Martin n'entendait pas à rire, au lendemain d'une dure défaite

Brossard — Les défaites se digèrent de plus en plus mal chez le Canadien. Jacques Martin n'était pas d'humeur à rigoler, hier, au lendemain du revers de 3-2 encaissé à Philadelphie. Les joueurs ont constaté sur la patinoire que leur entraîneur n'entendait pas à rire. Les membres de la presse sportive s'en sont par la suite rendu compte.

On aurait dit que le Tricolore (13-7-1) était plongé en pleine tourmente d'une séquence de cinq défaites!

«Dans la Ligue nationale, vous devez être prêts à aller à la guerre à tous les matchs, a-t-il souligné. Et la dernière fois que j'ai vérifié, les matchs étaient d'une durée de 60 minutes chacun.»

Le bourru stratège avait encore sur le coeur le relâchement inexplicable de ses joueurs contre les Flyers, qu'ils dominaient 2-0 au terme de la première période.

«Le match de lundi, c'est du passé, a-t-il lancé. J'ai déjà expliqué que nous n'avons joué que pendant une seule période, la première. Je ne reviendrai pas continuellement là-dessus. Si on parlait à la place de la visite des Kings de Los Angeles [aujourd'hui].»

On devait également prendre Martin avec des pincettes pour toutes questions au sujet de Scott Gomez et du jeu de puissance.

«Gomez n'est pas seul. Il y en a d'autres dans le même bateau, a-t-il avancé. Gomez, on le remarque, quand il travaille, qu'il s'implique et qu'il se dirige vers le filet adverse. Il va éventuellement obtenir de la production.»

Quand on a voulu reparler de Gomez plus tard, Martin a perdu patience en interpellant le journaliste. «Est-ce que tu es arrivé en retard?», lui a-t-il demandé avec insistance, avant d'accepter d'aborder à nouveau le sujet.

La question était en fait s'il avait le sentiment que la mauvaise performance de Gomez «tirait vers le bas» le rendement de ses ailiers, qui deviennent peu visibles à ses côtés.

«Je ne crois pas, a-t-il répondu. Nous devons travailler en unités de cinq sur la patinoire. C'est important que chacun réponde à l'appel, s'acquitte de sa tâche. Dans le match de lundi, ils sont plusieurs à ne pas avoir répondu à l'appel.»

Quant au jeu de puissance, qui n'a produit qu'un but en neuf occasions en trois matchs, Martin n'a pas aimé du tout qu'on laisse entendre qu'il soit en panne.

«Ai-je bien entendu le mot panne?, a-t-il demandé, en n'en croyant pas ses oreilles. Un match sans réussir de but en supériorité numérique et vous qualifiez ça de panne?», a-t-il ajouté, en secouant la tête.

Le journaliste a précisé sa pensée en demandant si on poursuivrait l'expérience de Yannick Weber? Le défenseur recrue suisse évolue à l'attaque au sein du quatrième trio et en défense sur la deuxième vague de l'attaque massive depuis deux rencontres.

«Nous allons analyser la performance de Weber et nous jugerons s'il jouera [aujourd'hui], a-t-il précisé, avant d'y aller d'une envolée oratoire. Le succès du jeu de puissance n'est pas que l'affaire d'un seul joueur. Le jeu de puissance fonctionne quand les cinq joueurs sur la glace travaillent ensemble, qu'ils ne tentent pas de jeux individualistes, qu'ils font bien circuler la rondelle, qu'ils n'essaient pas de battre les adversaires un contre un, qu'ils sont en mouvement, qu'ils décochent des lancers, qu'ils foncent vers le filet, qu'ils tentent de récupérer les retours et qu'ils sont combatifs. C'est quand on fait tout ça que le jeu de puissance a du succès. Ce n'est pas en raison d'un seul joueur. Est-ce que ça répond à votre question? Merci.»

Auparavant, les joueurs avaient réalisé que Martin était de fort mauvais poil. Convoqués à une réunion à 10h30, ils auraient sans doute eu congé d'entraînement, s'ils avaient fourni un meilleur effort, la veille. C'est sûrement ce qu'il leur a dit.

Au lieu de cela, toute l'équipe s'est présentée sur la patinoire sur le coup de 11h30 pour une rigoureuse séance d'entraînement. Martin a d'abord fait patiner les joueurs sans rondelle, avant ensuite de les soumettre à des exercices de bataille à un contre un le long des bandes et devant le filet.