Formellement accusé, Pistorius plaide l’accident

Oscar Pistorius, trop affecté pour prendre la parole, a fait lire par son avocat une déposition.
Photo: Agence France-Presse (photo) Antoine de Ras Oscar Pistorius, trop affecté pour prendre la parole, a fait lire par son avocat une déposition.

Pretoria — L’athlète olympique et paralympique Oscar Pistorius affirme qu’il a tiré par erreur sur sa petite amie en croyant qu’il avait affaire à un cambrioleur, alors que les procureurs de la poursuite évoquent plutôt un meurtre prémédité.

Dans une déclaration écrite sous serment lue mardi par son avocat lors de l’audience sur sa libération sous caution, Pistoprius explique qu’il se sentait vulnérable parce qu’il ne portait pas ses jambes artificielles. Il a alors tiré plusieurs coups de feu dans la porte de la salle de bain, qui était verrouillée.


Il aurait à ce moment réalisé que sa copine, le mannequin Reeva Steenkamp, ne se trouvait pas dans son lit. « J’ai alors été envahi par l’horreur et la peur », a-t-il dit.


Il aurait ensuite enfilé ses prothèses et tenté d’enfoncer la porte, avant d’utiliser un bâton de cricket pour y parvenir. Pistorius a trouvé la jeune femme âgée de 29 ans de l’autre côté. Il s’est précipité dans l’escalier en la portant, mais « elle est morte dans mes bras ».


Le procureur Gerrie Nel a déposé mardi des accusations de meurtre prémédité contre l’athlète, soulignant qu’il a pris le temps d’enfiler ses jambes artificielles et de parcourir environ sept mètres, entre sa chambre à coucher et la salle de bain, avant d’ouvrir le feu. En Afrique du Sud, une condamnation pour meurtre prémédité entraîne automatiquement une peine de prison à vie.


Me Nel a expliqué au tribunal que Pistorius a tiré dans la porte de la salle de bain où Steenkamp s’était réfugiée après une prise de bec. Trois des quatre balles tirées ont atteint la jeune femme. « Elle ne pouvait pas s’enfuir, a dit l’avocat. Ça devait être horrible. »


Pistorius a sangloté silencieusement pendant que son avocat, Barry Roux, insistait pour dire qu’il s’agit d’un accident et que rien ne justifie une accusation de meurtre. « Est-ce que c’était pour la tuer ou pour la sortir de là ? », a-t-il demandé au sujet de la porte enfoncée. « Nous croyons qu’il ne s’agit même pas d’un meurtre. »


Me Roux a aussi lu des déclarations écrites sous serment fournies par des amis de Pistorius et Steenkamp, qui décrivent un jeune couple heureux qui avait prévu passer la journée de la Saint-Valentin chez lui.


La dépouille de Reeva Steenkamp a été incinérée mardi à l’occasion d’une cérémonie dans la ville portuaire de Port Elizabeth, dans le sud-ouest du pays. Sa mère, June Steenkamp, a déclaré aux journalistes que la famille veut des réponses. Plusieurs dizaines de femmes s’étaient rendues sur place pour manifester contre la violence conjugale et exiger une peine exemplaire pour Pistorius.

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