De retour dans la série - Le Canadien rebondit et assomme les Flyers 5-1

Les Glorieux ont finalement réussi à résoudre l’énigme Leighton.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les Glorieux ont finalement réussi à résoudre l’énigme Leighton.

S'étant creusé un certain fossé en Pennsylvanie, le Canadien de Montréal ne pouvait absolument pas se permettre d'échapper la troisième joute de la finale de l'Est qui l'opposait aux Flyers de Philadelphie, hier soir au Centre Bell, et il a fait les choses comme un grand.

Le Tricolore a apporté les ajustements nécessaires, forcé le jeu, pressé le pas et dominé dans l'ensemble des Flyers qui avaient un (fort) mauvais match dans le système en route vers une victoire de 5-1. Philadelphie domine maintenant la série 2-1 et la quatrième partie aura lieu à Montréal demain.

Cinq marqueurs différents, un bel effort collectif, tout le monde a mis la main à la pâte et on a un peu retrouvé l'équipe qui avait terrassé les puissants Capitals et Penguins.

Après que le Canadien se fut fait faire mal par l'avantage numérique rival au cours des deux premiers matchs, il s'est retrouvé dans la même situation inquiétante avant même qu'une demi-minute n'ait eu le temps de passer. Motif: expédition de caoutchouc de Ryan O'Byrne à destination des gradins. Mais cette fois-là, les locaux tinrent le coup.

Puis, au bout de 127 minutes et cinq secondes de disette, la petite lumière rouge s'alluma enfin derrière le dos de Michael Leighton. P.K. Subban dirigea un tir qui rata la cible à la gauche du gardien du Philadelphie. Le disque alla percuter la bande et, compte tenu de l'angle de sa trajectoire et des lois générales de la physique, revint devant le but de l'autre côté. Leighton se trouvant lui-même du mauvais côté qu'il avait un instant plus tôt cru bon, le filet en fut quitte pour être relativement désert. Michael Cammalleri, qui passait par là, n'allait pas rater pareille offre de succès. Sa frappe toucha Leighton qui tentait de se rajuster, mais elle dévia jusqu'au fond pour son 13e des séries. Pas de blanchissage ce soir, l'importance du premier but et toutes ces choses qui forment autant de points tournants.

Et non seulement pas de blanchissage, mais un Canadien de toute évidence plus résolu et mieux organisé que ces derniers jours et qui y va de beaux élans.

Et voici qu'à la 17e minute, nul autre que Tom Pyatt amène le spectateur moyen à réfléchir au concept d'importance du deuxième but. Maxim Lapierre tire sur le poteau, la rondelle s'en va encore une fois de l'autre côté et Pyatt, de son bâton puis de sa jambe, mais sans le faire exprès, la projette dedans. Même à Toronto, au téléphone, on est d'accord que ce but est valide.

Bref, Leighton est mortel, et c'est 2-0 au tiers du parcours.

Le CH sort fort en deuxième et continue sa belle ouvrage en échec avant, histoire de se donner quelques belles occasions, mais Leighton refuse toutefois de collaborer puisqu'il prend pour les Flyers.

Mais il n'est pas infaillible, non. Même que pour la première fois, il accorde un but qu'il n'aurait pas vraiment dû dans un contexte de hockey professionnel. On en est à la 12e minute lorsque Dominic Moore se trouve un peu en retrait de l'entracte. Il dégaine, et Leighton semble faire l'arrêt, mais la noire passe entre ses jambières pour glisser lentement dans la cage. Il se trouvait cependant moins de monde pour causer de l'importance du troisième but, surtout quand les trois buts sont enregistrés par le même camp, et plus pour souligner qu'un filet d'un joueur de soutien, c'est toujours comme une prime qu'on n'attend pas, et là, c'en faisait deux de suite.

Et on s'est ainsi dirigé vers le terme inéluctable de la période, avec une marque et un tableau des tirs au but, 28-18 Montréal, illustrant assez justement l'allure d'ensemble de la joute.

Il suffisait de presque rien pour que le proverbial cercueil soit définitivement cloué, ce dont se chargea Brian Gionta parti en échappée après avoir reçu une passe de Roman Hamrlik qui avait passé par-dessus, oui par-dessus, la tête du défenseur Matt Carle. Il enfila illico l'aiguille à deux minutes pile.

Le Philadelphie devait répliquer un peu plus tard par les bons soins de Simon Gagné, un tir d'une trentaine de pieds qui touchait toutes sortes d'affaires dont la dernière était l'intérieur du poteau à la droite de Jaroslav Halak. Le jeu blanc était évité, mais la défaite, elle, douloureusement réelle. Après un peu de bagarre pour préparer la suite des choses et un but de Marc-André Bergeron en double supériorité, on s'apprêtait à se revoir dans moins de 48 heures, pour un de ces matchs en après-midi qui énervent tout le monde.
2 commentaires
  • Intelo-léger - Abonné 21 mai 2010 12 h 21

    Divertissant

    ...J'ai plus de plaisir à "lire" un match qu'à le regarder!!

    Comme quoi le hockey peut être drôle et rempli de finesse...

    ...un défi interresant serait de rédiger un poème en racontant le match de la veille...

    Anyway, Merci M. Dion..Ne lachez point!

  • Stéphane Lefresne - Abonné 21 mai 2010 13 h 39

    Le poète à son maître :


    Ô Grand poète ! Une prose fabuleuse sortît de ma plume narrant les déboires de notre armée patinante. Mais voila, maintenant que cette équipée fantastique sort victorieuse de batailles épiques. Quel judicieux conseil peux-tu me donner pour que ma poésie soit à la hauteur des faits d’armes de nos guerriers à gourets ?

    - Ô pathétique disciple ! C’est tout simple : Il ne faut pas ajouter Halak à ta strophe !

    Excusez-la !