Tour de France - Chavanel prend le maillot jaune, le peloton est au ralenti

Le Français Sylvain Chavanel en route vers la victoire...
Photo: Agence Reuters Éric Gaillard Le Français Sylvain Chavanel en route vers la victoire...

Spa, Belgique — Le Français Sylvain Chavanel (Quick Step) a fait coup double hier, victoire et maillot jaune, dans la deuxième étape du Tour de France entre Bruxelles et Spa qui restera dans les annales en raison des chutes et de l’attitude du peloton.

Les frères Schleck, tombés avec une grande partie du peloton à 30 km de l’arrivée, ont dû à la solidarité des autres leaders de garder leurs chances de victoire intactes et les organisateurs ont accepté de neutraliser la lutte pour la deuxième place.

L’étape du jour a basculé dans la descente du col de Stockeu. «C’était un peu irréel, a raconté Lance Armstrong. Il y avait du monde partout et personne ne savait où il se trouvait. Je suis reparti, j’ai dépassé des coureurs à terre, j’étais effrayé et tout le monde l’était dans cette descente.»

L’échappée matinale de huit coureurs s’était disloquée avant même cette difficulté, et Chavanel et le Belge Jurgen Roelandts étaient en tête avec une mince avance sur le peloton.

Dans la descente du col de Stockeu, leurs anciens compagnons d’échappée prenaient des risques pour les rejoindre et chutaient, de même qu’une moto de télévision.

La preuve était donnée que ce piège allait se refermer sur le peloton.

En deux kilomètres d’une descente raide ponctuée de virages serrés, presque tout le peloton s’est retrouvé à terre et les images ne cessaient plus de montrer des coureurs sur les bas-côtés, essayant de reprendre leurs esprits.

La neutralisation fait parler


Andy Schleck, deuxième du Tour 2009, était l’une des premières victimes, se tenant l’épaule et le poignet avant de reprendre la route. Il retrouvait alors, dans un groupe attardé, son frère Frank et le Français Christophe Le Mével (FDJ).

«Cela tombait partout et quand j’ai vu qu’il manquait les deux frères, j’ai fait demi-tour et je suis allé les chercher», a raconté leur capitaine de route Jens Voigt.

«Je suis arrivé dans un groupe où il n’y avait que [mon coéquipier] Jakob Fuglsang qui m’a dit: “Ils ne sont pas là!” J’ai encore fait de la route en sens inverse, je les ai trouvés et là j’ai roulé à bloc», a dit l’Allemand.

Petit à petit, le groupe s’est reformé, retrouvant ses vedettes Lance Armstrong et Alberto Contador, tombés eux aussi sans gravité.

Les Schleck sont rentrés à 15 kilomètres de l’arrivée sur le peloton.

Deux leaders ont perdu toutes illusions pour le classement général, l’Italien Damiano Cunego (Lampre-Farnese Vini) et l’Américain Christian Vande Velde, relégués à plus de neuf minutes au classement général.

Dans Spa, les héros de la route décidant de ne pas se risquer dans un sprint massif ont semé l’incompréhension.

Chavanel a proposé ironiquement de «supprimer toutes les étapes et jouer le maillot jaune dans de seules arrivées en altitude».

Johan Bruyneel, le directeur général de l’équipe de Lance Armstrong, a dit tout son désarroi: «Les coureurs sont des cons, il n’y a pas lieu de protester quand il pleut.»

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