Un concert rock pour lancer la Coupe du monde - La planète se branche sur le foot

Habillé aux couleurs de l’équipe d’Afrique du Sud, un homme célèbre la grande fête du football qui commence aujourd’hui à Johannesburg.
Photo: Agence Reuters Jerry Lampen Habillé aux couleurs de l’équipe d’Afrique du Sud, un homme célèbre la grande fête du football qui commence aujourd’hui à Johannesburg.

La fête du ballon rond a officiellement commencé hier soir en Afrique du Sud, avec un concert rock rempli de vedettes internationales à Soweto, le quartier au coeur de la lutte contre l'apartheid, qui a vu le soulèvement étudiant de 1976. «C'est le véritable coup d'envoi!», a déclaré le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Joseph Blatter. «Le football connecte les gens», a-t-il ajouté, acclamé par les 35 000 spectateurs.

«L'Afrique du Sud est une scène! L'Afrique du Sud rock! L'Afrique du Sud est cool!», a enchaîné le chef de l'État, Jacob Zuma, 65 ans, portant l'écharpe aux couleurs du drapeau national. Une marée humaine vêtue de l'or et vert des Bafana Bafana, l'équipe sud-africaine, emplissait le stade. Blancs et Noirs étaient rassemblés.

Premier pays du continent noir à accueillir la Coupe du monde de football, l'Afrique du Sud donnera ce matin le coup d'envoi d'un mois de compétition avec un premier match face au Mexique, un adversaire de haut niveau.

En tout, 32 équipes réparties dans huit groupes se disputent le célèbre trophée. Dans l'histoire, seulement sept pays ont remporté la Coupe du monde: le Brésil (5 fois), l'Italie (4), l'Allemagne (3), l'Uruguay (2), l'Argentine (2), la France (1), l'Angleterre (1). Six pays africains participent au tournoi cette année, un record.

Afrique du Sud-Mexique

Une hantise plane d'ailleurs sur l'équipe nationale de l'Afrique du Sud: devenir le premier pays hôte à être éliminé au premier tour. L'Afrique du Sud a d'ailleurs remis son destin entre les mains de l'entraîneur d'origine brésilienne Carlos Alberto Parreira, champion du monde avec son pays en 1994. Avec lui, les Bafana Bafana ont bouclé une série de 12 matches amicaux sans défaite.

«Tout le monde doit nous respecter», a averti Parreira, qui a confié que son équipe avait été ravie de sa rencontre avec Nelson Mandela. «Il n'a pas fait de discours, mais sa présence est une très grande source d'inspiration pour l'équipe et le pays. C'était très émouvant de le voir et tout le monde était si content. Je suis sûr que ça aidera beaucoup l'équipe quand elle jouera.»

N'empêche, l'Afrique du Sud arrive au 83e rang des puissances mondiales du soccer. Au premier rang, on retrouve le Brésil, puis l'Espagne, championne d'Europe 2008. L'Allemagne, affligée par les blessures, l'Italie, avec une équipe vieillissante, et l'Angleterre, absente de l'Euro 2008, tenteront de faire bonne figure.

Autre match aujourd'hui: la France affrontera l'Uruguay. Comment se comporteront les Bleus? La France, un favori potentiel, mais à la préparation désastreuse, finaliste en 2006, arrive rongée par le doute, boudée par son public et fragilisée par une défaite contre la Chine pour son dernier match de préparation.

L'Uruguay, une équipe solide, n'aura aucun complexe. D'autant que l'histoire semble prouver que la «Celeste» est l'une des bêtes noires des Bleus. En cinq parties, la France ne l'a emporté qu'une fois.

Coût et sécurité

Plus de 180 000 agents de sécurité et policiers sont mobilisés pour l'événement. Dix stades dans neuf villes ont été construits ou rénovés, pour une facture de deux milliards de dollars. Avec les nouvelles infrastructures construites pour l'événement, notamment de transport, la facture finale devrait dépasser les quatre milliards de dollars. La Coupe du monde la plus dispendieuse de l'histoire a été disputée en 2002, en Corée du Sud et au Japon, pour un coût de cinq milliards. L'Afrique du Sud pourrait bien frôler ce chiffre.

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Avec l'Agence France-Presse et Associated Press