Le monde du hockey rend un dernier hommage à Pat Burns

Les cendres de Pat Burns avaient été déposées dans une urne en forme de coupe Stanley miniature, transportée par son épouse, Line.<br />
<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les cendres de Pat Burns avaient été déposées dans une urne en forme de coupe Stanley miniature, transportée par son épouse, Line.

Le monde du hockey a rendu un dernier hommage à l'ancien entraîneur de la LNH Pat Burns, hier.

Pour l'occasion, les cendres de Pat Burns avaient été déposées dans une urne en forme de coupe Stanley miniature, qui reposait sur une petite table entre deux photos en noir et blanc de lui avec sa famille. En retrait, derrière, trônait un arrangement floral représentant le logo des Devils du New Jersey — un symbole qui ne manquait pas d'ironie compte tenu du fait que la cérémonie était présentée dans un lieu de culte.

Le cardinal Jean-Claude Turcotte n'a d'ailleurs pas manqué de souligner cet aspect lors de son discours d'introduction à l'homélie, rappelant au passage son allégeance au Canadien de Montréal depuis près de 60 ans.

«Ses enfants Stéphanie, Maxime, Jason et Maureen, ainsi que Line, peuvent être fiers de Pat, a dit le cardinal Turcotte. Il a fait montre de beaucoup de courage et d'une grandeur d'âme extrême face au cancer.»

«L'ironie dans tout ça, c'est qu'il a atteint le sommet de sa carrière... avec les Devils», a mentionné, pince-sans-rire, le cardinal, ce qui a suscité les éclats de rire parmi les 1200 personnes réunies dans la cathédrale.

Burns, le seul à avoir été élu entraîneur en chef par excellence dans la Ligue nationale de hockey en trois occasions, avec trois équipes différentes, est décédé à l'âge de 58 ans, le 19 novembre, après un long et vaillant combat contre le cancer.

Plusieurs anciens et actuels joueurs, de même que le commissaire de la LNH Gary Bettman ont assisté à ces funérailles célébrées à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

La cérémonie s'est déroulée dans une ambiance plutôt bon enfant, à l'image de Burns, qui a été décrit par plusieurs comme étant un «dur au coeur tendre».

Une amie de la famille, prénommée Isabelle, a d'ailleurs fait une remarque fort touchante en faisant allusion à cette rumeur erronée, lancée à la mi-septembre sur un site de réseautage social, à l'effet que Burns était décédé.

«Tu es le seul homme que je connaisse qui soit assez tenace et déterminé pour mourir deux fois dans la même année», a-t-elle déclaré, le sourire aux lèvres.

De son côté, le directeur général des Devils du New Jersey, Lou Lamoriello, a rendu un hommage bien senti à son employé et grand ami. Il a même précisé qu'il avait passé quelques jours en compagnie de Burns avant sa mort, ce qui semble l'avoir ébranlé. «Je n'ai jamais connu un gars aussi intègre, qui faisait tout ce qu'il prêchait, a-t-il mentionné. Dès que je l'ai rencontré, je savais qu'il allait être parfait pour notre organisation. Plus qu'une simple association professionnelle, notre relation en est devenue une d'amitié au fil du temps.»

«Il était vraiment une bête [beast] dans tout ce qu'il entreprenait. Détermination, courage et intégrité sont les mots qui me viennent en tête lorsque je pense à Pat.»

Tout au long de la cérémonie, des proches, d'anciens collègues ainsi que les membres de sa famille ont défilé au micro en rappelant quelques bonnes anecdotes qui ont pimenté la vie de Burns.

Son cousin — et agent — Robin Burns a d'ailleurs profité de cette tribune pour parler de l'une de ses grandes passions — la motocyclette — en soulignant son implication dans le club les Red Dogs. Il a aussi abordé l'importance de sa fameuse moustache, devenue le symbole de la lutte au cancer de la prostate en ce «Movember».

«Pat s'est battu jusqu'à la fin... Et même là, il m'a dit: "Fais ce que tu veux, mais n'y touche pas [à sa moustache]!"», a-t-il dit en riant.

La cérémonie s'est terminée par deux pièces musicales chères à Burns et à sa femme Line, soit Angel, de Sarah McLachlan, et Unforgettable, de Frank Sinatra.

Ses ex-joueurs lui rendent hommage

Parmi les douzaines de joueurs présents, toute l'équipe des Devils du New Jersey, la formation avec laquelle Burns a remporté la coupe Stanley en 2003, a fait le déplacement.

Raymond Bourque, Patrick Roy, Tie Domi, Mike Gartner, Luc Robitaille, les dirigeants des Maple Leafs de Toronto Brian Burke et Cliff Fletcher étaient également présents.

Plusieurs ont accepté de partager quelques souvenirs de l'entraîneur et de l'homme sur le parvis de l'église. Tous s'entendaient pour dire que c'était un entraîneur exigeant qui a toujours su obtenir le meilleur de ses joueurs.

«Il criait parfois plus fort qu'il ne mordait, mais il savait se faire entendre. Mais il pouvait également être compréhensif et soutenir ses joueurs, a révélé Bourque, l'ex-défenseur des Bruins de Boston et de l'Avalanche du Colorado. C'était plaisant de jouer pour lui. C'est le meilleur entraîneur défensif pour qui j'ai joué.»

Bourque a également émis un commentaire partagé par plusieurs des personnes présentes. «C'est un gars qui aurait probablement dû être admis au Temple de la renommée dès cette année et il le sera prochainement.»

Le gardien Martin Brodeur, des Devils, se souvient toujours de l'année de rêve qu'il a connue avec Burns derrière le banc au New Jersey. «Quand je pense à lui, j'ai un grand sourire. J'ai non seulement gagné la coupe Stanley avec lui mais nous étions proches sous d'autres rapports, nous faisions de la moto ensemble», a confié Brodeur.

Brodeur y est également allé d'une anecdote amusante au sujet de Burns. «Un jour, je discutais tranquillement avec lui, quand il m'a dit: "Reste assis, il faut que j'aille péter les plombs aux joueurs." Il a tout cassé et ça a eu l'effet escompté.»

Patrick Roy se souvient non seulement de l'intensité de Burns mais aussi de sa capacité à motiver ses joueurs. «Il trouvait toujours une façon de faire sentir à ses joueurs qu'ils étaient importants pour l'équipe et je crois que c'est une grande qualité», a mentionné Roy.