Encore blanchi

Jaroslav Halak regarde la rondelle pénétrer pour la deuxième fois dans son but, hier soir, à Philadelphie. Le Canadien s’est fait blanchir de nouveau, accordant trois buts aux Flyers. Les deux équipes seront à Montréal demain pour disputer le troisième match de cette troisième ronde des séries éliminatoires.
Photo: Agence Reuters Jaroslav Halak regarde la rondelle pénétrer pour la deuxième fois dans son but, hier soir, à Philadelphie. Le Canadien s’est fait blanchir de nouveau, accordant trois buts aux Flyers. Les deux équipes seront à Montréal demain pour disputer le troisième match de cette troisième ronde des séries éliminatoires.

Au hockey sur glace professionnel, l'adage veut que si vous ne marquez pas de but, vos chances de victoire s'avèrent somme toute assez limitées. Aussi, le Canadien de Montréal, mystifié une deuxième fois d'affilée par un gardien réclamé au ballottage il y a à peine quelques mois, se retrouve-t-il contraint de procéder à un autre redressement spectaculaire s'il veut assurer sa survie.

Au deuxième match de la finale de l'Est, Michael Leighton, auteur de 30 arrêts, s'est de nouveau dressé devant l'adversaire sans jamais flancher, et les Flyers de Philadelphie, encore une fois avec la main heureuse en avantage numérique, se sont donné une avance de 2-0 dans la finale de l'Est en l'emportant 3-0 au Wachovia Center hier soir. Les deux prochaines joutes auront lieu au Centre Bell demain et samedi.

On avait évoqué l'indiscipline dans la hideuse défaite de dimanche, or voici que les choses se sont immédiatement présentées sous un jour similaire. Pendant qu'on avait envoyé Scott Gomez réfléchir à ses plus récents péchés, Daniel Brière s'est présenté en zone privilégiée en possession du caoutchouc. Il a relativement sorti Hal Gill, qui paraissait en excursion touristique, de ses culottes de hockey et a dirigé un tir du poignet que Jaroslav Halak n'a pu contrer.

Mais le rythme des visiteurs s'est par la suite fait plus réjouissant qu'à la joute précédente. Sauf qu'à l'autre bout, Leighton avait décidé de se prendre pour Halak et de réaliser quelques acrobaties et de prolonger sa séquence sans but accordé. Le Canadien pouvait ainsi prendre conscience de ce qu'avaient sans doute ressenti le Washington et le Pittsburgh, vous savez, quand un gardien adverse entre dans votre tête, il est compliqué de l'en sortir.

De sorte qu'après une, c'était 1-0 Flyers, bien que le chapitre des tirs au filet indiquât 16-6 en faveur de Montréal.

La première moitié de la deuxième période ne passera vraisemblablement pas à la postérité pour des raisons générales de léger ennui induit par le jeu est-ouest, des passes qui ne vont pas de palette à palette et quelques refus de dégagements. Le Canadien a dominé un peu, on pourrait dire, mais pas au point qu'il vaille la peine d'envoyer un fax aux copains pour leur raconter qu'on était là pour voir ces moments d'anthologie éliminatoire.

Et la seconde moitié se dirigeait vers un destin similaire jusqu'à ce que le Canadien décide de mettre un peu d'action en écopant d'une punition: en l'occurrence, Brian Gionta pour avoir retenu quelque chose. À nouveau, le Philadelphie disait merci beaucoup. Plusieurs joueurs à l'embouchure, Mike Richards passe depuis le bureau, séance de pelletage, Ville Leino tire, arrêt, retour, et Simon Gagné la projette dedans.

Pendant ce temps, Leighton continuait de faire les arrêts clés aux bons moments, comme ils disent à la télé. Car il ne faut pas confondre avec les arrêts clés aux mauvais moments.

Toujours est-il que les Glorieux rentraient au vestiaire à 0-2, et sans doute en se demandant un peu ce qu'il fallait faire pour enfin briser la glace.

Mais ils n'ont pas paru trouver. Au contraire, ce sont les locaux qui ont remis ça, et de façon plutôt moche. À la mi-troisième, tout juste après que le Canadien eut écoulé avec succès un premier désavantage numérique, Leino s'est présenté devant un défenseur à la gauche de Halak. Il a décoché d'un angle restreint, et la rondelle semblait vouloir s'en aller à côté du but, mais le gardien l'a déviée légèrement de la mitaine et elle s'est retrouvée dans la cage.

Fin des émissions, et si Montréal veut encore croire à quelque chose, il aura besoin d'un virage assez sec merci.
5 commentaires
  • alen - Inscrit 19 mai 2010 06 h 41

    Et si...

    Et si en effet les séries n'étaient qu'une immense opération de gambling professionnel (pour millionnaires et milliardaires) dans laquelle le gagnant (ronde par ronde) est préétabli par les meneurs du jeu! Au fait, à combien le CH est donné après son début de ronde?..

    Pour ma part, il y a longtemps que je suis passé à autre chose. Je n'y crois tout simplement plus.

  • Delisle-Gagnon,Valérie - Inscrite 19 mai 2010 07 h 44

    Super !

    J'adore vos articles ! je les lit toujours avec délice puisqu'ils me font bien sourire avant la journée de travail en plus d'effacer d'un seul coup la maussaderie de la veille, causé par la défaite de nos canadiens bien sûre..
    Merci !

  • Denis Beaulé - Inscrit 19 mai 2010 08 h 25

    Plan d'affaire$

    De fait, assez souvent arrangé avec le gars des but. Bu$ine$$

  • Andrew Savage - Inscrit 19 mai 2010 09 h 38

    PRICE : LE PRIX À PAYER…


    Halak a craqué : 9 buts en 2 parties. Une chance en or pour Price.

    Imaginer que Price revienne devant la cage, que le canadien se remette à gagner et qu’il remporte finalement la coupe Stanley.

    Le délire. Price sera alors comparé à Vézina, à Plante, à Roy, et qui sait encore … Et Halak à la poubelle de l’histoire : de 100 ans d’histoire.

    Le commentateurs professionnels seront sans doute les premiers à nous dire qu’il avait vu juste au début de la saison, et que Price valait bien son pesant d’or. La famille Molson encaissant silencieusement bières et sous. Le peuple plus fier que jamais.

    Monsieur Martin, essayer ce scénario : vous n’avez plus rien à perdre.

  • Hugues Cormier - Abonné 19 mai 2010 19 h 19

    Même dans l'adversité, Montréal, Ville ouverte sur le monde!

    2 parties à 0 et 9 buts à 0:

    Le mathématicien Robert Kaplan dans son livre «The Nothing That Is»: «Si vous regardez le chiffre zéro vous ne voyez rien; mais regardez à travers et vous verrez le monde.»

    Même dans l'adversité, Montréal, Ville ouverte sur le monde!