La Première Ligue de soccer du Québec voit le jour

Vingt-cinq ans après la Ligue nationale de soccer du Québec, ce sera au tour de la Première Ligue de soccer du Québec ( PLSQ) d'être le porte-drapeau du «foot» semi-professionnel dans la province.

Officiellement lancée hier, la PLSQ compte cinq clubs pour l'instant, soit l'Arsenal de L'Assomption, l'AS Blainville, le FC Gatineau, Brossard et Lakeshore.

Le circuit espère aligner de 6 à 12 équipes en vue de la prochaine saison à l'été 2012. Stéphan Lessard, le commissaire de la PLSQ, a indiqué que la composition définitive des équipes et le calendrier des matchs seront dévoilés d'ici l'automne.

Les dirigeants de la PLSQ sont par ailleurs en discussion avec la Ligue canadienne de soccer, un circuit semi-professionnel composé en forte majorité de clubs ontariens, dans le but de disputer une compétition de fin de saison qui mettrait aux prises des clubs des deux ligues.

«Les discussions vont bon train en vue d'une première compétition en 2012 et ç'a été reçu de façon très positive du côté de la CSL», a indiqué Lessard, hier, en marge de la conférence de presse de lancement du circuit. «Le format reste à déterminer.»

Le projet a été chapeauté par la Fédération de soccer du Québec. Son président, Dino Madonis, rêve d'une ligue qui s'allierait un jour avec des circuits équivalents en Ontario et dans l'Ouest canadien. «Une ligue professionnelle, ça dégage un plus grand sérieux, a commenté Madonis. Ça donne une autre image auprès du public, mais aussi auprès des joueurs eux-mêmes. Ils vont traiter ça plus sérieusement.»

La PLSQ amorcera ses activités en avril et le calendrier s'étendra jusqu'en octobre. Les équipes du circuit de division 3 — la MLS étant considérée comme la première division — aligneront des joueurs de statut professionnel et amateur. Les équipes disputeront de 18 à 22 matchs par saison et on prévoit organiser des rencontres amicales contre d'autres clubs professionnels invités.

Valorisation

Selon Jean-Pierre Cériani, directeur technique de l'AS Blainville, la PLSQ permettra de revaloriser une catégorie de joueurs seniors qui étaient jusqu'ici «relégués aux oubliettes» et de combler la «zone grise» dans laquelle ils se retrouvaient.

«Un jeune qui joue dans un club doit rêver de jouer pour l'équipe senior de son club, a expliqué Cériani. Après ça, le meilleur va éventuellement rêver à la MLS et à l'Impact, et le meilleur encore va rêver à Barcelone et au Real Madrid. Mais au départ, le petit bout de chou de six à huit ans, il regarde les seniors jouer dans son club.»

«[La PLSQ] va changer complètement le sentiment d'appartenance et montrer aux jeunes qu'il y a un avenir, a ajouté Cériani. Avant, il n'y avait pas d'avenir. À 18 ans, ils ne savaient plus où aller.»

«Un jeune qui a 16 ou 17 ans qui n'est pas en Équipe du Québec ou au Centre national, il se demandait s'il pouvait espérer se rendre au niveau professionnel, a noté Phillip Dos Santos, du CS Lakeshore. Maintenant, il sait qu'il va y avoir un bon niveau pour lui, qu'il va pouvoir jouer dans un environnement qui, on l'espère, va se rapprocher de ce qu'on retrouve en PDL ou en USL aux États-Unis.»

Lessard a été embauché à titre de commissaire en raison de son expertise en marketing et en développement d'affaires. Il a travaillé dans le domaine des ventes et du marketing dans le milieu médical pendant 20 ans et a oeuvré au sein du conseil d'administration de la Fondation des Jeux du Québec ces deux dernières années.

«Il y a un million de personnes qui vivent le soccer au quotidien au Québec. Une entreprise qui démarre avec un potentiel d'un million d'intéressés... Je pense qu'on est sur la bonne voie», a souligné Lessard.

La LNSQ, un autre circuit semi-professionnel, a vu le jour en 1986 avant de disparaître au début des années 1990.

«Le contexte actuel est différent en ce sens qu'à l'époque, les équipes étaient menées par des individus passionnés qui avançaient de l'argent pour obtenir une concession, a noté Madonis. C'était, en gros, des organisations d'une seule équipe, qui n'avaient pas de structure de club.»

«Et à l'époque, les masses salariales n'étaient pas contrôlées. Il y avait un trop grand déséquilibre entre les équipes. Le calibre de jeu était bon, la gestion de la ligue était bonne, mais au niveau des clubs, c'était un peu trop désordonné. Et les clubs dépensiers ne duraient que quelques années.»