C'est un Saku Koivu émotif qui est de retour

C'est un Saku Koivu émotif, comme il ne l'a jamais été durant ses 13 saisons avec le Canadien, qui s'est présenté à Montréal, hier, à la veille de son grand retour au Centre Bell.

Le Finlandais de 36 ans l'a d'ailleurs reconnu lors d'un point de presse tenu à quelques mètres de son ancien vestiaire, hier: quitter Montréal et jouer à Anaheim, dans un marché beaucoup moins fou du hockey, lui a permis d'apprivoiser ses émotions — tant positives que négatives.

Chose qu'il ne s'est jamais permis de faire à Montréal, où un joueur «ne peut sortir nulle part sans parler de hockey».

Et des émotions, Koivu a commencé à en ressentir des tonnes pendant le vol entre Toronto et Montréal, hier après-midi.

Celui que le Canadien a laissé filer sur le marché des joueurs autonomes à l'issue de la saison 2008-2009, au profit des Ducks d'Anaheim, a alors commencé à repenser à son premier match dans l'uniforme tricolore, à sa nomination à titre de capitaine en 1999, à la fébrilité des séries éliminatoires à Montréal, à l'atmosphère spéciale qu'il ressentait dans le Centre Bell lors des matchs du samedi soir.

Koivu s'est dit chanceux et reconnaissant d'avoir pu vivre tout cela. Il a apprécié son séjour à Montréal à tel point qu'il n'a pas exclu de revenir vivre ici une fois sa carrière terminée.

Il a déclaré ne pas savoir quelle sera la réaction des spectateurs à son endroit, ce soir, au début du match entre le Canadien et les Ducks au Centre Bell. Il a toutefois dit qu'il ne serait pas surpris de recevoir une ovation puisque cela lui est déjà arrivé par le passé. Koivu a toutefois noté qu'à cause de la façon dont les amateurs québécois l'ont traité au fil des ans, le geste le plus approprié serait que ce soit lui qui se tienne debout à la ligne rouge pour applaudir la foule.

Il a par ailleurs reconnu qu'il ressentira une impression bizarre en se présentant sur la glace du Centre Bell. Il s'attend à avoir le sentiment de «disputer un match à domicile, mais dans l'uniforme des Ducks».

À ceux qui militent afin que le Canadien retire un jour le no 11 qu'il a porté à Montréal, Koivu a indiqué qu'il ne croyait pas avoir mérité sa place parmi les légendes qui ont reçu un tel honneur jusqu'ici. Il a toutefois dit apprécier l'intention de ces partisans.

Koivu a dit espérer qu'une fois sa carrière terminée, les amateurs de hockey se rappelleront de lui comme d'un joueur qui ne baissait jamais les bras, qui a accepté de rester longtemps à Montréal afin de lutter pour ramener le CH au rang des équipes les plus compétitives de la LNH.

Il a aussi noté, toutefois, que les points accumulés ne compteront plus une fois à la retraite. Il s'est donc dit fier du rôle qu'a joué sa fondation pour l'achat d'équipements à l'Hôpital général de Montréal.

Une première, oui et non

Koivu en sera à son premier match à Montréal dans l'uniforme des Ducks, mais pas à son premier contre le Canadien. Le 7 mars 2010, à Anaheim, il avait été blanchi avec un différentiel de moins-1 en 21 min 7 s de jeu dans une victoire de 4-3 en fusillade du Tricolore.

Auteur de 52 points (19-33) en 71 affrontements avec les Ducks l'hiver dernier, Koivu totalise 11 buts et 13 aides en 49 rencontres jusqu'ici cette saison.

Capitaine du Canadien pendant 10 ans — un record de longévité à ce poste, à égalité avec Jean Béliveau —, Koivu a totalisé 191 buts et 450 aides en 792 matchs pendant ses 13 saisons avec la formation montréalaise. Il n'aura toutefois pas réussi à remporter la coupe Stanley.

Ses 641 points lui donnent néanmoins le 10e rang au classement des marqueurs de tous les temps du CH, et le premier parmi les joueurs d'origine européenne, devant Mats Naslund (243-369-612 en 617 matchs).