Retour de la LNH à Québec - Les trois frères Stastny seront réunis lors de la Marche bleue

Québec — L'ex-joueur des Nordiques Marian Stastny croit qu'il serait «normal» que les francophones aient une place importante dans une éventuelle équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec.

«Ce serait quand même normal. On est dans une partie du pays qui est presque à 100 % francophone», a déclaré l'homme d'affaires d'origine slovaque en marge d'une conférence de presse sur la Marche bleue. Prévu pour le 2 octobre, l'événement a été organisé par un citoyen, Mario Roy, dans le but de témoigner de l'enthousiasme des gens de Québec pour le retour de la LNH et la construction d'un nouvel amphithéâtre.

M. Stastny, qui dirige aujourd'hui un club de golf sur la Rive-Sud de Québec, a annoncé hier que ses deux frères Peter et Anton allaient faire l'aller-retour depuis l'Europe pour cette manifestation qui suscite beaucoup d'engouement. Sur Internet, plus de 12 000 personnes se sont inscrites à la page Facebook de la «Marche», dont les partisans se sont baptisés en bon français la «Nordique Nation».

Lors de leur arrivée à Québec au début des années 1980, les trois frères Stastny parlaient à peine quelques mots de français, se souvient Marian, qui a débarqué un an après ses frères, avec femme et enfants. «Je connaissais quelques mots des chansons de Mireille Mathieu, Gilbert Bécaud, etc., qu'on a entendus chanter en Slovaquie. En arrivant, c'était notre premier rôle [sic] pour mon épouse et mes enfants d'apprendre le français.» «Malheureusement», ajoute-t-il, même à Québec, le monde du hockey était très anglophone. Il regrette d'ailleurs aujourd'hui de ne pas être allé à l'école en français, car 30 ans après son arrivée, il lui arrive encore de chercher ses mots.

Pour Alain Côté, un autre ancien joueur des Nordiques engagé dans le projet de la Marche bleue, ce n'est pas si important que cela, même si «à talent égal», il serait bien qu'on favorise la relève francophone.

Pressé de questions sur la faible place des francophones au sein du Canadien de Montréal, le président du club, Pierre Boivin, a déclaré la semaine dernière que le terme «talent égal» n'existe pas dans le monde du hockey parce qu'«il n'y a jamais deux joueurs pareils» et qu'il importe d'abord d'avoir une équipe gagnante.

M. Boivin réagissait alors aux déclarations du député péquiste Pierre Curzi et de sa chef Pauline Marois, selon lesquels le Canadien servait la cause fédéraliste en boudant les talents francophones. En entrevue à Télé-Québec, M. Curzi avait même dit que c'était aussi pour cette raison que certains souhaitaient le retour de la LNH à Québec.

Pour l'ancien champion olympique de ski acrobatique Philippe Laroche, qui sera de la marche lui aussi, les joueurs québécois sont aussi des atouts pour ce qu'ils font entre les parties: «J'ai organisé beaucoup de tournois de golf et d'activités-bénéfices, et ces gars-là, ils donnent beaucoup à la communauté pendant l'été.» Il cite notamment en exemple les joueurs Simon Gagné (Flyers de Philadelphie), Éric Bélanger (Capitals de Washington) et Alex Tanguay (Lightning de Tampa Bay) qui, bien qu'ils évoluent dans des clubs américains, sont présents à Québec. «L'avantage du joueur québécois, c'est qu'il s'implique toute l'année dans la communauté.»