Par ici les Penguins!

Instructeurs et joueurs des Glorieux célèbrent leur victoire contre les Capitals de Washington après une fin de match enlevante.
Photo: Agence Reuters Molly Rilley Instructeurs et joueurs des Glorieux célèbrent leur victoire contre les Capitals de Washington après une fin de match enlevante.

En fait de scénario rocambolesque, on aurait difficilement pu imaginer mieux. En retard 1-3 il y a une semaine, le Canadien de Montréal a achevé hier soir une remontée épique en remportant une victoire de 2-1 qui lui permet d'éliminer les Capitals de Washington et de passer au tour suivant dans les séries de la coupe Stanley.

L'équipe de huitième rang prend ainsi la mesure de la meilleure formation au classement de la saison régulière et, encore une fois, le gardien Jaroslav Halak a joué les héros, lui qui a fait face à 42 lancers et réussi à tenir en respect les Ovechkin, Semin, Green et autres terreurs offensives.

Le Tricolore affrontera maintenant les Penguins de Pittsburgh, quatrièmes dans l'Est et vainqueurs des Sénateurs d'Ottawa en lever de rideau.

La fin de cette septième partie s'est montrée particulièrement fertile en émotions, le Canadien ne parvenant à se donner une avance de 2-0 qu'avec moins de quatre minutes à jouer et voyant les Caps se débattre comme des diables dans l'eau bénite par la suite.

Les Capitals ont mis toute la gomme dès l'ouverture des hostilités, et cela leur a procuré un séjour prolongé en territoire adverse. Pas de dégâts pour les visiteurs, bien qu'ils aient essuyé trois tirs de près. Le bourdonnement s'est poursuivi pendant quelque temps, puis a fait place à des élans relativement partagés.

Une première grosse chance de marquer s'est manifestée pour le Washington à la 13e minute à la faveur d'une montée à trois contre deux. Brendan Morrison a remis sur sa gauche à Brooks Laich, qui a lui-même prestement refilé à Alexander Semin à l'embouchure de l'autre côté. Halak s'étant déporté, Semin avait une cage béante devant lui, mais la rondelle a abouti sur le poteau. Quarante buts en saison régulière pour le Russe, mais pas moyen d'acheter le moindre petit filet dans cette série.

En dernier quart d'engagement initial, les Caps ont profité de l'espace que leur laissaient leurs rivaux pour y aller de nouvelles salves. Mais ô surprise, ils se sont de nouveau butés à un gardien inspiré. Même couché par terre (ou par glace, devrait-on dire), Halak dénichait le moyen de tout stopper.

Et malgré la domination des locaux, c'est le Canadien qui devait s'inscrire au tableau en premier. Avec Mike Green au cachot, supériorité numérique à quatre contre trois, Marc-André Bergeron, reconnu pour ses frappes foudroyantes, décochait sur réception, depuis le cercle de mise en jeu, un plomb destiné à tromper la vigilance de Semyon Varlamov avec tout juste 30 secondes à faire. Plomb qui accomplissait son destin.

Direction le vestiaire avec une priorité de 1-0, le Canadien n'avait pas réussi à compter deux fois tôt dans le match comme il l'avait fait les deux fois précédentes, mais il était parvenu à éviter au mieux la tempête que maints observateurs appréhendaient dans cette joute si cruciale.

Ce but in extremis allait-il assommer les Capitals? Dès le début de la deuxième, ils ont en tout cas réussi à écouler efficacement une infériorité, dont le fait saillant fut un arrêt de Varlamov sur Brian Gionta seul devant lui.

Et Washington passait par la suite plusieurs minutes à posséder légèrement le dessus, et ça piochait aux environs du filet adverse, et ça essayait de lancer d'un peu partout, et ça travaillait fort, mais la noire ne voulait juste pas rentrer, l'entêtée.

Puis, à la 12e minute, punition à Tomas Plekanec. Violent tir d'Alexander Ovechkin, arrêt de Halak, retour à bout portant à Green, rien à faire. La meilleure attaque à cinq de la Ligue nationale en saison voyait son dossier passer à 1 en 31 dans la série.

Tout de suite après, autre infraction: Josh Gorges. Non, mais, sont-ils dus, les Capitals, oui ou oui? pouvait-on songer pendant la pause publicitaire. Mais encore une fois, chou blanc.

Le Canadien échouait lui aussi avec un homme en plus avant la fin de la période, et c'était toujours 1-0 avec 20 minutes à jouer. Super suspense.

Méchant rebondissement pour amorcer cette troisième. Avant même qu'une minute ne soit consommée, Ovechkin marque d'un tir du poignet. Mais l'arbitre refuse le but au motif que Mike Knuble se trouvait dans la zone réservée au gardien et nuisait au travail de Halak. Hé, quand ça ne va pas bien...

À la neuvième minute, une justice immanente se pointait le bout du nez alors que le CH se voyait à son tour refuser un filet. Cette fois, Maxim Lapierre avait bousculé Varlamov.

Et les locaux de charger encore et encore. Et les locaux d'être frustrés encore et encore par le numéro 41 des blancs.

À l'autre extrémité, poteau de Michael Cammalleri. Puis, à la 17e minute, Dominic Moore s'emparait d'un disque délaissé tout près du but adverse et, entrant en trombe, faufilait l'aiguille sous le bras droit de Varlamov. Puis, à la 18e, Brooks Laich saisissait un retour et le dirigeait enfin derrière Halak.

Avec une punition à Ryan O'Byrne avec moins de deux minutes au cadran, tout était en place pour une fin dramatique. Et les Capitals allaient passer à 1 en 33. Pittsburgh, maintenant.
2 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 29 avril 2010 05 h 18

    Le niveau du bonheur national est à son plus haut. Au moins pour un temps...

    Avec cette victoire inespérée, et il faut le dire brillante, de l'équipe de Montréal, les chicanes entretenues par la classe politique feront un peu moins les manchettes. Si Jean Charest n'est pas un admirateur inconditionnel du Canadien de Montréal, il doit quand même le remercier d'attirer ainsi les projecteurs et les clameurs dans une autre direction...

  • nilo - Inscrit 29 avril 2010 08 h 27

    point tournant

    Àutour de 8,51 à jouer en deuxième période, PK Subban a complété un jeu et sorti de derrière son but sur une feinte digne de Jean Claude Tremblay ou de Kovi qui démarre une attaque à cinq. C'est à revoir. Je me suis dit: Le Canadien détient en Subban un pilier défensif vif et brillant. Au jeu d'échecs, c'est rien de moins qu'une tour. A ce moment là, les Caps exerçaient beaucoup de pression. Sa feinte a cassé le momentum des Caps. J'y ai vu un tournant dans le match.

    Au 6e match, Moore s'était signalé. Son jeu d'hier soir l'a confirmé.

    Quand le Canadien joue en équipe comme ça, on dirait des guêpes qui tournent autour du but adverse.