L'ex-entraîneur Pat Burns s'éteint après un long combat contre le cancer

Pat Burns, le seul à avoir été élu entraîneur en chef par excellence dans la Ligue nationale de hockey en trois occasions avec trois équipes différentes, a rendu l’âme après un long et vaillant combat contre le cancer, hier après-midi à Sherbrooke.<br />
Photo: Agence Reuters Ray Stubblebine Pat Burns, le seul à avoir été élu entraîneur en chef par excellence dans la Ligue nationale de hockey en trois occasions avec trois équipes différentes, a rendu l’âme après un long et vaillant combat contre le cancer, hier après-midi à Sherbrooke.

L'ancien entraîneur du Canadien Pat Burns est décédé hier après-midi, dans un centre de soins palliatifs de Sherbrooke, après un long combat contre un cancer du poumon.

En septembre, une rumeur voulant que M. Burns soit décédé avait couru dans les réseaux sociaux et dans certains médias. Pat Burns avait lui-même démenti l'affaire. Mais cette fois, c'est vrai: le seul homme à avoir été élu entraîneur en chef par excellence dans la Ligue nationale de hockey pour trois équipes s'est éteint à 58 ans, a confirmé l'organisation des Devils du New Jersey, équipe qu'il a entraînée. Il était entouré de sa femme, Line, et de ses deux enfants jusqu'au dernier moment.

Né le 4 avril 1952, Pat Burns grandit dans le quartier Saint-Henri de Montréal. Il joue au hockey et réussit à se rendre au niveau junior majeur, mais il ne dispute que trois matchs avec les Knights de London, de la Ligue de l'Ontario.

Après avoir été policier pour la ville de Gatineau pendant quelques années, Burns se tourne vers une carrière d'entraîneur de hockey. En 1984, il est embauché par les Olympiques de Hull, de la Ligue junior majeure du Québec. Il y passera trois saisons, dirigeant de futurs joueurs de la LNH comme Luc Robitaille et Benoît Brunet. En 1986, les Olympiques bouclent le calendrier régulier avec un dossier de 54-18 et remportent la coupe du Président au terme des séries, mais échouent dans leur tentative de gagner la coupe Memorial.

En 1987, Burns passe à la barre des Canadiens de Sherbrooke, alors filiale du Canadien de Montréal dans la Ligue américaine. L'année suivante, il est appelé par le grand club.

Dès sa première campagne à Montréal, Burns remporte son premier trophée Jack-Adams, remis à l'entraîneur-chef par excellence dans la LNH, alors qu'il conduit le Canadien à une fiche de 53-18-9. Le CH atteint la finale de la coupe Stanley, mais il s'incline devant les Flames de Calgary en six matchs. C'est la première et la seule fois de toute l'histoire qu'une équipe visiteuse gagne le précieux trophée sur la glace montréalaise.

Burns passe trois autres saisons aux commandes du Tricolore, étant chaque fois éliminé au deuxième tour des séries. En 1992, il prend le chemin de Toronto, où il dirige les Maple Leafs pendant quatre ans. De nouveau, à sa première saison à la barre de l'équipe, il reçoit le Jack-Adams. Sous sa gouverne, les Leafs atteignent deux fois la demi-finale.

En 1997, Pat Burns s'en va à Boston, et le scénario se répète: le Jack-Adams dès le départ. Il passe encore quatre saisons à la tête des Bruins, qui ne connaissent guère de succès en éliminatoires lorsqu'ils y participent. Il est congédié après seulement huit matchs en 2000-2001.

En 2002, on le retrouve derrière le banc des Devils du New Jersey. Cette fois, ce sera la consécration: la coupe Stanley en 2003. Deux joueurs de la formation actuelle du Canadien, Scott Gomez et Brian Gionta, faisaient partie de l'équipe championne.

En 2004, Burns apprend qu'il est atteint d'un cancer du côlon puis l'année suivante, d'un cancer du poumon, ce qui met fin à sa carrière d'entraîneur bien qu'il demeure dans l'organisation des Devils. Il vainc les deux, mais les poumons sont de nouveau atteints en 2009. La maladie étant incurable, il décide de cesser les traitements.

«Grand ami» du hockey

Plusieurs personnalités du monde sportif lui ont rendu hommage hier, parlant de lui comme d'un «bon raconteur», d'un homme au grand «courage», d'un entraîneur au coeur d'«or». «Aujourd'hui, le hockey a perdu un grand ami et un ambassadeur», a dit le directeur général des Devils, Lou Lamoriello, par voie de communiqué.

S'il parlait fort et pouvait être bouillant, il est surtout décrit comme un homme attachant. «Il était d'une sincérité, a dit le journaliste sportif Jean Pagé, à RDI. Tout le monde qui l'a connu un petit peu l'a beaucoup aimé.» Mais avant tout, c'est son talent qui a été souligné. «Le travail que Pat Bruns a fait dans toutes les équipes avec lesquelles il a travaillé [c'est qu']il les a amenées à un premier niveau, a dit Mario Tremblay. Pour moi, il a été un grand entraîneur, un bon entraîneur et une grande personne également.»

Dernièrement, plusieurs commentateurs ont déploré que Pat Burns n'ait pas été des nouvelles personnalités intronisées au Temple de la renommée du hockey le 8 novembre. Hier soir encore, ils critiquaient vivement qu'il n'y ait pas encore été reconnu. «Pat aurait aimé être intronisé de son vivant, a dit son ami et ex-entraîneur des Nordiques Michel Bergeron sur les ondes de LCN. Il va l'être [un jour], parce que les chiffres sont pour lui: trois

Jack-Adams, une coupe Stanley, au-dessus de 1000 matchs... »

Au printemps dernier, une page Facebook a été créée pour demander que Pat Burns soit intronisé au Temple de la renommée. À ce jour, la page compte près de 71 000 membres.