New Delhi - La tenue des Jeux du Commonwealth est menacée

Les Jeux du Commonwealth, censés être la vitrine de l’Inde moderne, sont en pleine crise à 12 jours du coup d’envoi, après l’effondrement hier d’un pont près d’un stade à New Delhi. Les commentaires désastreux d’équipes concernant le village sportif font aussi jaser.<br />
Photo: Agence Reuters Adnan Abidi Les Jeux du Commonwealth, censés être la vitrine de l’Inde moderne, sont en pleine crise à 12 jours du coup d’envoi, après l’effondrement hier d’un pont près d’un stade à New Delhi. Les commentaires désastreux d’équipes concernant le village sportif font aussi jaser.

New Delhi — La participation du Canada aux Jeux du Commonwealth est compromise en raison de sérieuses inquiétudes au sujet du village des athlètes.

Les dirigeants de la délégation canadienne affirment que le village est loin d'être prêt à deux jours de l'arrivée des premiers athlètes à New Dehli.

Parmi leurs plaintes, on rapporte l'absence d'électricité et de plomberie dans certaines unités et des infiltrations à certaines fenêtres.

Même si les plans originaux sont maintenus, les dirigeants canadiens ont déclaré que les athlètes ne s'installeront au village que lorsque les conditions seront jugées acceptables et qu'aucun plan de rechange pour les loger ailleurs n'était prévu.

«Malheureusement, la fin des travaux au village laisse à désirer et en bref, ce n'est pas encore prêt pour nous accueillir», a dit Scott Stevenson, directeur du sport à Commonwealth Games Canada, qui se trouve à New Delhi depuis jeudi. «Ils étaient en avance sur l'échéancier il y a six ou huit mois, mais ils ont rapidement pris du retard depuis ce temps.»

L'équipe canadienne de hockey féminin sur gazon et l'équipe de tir doivent quitter le pays aujourd'hui en direction de New Delhi.

Au milieu de ces plaintes entourant le village des athlètes et d'autres sujets de préoccupation, la situation a pris une tournure tragique, hier, quand une passerelle en construction près du stade principal des Jeux s'est effondrée, blessant au moins 23 travailleurs.

La police a révélé que les blessés, dont cinq d'entre eux sont jugés dans un état grave, ont été conduits dans les hôpitaux.

La passerelle devait relier un stationnement au stade Jawaharlal Nehru, site des cérémonies d'ouverture et de fermeture et des épreuves d'athlétisme.

Entre-temps, de graves retards dans le parachèvement du village des athlètes ont incité le président de la Fédération des Jeux du Commonwealth (FJC), Michael Fennell, à contacter le gouvernement indien, hier, pour le presser de compléter les travaux d'hébergement — que plusieurs ont décrit comme «invivable» — à temps pour les Jeux qui se dérouleront du 3 au 14 octobre.

«De nombreuses nations, qui ont déjà envoyé leur groupe de reconnaissance pour commencer à s'installer, ont clairement fait comprendre que le village des Jeux du Commonwealth est sérieusement compromis, a précisé Fennell dans un communiqué. J'ai écrit au gouvernement indien pour exprimer ma grande préoccupation concernant les préparatifs du village des athlètes.»

Le village des athlètes doit accueillir les premiers des 7000 athlètes et officiels dès demain. Le quotidien Times de l'Inde a rapporté que seulement 18 des 34 résidences du village sont complétées.

Le chef de mission de la délégation néo-zélandaise Dave Currie a mentionné que les Jeux sont compromis. «Avec le temps qui reste, il va être extrêmement difficile d'être prêt à moins de déployer des efforts incroyables et de résoudre rapidement les problèmes, a mentionné Currie à une station de radio néo-zélandaise. La réalité est que si le village n'est pas prêt et que les athlètes ne peuvent venir, il en résulte que l'événement ne va pas pouvoir avoir lieu.»

Les Écossais et les Irlandais ont eux aussi critiqué les conditions d'accueil des délégations.

Currie a ajouté que la Nouvelle-Zélande consulterait d'autres pays avant de prendre une décision finale quant à sa participation aux Jeux.

«Ce n'est pas une décision que nous prendrons seuls», a-t-il dit.

Les organisateurs ont réagi en assurant qu'ils allaient fournir «une excellente infrastructure» aux hôtes des Jeux.

«Je peux assurer à chacun qu'il n'y a aucun motif d'inquiétude, a déclaré le vice-président du comité organisateur, Randhir Singh. Nous travaillons nuit et jour pour régler tous les problèmes. Quand les athlètes arriveront ici, ils trouveront une excellente infrastructure.»