Encore à la Coupe Grey!

Le quart-arrière des Alouettes, Anthony Calvillo, lance le ballon en direction du demi Avon Cobourne, l’un des grands responsables de la victoire d’hier.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le quart-arrière des Alouettes, Anthony Calvillo, lance le ballon en direction du demi Avon Cobourne, l’un des grands responsables de la victoire d’hier.

Il était difficile de jauger l'état exact des troupes chez les Alouettes de Montréal avant que s'amorce, hier, la finale de l'Est de la Ligue canadienne de football. L'équipe avait été sévèrement corrigée lors de deux de ses trois dernières sorties en saison régulière, mais il faut dire qu'elle était assurée d'une participation aux séries depuis longtemps et qu'il s'agissait donc de joutes sans réelle signification.

Mais s'il y avait des partisans inquiets, ceux-ci ont trouvé matière à se rasséréner en ce dimanche alors que les Oiseaux ont haché menu les Argonauts de Toronto par la marque de 48-17 devant 58 021 spectateurs, survoltés et particulièrement portés sur la trompette, au Stade olympique. Ils ont connu un départ canon et n'ont jamais jeté de coup d'oeil dans le rétroviseur

Les champions en titre accèdent ainsi au match de la Coupe Grey pour la troisième fois de suite et la cinquième fois en six ans. Ils y retrouveront, dimanche prochain à Edmonton, les Roughriders de la Saskatchewan, ceux-là mêmes qu'ils avaient battus in extremis l'an dernier, 28-27 sur le dernier jeu du match. Les Roughriders ont gagné hier le championnat de l'Ouest en disposant des Stampeders de Calgary 20 à 16.

Avec ces 48 points, les Montréalais ont égalé une marque d'équipe en matchs éliminatoires.

Ils l'avaient emporté 48-41 contre les Tiger-Cats de Hamilton en 1956, ce qui ne nous rajeunit pas vraiment. Pour tout dire, la Ligue canadienne n'existait même pas encore à l'époque, et la division Est était régie par L'Union interprovinciale de football rugby. C'était le bon temps, en quelque historique sorte.

Après la rencontre, l'entraîneur-chef des Alouettes, Marc Trestman, a fort bien résumé la situation en mentionnant que «les Argos méritaient pleinement d'être ici, mais ils sont tombés sur notre bonne journée». Le demi défensif Étienne Boulay a pour sa part fait remarquer que «tout était en place: l'attaque, la défense, les unités spéciales» ont fonctionné à plein régime.

L'ailier Jamel Richardson, avec 153 verges de réception et deux touchés, et le demi Avon Cobourne, 163 verges au sol et un touché, ont mené l'attaque.

Dès la première série de jeux, la défensive montréalaise a contenu le meilleur porteur de ballon de la ligue, Cory Boyd, le limitant à trois verges en deux portées et forçant le dégagement. Des gros mots étaient immédiatement échangés entre Boyd et le demi Jerald Brown.

À leur tour en attaque, les locaux n'ont pas tardé à mettre toute la gomme, et Anthony Calvillo a trouvé Richardson fin seul pour un gain de 47 verges. Mais ce fut tout, et l'on dut se contenter d'un placement de 32 verges de Damon Duval. 3-0.

Dès la possession suivante du Montréal, Calvillo devait encore trouver son receveur préféré. Ouvert sur la droite, Richardson captait la bombe et se rendait jusqu'à la zone payante pour un touché de 53 verges.

Déjà fini?


Puis, après que les Argos eurent encore été complètement embouteillés en attaque, Tim Maypray ramenait un botté de dégagement sur 85 verges pour le majeur. Même pas 10 minutes de jouées, et la victoire paraissait pas mal dans la poche avec un score de 17-0.

D'autant plus que, tout juste après, Shea Emry s'interposait sur une passe de Cleo Lemon pour redonner le ballon aux siens en territoire adverse. Une tentative de placement de Duval devait cependant être bloquée à la ligne de mêlée.

Et les Argos, eux, continuaient de pratiquer une certaine nullité en attaque, à moins que ce ne fût la défense des Alouettes qui s'illustrait? Il fallait d'ailleurs attendre le début du deuxième quart pour les voir réussir leur premier premier jeu au départ d'une série qui devait les conduire sur plus de la moitié du terrain et se conclure par un botté de précision de 32 verges de Noel Prefontaine qui rapprochait les visiteurs à deux touchés convertis de leurs rivaux.

Mais la réplique ne s'est pas fait attendre. Séquence de 10 jeux en attaque des Oiseaux pour 79 verges couronnée par un touché sur une faufilade d'une verge du quart substitut Adrian McPherson, appelé sur le terrain pour un seul jeu. 24-3 Montréal, puis 24-6 après un placement de 17 verges de Prefontaine, puis 27-6 sur une réussite de Duval au moment de rentrer aux vestiaires.

En deuxième demie, Sean Smalls a commencé en interceptant une passe de Calvillo dans la zone des buts. Mais il a fallu attendre une bonne dizaine de minutes avant d'assister à de nouveaux points: longue montée des Alouettes sur 90 verges, et Cobourne met le point final avec une course sur l'aile de 22 verges. À 34-6, on pouvait légitimement penser que c'était dans le sac. Et un autre placement de Prefontaine n'allait pas y changer grand-chose.

Au quatrième quart, Richardson est venu mettre un point d'exclamation à tout cela en captant une passe de Calvillo pour filer sur 44 verges jusqu'au bout. Puis Jerald Brown venait fermer les livres en retournant pour le touché une interception de Dalton Bell. Destination Edmonton.