Série contre les Flyers de Philadelphie - Le Canadien mise sur son retour à la maison afin de revenir dans la série

Andrei Markov, blessé lors du premier match éliminatoire contre les Penguins, le 30 avril, a été opéré avec succès hier au genou droit.
Photo: Agence Reuters Jason Cohn Andrei Markov, blessé lors du premier match éliminatoire contre les Penguins, le 30 avril, a été opéré avec succès hier au genou droit.

Brossard — Le Canadien table sur son retour à la maison dans l'espoir de fourbir ses armes à l'attaque dès aujourd'hui et du coup rétrécir l'écart dans la finale de l'Est, que les Flyers de Philadelphie mènent 2-0.

«La foule peut faire un monde de différences, a souligné l'ailier Michael Cammalleri, hier. Il y a eu quelques matchs dans les tours précédents au cours desquels on a commencé à jouer avec entrain et la foule a embarqué, en nous motivant davantage. C'est comme si elle vous poussait dans le dos quand vous patinez.»

Le Tricolore aura besoin de cette poussée additionnelle s'il veut revenir dans la série, lui qui est à la recherche d'un premier but après avoir été blanchi 6-0 et 3-0 dans les deux confrontations disputées au Wachovia Center.

L'entraîneur Jacques Martin a tenu une bonne séance de brassage d'idées «constructive» avec ses troupiers pendant environ 45 minutes, avant de rencontrer la presse au complexe sportif Bell de Brossard. Il s'agit du plus long exercice du genre de l'équipe depuis l'ouverture des séries.

«Nous avons joué nos trois derniers matchs à l'étranger, a relevé Martin. Nous avons gagné le premier qui nous a permis de participer à la finale de l'Est. D'être de retour devant nos partisans, avec une énergie renouvelée, j'estime que ça peut nous aider à obtenir de meilleurs résultats.»

Soulignant que l'équipe avait fait fi de l'adversité déjà plusieurs fois cette saison, Martin dit avoir confiance de la voir de nouveau confondre les sceptiques. «Nous comprenons parfaitement la situation problématique à laquelle nous sommes confrontés et nous sommes confiants d'être capables de la surmonter, a-t-il affirmé. Nous méritons d'être en finale et nous savons que ce ne sera pas facile. J'ai confiance en la force de caractère et la grande détermination des joueurs.»

«Après le match numéro quatre contre les Capitals de Washington, peu d'entre vous dans la salle croyaient en nos chances de l'emporter, a-t-il repris. Ce groupe de joueurs vous a fait mentir. C'est un autre défi que nous avons à relever. C'est dans ce temps-là que nous sommes à notre mieux.»

En retard 1-3 dans la série de premier tour contre les Caps, le CH a orchestré toute une remontée avant d'enlever les honneurs de la septième rencontre. Dans la série contre les Penguins de Pittsburgh, le Canadien a effacé un retard de 2-3. Cette fois, il a intérêt à ne pas attendre d'être en recul de 0-3 avant de se mettre en marche.

Pas de panique


Au sortir de la réunion, les joueurs disponibles ont assuré que le moral des troupes demeure bon. Martin a reconnu qu'on a dû peaufiner l'aspect psychologique. Questionné à savoir si la «panique» s'était installée, Martin a répondu qu'il ne peut pas dire s'il s'agit de panique, tout en rappelant l'importance pour les joueurs de ne pas tenter de trop en faire individuellement.

«Le lien de confiance qui unissait les joueurs est ce qui nous a permis de connaître du succès dans les deux premières rondes, a-t-il avancé. Chacun faisait son travail. Chacun apportait sa contribution. C'est important de retrouver ça. Ce n'est pas un seul joueur qui va faire la différence. C'est le noyau de l'équipe qui va le faire.»

Le message de l'entraîneur a été entendu, les joueurs l'ayant repris en choeur dans le vestiaire.

Les ajustements qu'on a apportés au terme du premier match n'ont pas été suffisants. On va donc en apporter d'autres, principalement au chapitre des unités spécialisées. Blanchi en huit occasions en supériorité numérique, le Canadien a cédé quatre fois en infériorité. On va également s'efforcer de résoudre l'énigme Michael Leighton en cherchant à embêter davantage le gardien des Flyers.

Ça reste des pistes de solutions vagues que ni Martin, ni les joueurs n'ont voulu décortiquer en présence des médias. Il faudra donc voir sur la patinoire du Centre Bell, ce soir.

«Les Flyers ont fait ce qu'ils devaient faire chez eux, a souligné le défenseur Hal Gill. À nous maintenant de faire ce que nous devons faire, et égaler la série chez nous. On ne peut pas s'attendre à ce que ça arrive en criant ciseau. Nous devrons trouver une façon de faire tourner le vent de notre côté.»

Un premier but dans la série serait sûrement un pas dans la bonne voie.

«Peut-être tout ce dont on aurait besoin pour se relancer», a résumé l'attaquant Maxim Lapierre.

Markov est opéré au genou


Le défenseur Andrei Markov a subi avec succès une intervention chirurgicale au genou, a annoncé le Canadien.

L'opération, effectuée hier, visait à réparer une déchirure au ligament croisé antérieur du genou droit, a fait savoir le directeur général Pierre Gauthier par voie de communiqué. La période de convalescence de Markov est évaluée à six mois.

Le Russe de 31 ans a subi une blessure au genou droit lors de la première période du premier match éliminatoire de la deuxième ronde, le 30 avril dernier, contre les Penguins de Pittsburgh.

Markov a participé à 45 matchs avec le Canadien cette saison, récoltant six buts et 28 aides. Il a été tenu à l'écart du jeu pour une période de 12 semaines (35 matchs) en raison d'une lacération à un pied subie lors du premier match de la saison régulière 2009-2010, le 1er octobre à Toronto.

En huit matchs éliminatoires en 2010, Markov a amassé quatre points (0-4-4), obtenu neuf tirs au but et affiché une moyenne de temps de jeu de 23 minutes 46 secondes par match.

Brière accepte les huées comme un compliment

Les partisans du Canadien seraient avisés de se trouver une nouvelle cible s'ils ont en tête de prendre à partie Daniel Brière, ce soir.

«Passez le message qu'ils [les partisans] peuvent continuer de huer Daniel», a lancé à la blague Simon Gagné aux journalistes québécois, hier, peu de temps après l'arrivée de l'équipe dans la métropole.

C'est que Brière dit puiser une bonne dose de motivation additionnelle dans la réaction négative des amateurs à son endroit. «J'accepte ça comme un compliment, a déclaré le Gatinois. Quand on vous hue à l'étranger, ça veut dire que vous faites quelque chose de bien. C'est un honneur. C'est flatteur.»

Les partisans du Tricolore n'ont pas pardonné à Brière d'avoir préféré l'offre contractuelle des Flyers à celle de leur équipe, à l'été 2007. Ils lui font sentir à chacune de ses présences sur la glace du Centre Bell.