Toute la pression du monde sur les épaules d'Halak

Jaroslav Halak a livré une performance éblouissante de 53 arrêts, lundi, qui a provoqué la tenue d’un septième match dans la série quart de finale de l’Association Est contre les Capitals.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jaroslav Halak a livré une performance éblouissante de 53 arrêts, lundi, qui a provoqué la tenue d’un septième match dans la série quart de finale de l’Association Est contre les Capitals.

Brossard — On peut résumer en quelques mots la courte réunion d'équipe que le Canadien a tenue, hier, avant de se rendre à Washington.

«Lâche pas "Jaro"!», a-t-on dû dire au gardien Jaroslav Halak, au lendemain de sa performance éblouissante de 53 arrêts qui a provoqué la tenue d'un septième match dans la série quart de finale de l'Association Est contre les Capitals.

«Nous aurons besoin d'une performance de 70 arrêts de sa part mercredi [aujourd'hui]», a claironné le vétéran joueur de centre, Scott Gomez.

«On s'attend à rien de moins de lui à chacun des matchs. Il n'a aucune pression, a ajouté l'éternel pince-sans-rire. Jaro doit continuer, mais espérons que nous parviendrons à réduire le total de lancers.»

Pas tant que ça tout de même puisque Halak est à son mieux quand il fait face à 40 tirs ou plus, comme le montre sa fiche de 9-0-1 cette saison, y compris les séries.

Pour Gomez, qui a côtoyé des gardiens étoiles comme Martin Brodeur (Devils) et Henrik Lundqvist (Rangers) au cours de sa carrière, le dénominateur commun des équipes qui ont du succès en séries éliminatoires est un gardien au sommet de son art.

«Quand on regarde l'histoire du hockey, ç'a toujours été comme ça.»

Cela dit, Gomez a classifié

l'exploit de Halak parmi les meilleurs dont il a été témoin. «J'ai assisté à de grandes performances de gardiens. J'ai été choyé à ce chapitre, mais celle qu'a livrée Jaro lundi au Centre Bell était pour la moins particulière. Il a été tout simplement formidable.»

«Jaro n'est pas différent des Brodeur et Lundqvist en ce sens qu'il veut faire la différence à tous les matchs», a-t-il conclu.

Rien à perdre

Inutile de préciser que le Tricolore se présente dans la capitale américaine dans un bel état d'esprit et animé d'une confiance quasi inébranlable. Comme Halak l'a relevé lui-même immédiatement au terme de la victoire de 4-1 des siens, «nous n'avons absolument rien à perdre».

«Nous aurions été contents si on nous avait annoncé avant le début de la série qu'on se rendrait jusqu'à la limite, a affirmé l'ailier Michael Cammalleri. Voilà, nous y sommes.»

«Toute la pression repose sur les Capitals, a répété Cammalleri. Ils sont les favoris pour gagner la coupe Stanley.»

L'entraîneur Jacques Martin n'a pas caché également qu'il apprécie la situation actuelle. «Je suis très fier des joueurs, de la détermination qu'ils ont affichée et de l'effort qu'ils y ont mis. C'est une série extraordinaire, très enlevante. On assiste à de l'excellent hockey, à de grands duels de gardiens, à du jeu de qualité offert par des joueurs élites. C'est fantastique pour les amateurs. Nous méritons de rivaliser avec la meilleure équipe de la Ligue nationale dans un septième match, et nous allons nous préparer en conséquence.»

Comme Cammalleri, Martin a dit que la pression est sur la «meilleure équipe», celle qui s'est classée première en saison régulière. «La série n'est plus que l'affaire d'une seule rencontre et nous sommes emballés de la jouer», a résumé Martin.

Son homologue des Capitals, Bruce Boudreau, est sans aucun doute passablement moins entiché d'avoir à la disputer.

Boudreau en est à son quatrième match ultime en autant de séries depuis qu'il est à la barre de l'équipe. Il montre une fiche de 1-2, les Capitals ayant perdu contre les Flyers de Philadelphie en 2008 avant de vaincre les Rangers de New York, la saison dernière, puis de s'incliner en demi-finale d'association contre les éventuels champions de la coupe, les Penguins de Pittsburgh.

Martin, lui, est à la recherche d'un premier gain dans un septième match, à sa cinquième tentative.