«Je me vois passer le reste de ma carrière ici»

Un vétéran du football universitaire américain, Dan Hawkins ne voit pas son passage au Canada comme un tremplin pour mieux retourner aux États-Unis.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Un vétéran du football universitaire américain, Dan Hawkins ne voit pas son passage au Canada comme un tremplin pour mieux retourner aux États-Unis.

La rumeur courait déjà depuis quelque temps, et les Alouettes de Montréal l’ont confirmée mardi : Dan Hawkins remplacera Marc Trestman à titre d’entraîneur-chef de l’équipe de la Ligue canadienne de football. Il deviendra ainsi le 20e entraîneur-chef dans l’histoire de l’équipe.

Hawkins, 52 ans, en sera à sa première expérience à titre d’entraîneur-chef au football professionnel, lui qui a surtout oeuvré au niveau universitaire américain, conservant une fiche de 112-61-1 en carrière. Il a connu le plus de succès avec l’Université Boise State, où il a affiché un dossier de 53-11 et remporté deux Bowls, Humanitarian en 2002 et Fort Worth en 2003.


Il a aussi dirigé à l’Université du Colorado, où son passage a été moins fructueux, comme en fait foi sa fiche de 19-39. Depuis 2010, il agissait à titre d’analyste pour le réseau de télévision américain ESPN.


Hawkins, sans surprise, s’est déclaré très honoré d’avoir été choisi pour occuper ce poste et ne voit pas son passage dans la LCF comme un tremplin vers un nouveau boulot dans la NCAA ou la NFL.


« J’ai refusé des postes afin de pouvoir me trouver ici, a-t-il indiqué. Je vis beaucoup dans le moment présent, mais en même temps, je me vois très bien passer le reste de ma carrière ici. D’ailleurs, certains des gars au sein de mon personnel d’entraîneurs m’ont demandé quel était mon plan et je leur répondais toujours que si c’est aussi bien qu’on croit que ça peut l’être, on peut être ici pour toujours. »


« La réalité est que rien n’est éternel. Ils ont retiré Cats de Broadway et M*A*S*H des ondes. Tous les bons shows finissent par être retirés de l’affiche. Mais j’ai pour philosophie de ne jamais accepter un boulot que je n’envisage pas d’apprécier pour le reste de mes jours. Je ne crois pas qu’on puisse faire un bon travail en se disant qu’on va accepter un poste pour quelque temps et voir où ça va nous mener. »


Se décrivant comme un type qui aime s’aventurer hors des sentiers battus, Hawkins est très excité par le défi que représente l’adaptation au football canadien, avec son 12e joueur, ses joueurs en mouvement avant que le ballon ne soit mis en jeu et son terrain aux plus grandes dimensions. D’ailleurs, alors que la plupart des entraîneurs apportent leurs « recettes » avec eux, Hawkins aborde son travail de façon différente.


« J’ai connu des gars qui ont dirigé les 49ers de San Francisco quand Joe Montana y jouait. Quand vous arrivez dans un tel environnement, vous étudiez ce que les joueurs font de bien et ce qu’ils ont à améliorer. C’est la même chose ici avec [le quart-arrière] Anthony Calvillo. On veut voir ce qu’il aime, ce qu’il voudrait bien ajouter à son catalogue de jeux, le genre de choses avec lesquelles il est à l’aise et ce que les autres joueurs aiment », a-t-il commenté.


« C’est vraiment là que ça doit commencer : les joueurs en place, les formations et après, les jeux et les entraîneurs ; pas le contraire. C’est certain qu’on apporte beaucoup d’expérience dans l’équation, mais la façon dont nous allons travailler, c’est à partir du catalogue de jeux d’Anthony, pas le nôtre nécessairement. »


Il reconnaît également en avoir beaucoup à apprendre à propos de la Ligue canadienne. « Absolument !, a dit Hawkins. Mais je me suis entouré de gars qui ont une tonne d’expérience dans cette ligue et croyez-moi, nous allons trimer dur pour y apprendre tout ce qu’on a à apprendre. Nous allons tout faire pour maîtriser cette ligue. Allons-nous faire des erreurs ? Je suis certain que nous en ferons. Mais je sais aussi que dans la vie, on échoue, on apprend et on recommence. Ç’a toujours été ma façon de faire. »


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Un processus exigeant

Avant d’arrêter leur choix sur Dan Hawkins, le directeur général Jim Popp et le propriétaire de l’équipe Robert Wetenhall ont passé les six dernières semaines à passer en revue à peu près tous les hommes qui touchent de près ou de loin au football dans l’espoir de dénicher le bon candidat pour les Alouettes de Montréal.

Le processus, aux dires même de Popp, s’est avéré exténuant.

« Ce furent six folles semaines, a déclaré Popp. À commencer par ma situation personnelle, avec les quelques entrevues qui m’ont été accordées pour un poste dans la NFL. Ensuite, il y a eu les départs de Marc Trestman et de [l’adjoint au directeur général] Marcel Desjardins et tous les appels téléphoniques que nous avons dû faire pour tenter de trouver le candidat idéal. »

« En tout, nous avons interviewé près de 50 candidats. On a interviewé des gens au téléphone et en personne. Je suis allé en Caroline du Nord, en Alabama, et plusieurs fois en Floride. J’ai pas mal passé le dernier mois avec un téléphone accroché à l’oreille. »

Les Alouettes avaient des critères bien précis, ce qui a pu compliquer le processus d’embauche.

« Mais tout au long de ce processus, un nom revenait sans cesse en tête de liste : celui de Dan Hawkins », a dit Popp.

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