Le Canadien demande à Scott Gomez de ne pas disputer la saison

Le directeur général Marc Bergevin a demandé au vétéran attaquant Scott Gomez de demeurer chez lui en vue de la prochaine saison de la LNH, et il rachètera son contrat cet été afin de mettre fin à son association avec le Canadien de Montréal.

Bergevin et le reste de la direction du Tricolore ont pris cette décision, tard samedi soir, après avoir pris connaissance des détails exacts de la nouvelle convention collective, devenue officielle quelques heures auparavant. Cette entente prévoit que chaque club pourra racheter le contrat de deux joueurs avant le début de la saison 2013-14, sans que cela ne compte au plafond salarial.
 
Toutefois, les équipes ne pourront racheter le contrat de joueurs s'étant blessés dans le cadre de leurs fonctions de hockeyeur et qui le seront encore pendant la période de rachat. C'est pourquoi le Canadien a demandé à Gomez de ne pas patiner, dimanche, à l'occasion de la première journée officielle du camp d'entraînement à Brossard, et de rester chez lui jusqu'à l'été. On veut éviter qu'il ne subisse une blessure à long terme qui l'empêcherait d'être admissible.
 
L'avenir à long terme

La direction du Canadien a pris cette décision en pensant à l'avenir à long terme du club, a fait savoir Bergevin. Cette approche permettra de dégager une somme importante au sein du plafond salarial, l'hiver prochain, et donnera au club une meilleure marge de manœuvre pour accorder de nouveaux contrats — nécessairement plus généreux — à ses jeunes joueurs l'été prochain. Bref, le club jouira d'une meilleure marge de manoeuvre pour s'améliorer à moyen et long terme, a noté le d.g. du CH.
 
Gomez, qui a appris la nouvelle lors d'une rencontre avec Bergevin tôt dimanche matin, sera le seul joueur du Canadien à se retrouver dans cette situation. Cette saison, son salaire comptera à hauteur de 7 357 143 millions $US au sein du plafond salarial. Ç'aurait été la même chose la saison prochaine, à l'occasion de la dernière année de son entente de sept ans d'une valeur totale de 51,5 millions qu'il a signée à l'origine avec les Rangers de New York.
 
Trois autres joueurs n'ont pas participé à la première séance d'entraînement officielle du camp en raison de blessures, dimanche, devant une foule imposante à Brossard: les attaquants Tomas Plekanec et Petteri Nokelainen, ainsi que le défenseur Mike Commodore.
 
Nokelainen en aura encore pour encore deux semaines à se remettre, tandis que le statut de Plekanec, légèrement blessé aux côtes, sera réévalué quotidiennement.

Josh Gorges a réalisé que quelque chose d'important se tramait chez le Canadien, dimanche, à son arrivée en voiture au Complexe sportif Bell de Brossard, quand il a croisé Scott Gomez qui conduisait dans la direction opposée.
 
Gomez venait d'apprendre de la bouche de Marc Bergevin que la direction du CH avait décidé de le renvoyer chez lui pendant la prochaine saison afin d'être certaine de pouvoir racheter son contrat cet été. Gorges, lui, se rendait au premier entraînement officiel du camp d'entraînement du club montréalais.
 
Gorges a ensuite appris les détails exacts de la nouvelle quand Brian Gionta, capitaine du Canadien, en a fait part à ses coéquipiers avoir avoir brièvement rencontré l'entraîneur Michel Therrien.
 
«J'ai rencontré Brian pour lui expliquer les raisons de la décision, je voulais lui dire tout de suite. Mais je ne voulais pas en faire une réunion avec les joueurs. Déjà que notre temps est assez limité comme c'est là!», a lancé Therrien, en faisant allusion au fait que selon les normes de la nouvelle convention collective, les joueurs n'ont pas le droit de passer plus de trois heures à l'aréna les jours d'entraînement.
 
Composer avec les affaires

Mais selon Gionta, une réunion n'était pas nécessaire. Son petit discours aux joueurs suffisait. Tous les joueurs savent comment se comporter dans un tel contexte, a-t-il souligné, même si c'est difficile sur le plan personnel.
 
«Les joueurs sont satisfaits des joueurs qui sont en place et nous irons de l'avant, a affirmé Gionta. Nous sommes tous des professionnels, ce n'est pas pour rien que nous avons atteint la LNH. Nous sommes capables de composer avec le côté laid des affaires du hockey.»
 
Le capitaine du CH a par ailleurs indiqué que Gomez n'a jamais été une distraction au sein de l'équipe, malgré les déboires hautement publicisés que ce dernier a vécus au cours des deux dernières saisons. «Il a toujours été un excellent coéquipier», a dit Gionta.
 
Même Max Pacioretty, qui n'a pourtant pas joué aussi longtemps aux côtés de Gomez que Gionta — celui-ci l'a également fait avec les Devils du New Jersey — a vanté les qualités humaines de l'Américain de l'Alaska.
 
«Scott a été le premier à aller à la rencontre de [Zdeno Chara] après qu'il m'eut frappé, alors je suis grandement reconnaissant à son endroit», a indiqué Pacioretty en faisant allusion à l'incident archi-connu avec le défenseur des Bruins de Boston, quand celui-ci l'avait envoyé à l'hôpital en lui projetant la tête contre une baie vitrée du Centre Bell, en mars 2011. «Scott a eu une grande influence sur ma carrière», a ajouté Pacioretty.
 
«Il a été un excellent coéquipier et il a adopté une attitude tout à fait professionnelle pendant tout ce temps, a par ailleurs commenté Gionta. Il n'a pas cherché à se faire prendre en pitié. Nous avons cherché à le soutenir et nous continuerons de le faire.»
 
Une certaine ville

Si Gomez a toujours cherché à éviter d'être un fardeau pour ses coéquipiers, le fait qu'il soit devenu un sujet de discussion à la mode à Montréal a quand même dérangé l'équipe quelque peu, a reconnu Gorges. Et surtout dérangé Gomez lui-même, selon lui.
 
«On sait comment c'est dans cette ville quand tu ne joues pas à la mesure des attentes, a noté le vétéran défenseur. Peu importe qui tu es, quand ça vient vers toi à une force telle comme ç'a été le cas pour Scott l'an passé, tu ne peux pas l'ignorer. Tu as beau être solide comme personne, parfois c'est trop, tu ne peux y échapper. Mais j'ai trouvé qu'il a réagi en véritable professionnel.»
 
«C'est malheureux que le côté 'affaires' du hockey ait pris le premier plan. Sur le plan personnel, il reste un bon ami et c'est difficile de voir que ça lui arrive, a résumé Gionta. C'est un véritable professionnel et il va trouver une façon de rebondir.»
2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 13 janvier 2013 14 h 38

    Big deal

    Au salaire qu'il fait, si j'étais à sa place je mangerais mon beigne tranquillement et je serais mort de rire...

  • Leclerc Éric - Inscrit 15 janvier 2013 13 h 56

    Première victime d'une série de futurs joueurs remerciés?

    Avec la nouvelle convention signée dans la LNH et le plafond salarial voté et accepté, d'autres hocheyeurs devraient relire les lignes de leur contrat versus leur performance au cas-où...