torse. Sur la page Web officielle du club défilent la carte de supporteur du cardinal, no 88235 et une photo sur laquelle il brandit un maillot aux couleurs du club, bleu et rouge.


Walter Nieto, 77 ans, n’oubliera jamais le jour où Jorge Bergoglio a dit que « sa seconde bible » était le Livre d’or du club, à l’occasion de la bénédiction de la chapelle du club, en 2011, construite grâce à un don de l’acteur américain Viggo Mortensen, autre supporteur de renom du club.


L’empreinte du religieux au sein de ce club est ancienne. C’est un prêtre salésien d’une paroisse du quartier, Lorenzo Massa, qui l’a fondé en 1908 avec un objectif social : éduquer par le sport des jeunes de la rue livrés à eux-mêmes.


La Vierge de la paroisse de Lorenzo Massa porte également le rouge et le bleu, « azulgrana », les mêmes couleurs que l’illustre FC Barcelone.


Liliana Di Capua, une fonctionnaire de 45 ans, partage la passion pour San Lorenzo, qui jadis attirait des joueurs espagnols. Elle vit à quelques rues du siège du club et ne rate aucun match.


Elle a été « émue » par l’élection de l’archevêque de Buenos Aires, qu’elle appelle « le saint de Boedo », au Saint-Siège. « Être supporteur de San Lorenzo, c’est une tradition dans ce quartier, y compris à Florès, où est né Bergoglio », explique cette femme élégante aux longs cheveux. « Ici, nous sommes tous des Corbeaux », autre surnom des joueurs de San Lorenzo, allusion à la couleur de la soutane du curé-fondateur.


Alberto Giorgi, un médecin sportif de 70 ans, raconte comment son fils de 38 ans, un cinéaste, a rencontré le cardinal Bergoglio dans le métro de Buenos Aires alors qu’il se rendait au travail. Le prélat est réputé pour sa simplicité et préfère les moyens de transport en commun aux voitures de fonction avec chauffeur.


« Quelqu’un lui a dit « regarde qui est assis à côté de toi », il ne l’avait pas remarqué, puis il a reconnu Bergoglio, en train de lire un livre à ses côtés », relate le médecin, qui confie avoir pleuré quand le cardinal français a annoncé au balcon de la basilique Saint-Pierre de Rome le nom du primat d’Argentine. « Je suis émotif, c’était profondément émouvant. Je ne pouvais pas le croire. Aujourd’hui encore, on a du mal à le croire. »

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