Un match à oublier

Les joueurs des Flyers célébrant l’un de leurs buts tout près de Jaroslav Halak et de Brian Gionta, en deuxième période, hier, à Philadelphie. Halak a dû céder sa place à son coéquiper Carey Price.
Photo: Agence Reuters Tim Shaffer Les joueurs des Flyers célébrant l’un de leurs buts tout près de Jaroslav Halak et de Brian Gionta, en deuxième période, hier, à Philadelphie. Halak a dû céder sa place à son coéquiper Carey Price.

Il avait fallu attendre l'avant-dernière journée du calendrier régulier de la Ligue nationale de hockey pour voir le Canadien de Montréal se qualifier pour les séries éliminatoires de la Coupe Stanley avec une défaite en prolongation, et au lendemain pour que les Flyers de Philadelphie les imitent, avec une victoire en prolongation. Aussi était-il relativement ahurissant qu'ils se retrouvassent face à face, hier soir, au premier match de la finale de l'Est.

Cendrillon contre Cendrillon? On pourrait dire, d'autant plus que l'uniforme du Philadelphie n'est pas sans rappeler le coloris chatoyant de la citrouille, si l'on fait preuve d'un peu d'imagination. Mais certainement pas une paire de pantoufles. Les deux clubs sont arrivés sur un nuage, l'un ayant sorti en succession les meilleurs de la saison 2009-2010 et les champions en titre de la Coupe Stanley, l'autre ayant historiquement surmonté un déficit de 0-3 au tour précédent.

Et en fait de nuage pour le Canadien, le retour sur le plancher des vaches s'est fait brutal au Wachovia Center. Il y avait une mauvaise joute dans le système, il faut croire, et elle a mis deux longues heures et demie à se dérouler, du jeu à sens unique qui a vu les Flyers corriger leurs rivaux par la marque de 6-0 en un verdict sans appel aucun. Ça manquait d'âme chez les visiteurs, l'indiscipline était au rendez-vous et l'intensité non, tout le contraire de ce à quoi on avait assisté jusque-là, et le gardien Michael Leighton n'a jamais vraiment été inquiété.

Les Flyers prennent ainsi les devants dans la série 4 de 7 qui se poursuivra demain soir à Philadelphie avant de se transporter à Montréal pour deux rencontres.

Le Philadelphie a frappé en premier, à la faveur d'une supériorité numérique provoquée par un quelconque geste étourdi de Scott Gomez. En cette quatrième minute, il y avait une bonne quinzaine de joueurs qui bûchaient à proximité de Jaroslav Halak lorsque le défenseur Braydon Coburn, qui se trouvait là par hasard sans doute, car il y a des limites à charger le filet quand on est un arrière, est parvenu à assener un coup décisif. La rondelle a tout juste franchi la ligne rouge critique, mais ce fut suffisant pour dire que c'était 1-0.

Mais comme les deux équipes sortaient d'un septième match avec tout ce que cela recèle en matière d'émotions, on a eu affaire, dans l'ensemble, à vingt premières minutes relativement ordinaires. On s'est étudiés, on s'est acclimatés en tentant de limiter les dégâts. Leighton et Halak se sont signalés en fin d'engagement, ce dernier devant Simon Gagné qui avait profité de la porosité de la défense adverse pour se rendre jusqu'à lui.

Bref, le Canadien dominait 13-6 dans le domaine du tir au but, mais rentrait au vestiaire en déficit. Ce qui au fond, n'était pas si mal pour les Flyers, au dire d'entracte de Daniel Brière.

Et ils sont sortis forts en deuxième, les locaux. Après une mise en jeu à la gauche de Halak, la rondelle n'avait pas vraiment d'affaire à se trouver juste devant Halak, mais c'est ce qui s'est produit. Or l'ailier James van Riemsdyk s'adonnait à passer par là, et le gardien n'a eu guère de chances de se défendre convenablement. À la 30e seconde seulement, un but important de début de période comme le veut la rumeur populaire.

Un peu plus tard, Maxim Lapierre était sorti du cachot, mais depuis une seconde seulement, ce qui fait que les Flyers étaient pratiquement toujours en supériorité. Une frappe de Daniel Brière alors que Halak avait la vue voilée par Scott Hartnell et sa gigantesque crinière, et le fossé passait à trois buts.

Vers la mi-période, l'indiscipline a encore montré son repoussant visage. Punition à Andrei Kostitsyn pour avoir vissé inutilement un Flyer dans la bande, et Philadelphie en profite. Alors qu'il y a encore une fois un certain achalandage devant la cage de Halak, Simon Gagné décoche du poignet, et ça passe quelque part sous le bras du Slovaque. Qui voit dès lors sa soirée de travail terminée, et il est remplacé par Carey Price. Quatre buts en 13 lancers, exactement comme Marc-André Fleury au septième match de la série précédente.

Et ça ne va vraiment pas bien pour le Montréal. Du jeu pas très cohérent, en vérité. 4-0 après 40 minutes.

De la période finale, il y a peu à raconter si l'on ne veut pas endormir le lectorat, sinon que Hartnell a ajouté au supplice à la 13e minute. Puis Claude Giroux peu après, et les partisans scandaient olé olé olé. Pour le Canadien, il s'agissait essentiellement d'oublier tout ça et de trouver les ajustements nécessaires en vue de la prochaine partie.