Le Canadien s'incline devant Fleury

N'importe quel expert vous le confirmera, c'était un match clé qu'on se livrait samedi soir au Mellon Arena, Pittsburgh contre Montréal dans la première manche de ce qui était devenu, si on procédait à un découpage fin de la réalité, une série 2 de 3. Et ce sont les Penguins qui en sont sortis avec le dessus dans leur besace, pas par une forte marge, non, tout juste 2-1, contre un adversaire qui s'est vaillamment battu et a encore une fois tenu Sidney Crosby en respect.

Pittsburgh mène donc maintenant cette demi-finale de l'Est par trois victoires contre deux, et le Canadien fera face à l'élimination, pour la quatrième fois depuis le début des séries, lundi soir au Centre Bell.
 
Et pour la deuxième fois du présent affrontement, le Tricolore a perdu alors qu'il a dominé au chapitre des tirs au but, 33-25. La «stratégie» d'attendre les occasions pendant que Jaroslav Halak se fait bombarder semble toujours la meilleure...
 
Domination des Penguins

Ce fut une partie qui se déroula un peu comme ceci.
 
La joute démarre autour de 19h10 HAE pour permettre aux télévisions qui ont déjà fait trois heures d'avant-match d'en faire 10 minutes de plus, et il n'est pas 19h15 HAE que Marc-André Fleury s'est déjà signalé devant Michael Cammalleri, ce qui est important pour son mental après ce qui est arrivé en troisième période jeudi.

Le Pittsburgh enchaîne en trombe et, pour faire changement, domine le jeu pendant de longues minutes dont les faits saillants demeurent tout de même une accumulation de dégagements refusés, l'une des séquences les plus spectaculaires du hockey professionnel organisé.
 
Tout en dictant le rythme, les Penguins doivent cependant convenir que des tirs en provenance du secteur périphérique, ça demeure limité côté retour sur investissement, et le score continue de se faire attendre.
 
Le Canadien revient à la charge

Après une dizaine de minutes de ce pattern, le Canadien revient à une certaine charge mais se bute à Fleury à deux reprises. Et on se retrouve comme ça, sans coup férir, en fin de période, là où un but est plus important qu'ailleurs, surtout s'il s'agit du premier du match.
 
Or à un moment critique, justement, Josh Gorges se voit enjoindre d'aller réfléchir à la boîte de pénalités, comme ils disent quelque part, rapport au double échec qu'il vient de commettre. Et les Penguins en profitent: de la pointe, Kristopher Letang dirige une garnotte qui se fraie un chemin jusque dedans le cordage derrière Jaroslav Halak, pour un but, comment dire, important. D'autant plus qu'on sait, n'est-ce pas, qu'avec Letang, avec Letang va, tout s'en va.
 
Voilà. Le Canadien finit l'engagement tout désorganisé — c'est le Canadien qui est désorganisé, pas l'engagement. Il va falloir s'en jaser entre quatre yeux dans le vestiaire et pendant l'entracte conçus à cet effet.

Bon début de deuxième période

La conversation a sans doute été fructueuse puisque le Canadien bourdonne sérieusement en début de deuxième. Il faut dire qu'il a un homme en plus, mais tout de même.
 
Par la suite, comme ils le disent à la télé, les gardiens s'expriment. Fleury sauve in extremis une rondelle malcommode devant Glen Metropolit, alors qu'à l'autre bout Halak frustre Evgeni Malkin qui s'était faufilé de manière étonnamment aisée à travers l'unité défensive adverse.
Mais le défenseur peut lui aussi s'exprimer si ça lui tente, et après son homologue Letang, c'est Sergei Gonchar qui choisit de le faire. De la ligne bleue, une expédition précise alors que la circulation est si dense devant Halak qu'il lève un peu les bras, façon de dire: ben là, puis-je faire mon travail? Voici donc le Pittsburgh avec une priorité de deux sur un autre but extrêmement important bien qu'ayant été réalisé en milieu de période.
 
Et on vogue comme ça, sans trop de moments de nature bout de siège, jusqu'à la sirène qui annonce une nouvelle séance de repos. Avec peu de certitudes, mais au moins celle-ci: le Canadien devra jouer du hockey sur glace de rattrapage s'il ne tient pas à la défaite dans un match impair, même avec lendemain.
 
Hockey de rattrapage comme dans marquer un but tôt, question de semer le doute chez l'adversaire, vous savez, entrer dans sa tête. Primordial.
 
Mais ça se profile plutôt mal quand P.K. Subban se prend un deux minutes pour avoir envoyé le disque dans les gradins depuis une région où cela est interdit par les règlements que les arbitres ne font pas appliquer. Mais Malkin ne tarde pas à pécher lui aussi, de sorte que tout cela ne donne rien.
 
Chaud à la fin

On file doucement vers la fin des hostilités lorsque le CH voit une providentielle porte s'ouvrir avec une infraction au Pittsburgh avec un peu plus de deux minutes à faire. Et de fait. Jacques Martin retire Halak du filet, et avec six attaquants en zone adverse, Mike Cammalleri en glisse une sous Fleury avec 30 secondes au tableau.
 
Mais ce sera, ainsi que le veut la formule consacrée, pas assez, et pas assez tôt. Fleury sauve les meubles une dernière fois d'un brillant arrêt de la jambière droite à la toute fin, et les Penguins ont eu chaud, mais ils débarqueront à Montréal avec la possibilité de fermer les livres.
2 commentaires
  • henri gabrysz - Inscrit 8 mai 2010 23 h 11

    très bon

    et très drôle

  • pierre m de ruelle - Inscrit 9 mai 2010 15 h 59

    merci

    merci d'etre en premiere page, j'espere que l'on gagnera demain, afin que le Quebec, puisse ainsi oublier les questions existencielles des porteurs de mauvaises nouvelles.
    Vive le sport qui nous change les idees. Merci Monsieur