Acculé au pied du mur, le Canadien doit friser la perfection

Le Canadien est en retard 3-1 dans la série contre les Capitals.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le Canadien est en retard 3-1 dans la série contre les Capitals.

Brossard — Malheureusement pour le Canadien, la perfection n'est pas de ce monde. Parce que si elle existait, il aurait de meilleures chances de gravir la pente abrupte qui se dresse devant lui. Le Tricolore a beau s'approcher de la perfection, il se retrouve en retard 3-1 dans la série de premier tour l'opposant aux talentueux Capitals de Washington.

C'est la 16e fois de son histoire que le Canadien est confronté au défi de remporter les trois derniers matchs d'une série quatre de sept. Il n'a accompli l'exploit qu'une seule fois, en 2004 face aux Bruins de Boston.

Aujourd'hui, l'équipe est contrainte à offrir une performance sans faute ou presque au Verizon Center afin de prolonger sa saison.

«La marge de manoeuvre est quasi inexistante, a admis l'entraîneur Jacques Martin, hier. Nous devrons réduire le total d'erreurs le plus possible.»

«Quand vous recherchez la perfection, vous découvrez que c'est une cible mouvante.» Cette citation du mathématicien et ingénieur George Fisher colle parfaitement à la réalité du bleu-blanc-rouge face aux champions de l'Est en saison régulière.

Mercredi, le Canadien a livré «tout un match» pour reprendre l'expression de Jacques Martin. Mais quelques erreurs ici et là ont pavé la voie à autant de buts des Capitals, qui l'ont finalement emporté 6-3. La question est de mise: le CH peut-il mieux faire? Doit-il frôler la perfection?

«C'est impossible d'être parfait», a répondu lucidement le défenseur Josh Gorges, avant le départ du groupe vers la capitale américaine. «Les erreurs sont inévitables. Elles font partie intégrante du sport. La rondelle va bondir capricieusement, un joueur va perdre l'équilibre ou va faire une mauvaise passe. L'important, c'est que comme équipe, nous soyons parfaits. C'est-à-dire que si un joueur commet une erreur, les autres sur la glace doivent s'efforcer de la réparer.»

Pour l'ailier Mike Cammalleri, l'atteinte de la perfection passe par l'élimination des buts faciles qu'on donne aux Capitals.

«Je ne dis pas qu'ils ne méritent pas les buts qu'ils marquent, mais nous leur en avons donné quelques-uns depuis le début de la série, a-t-il argué. Pour espérer l'emporter, nous devons marquer davantage, ce que nous pouvons faire, et faire en sorte qu'ils méritent tous leurs buts. Nous ne pouvons pas leur faire de cadeaux.»

L'entraîneur Martin estime que ses troupiers peuvent exploiter quelques aspects du jeu de leurs adversaires.

«Nous devons continuer d'être persistants, comme nous l'avons été au cours de la deuxième période du match de mercredi. N'eût été des arrêts importants de leur gardien [Semyon Varlamov], le score [2-2] aurait été différent.»

Gorges a souligné l'importance de fournir une plus grande résistance aux Caps. Il a utilisé le mot «résilience».

«Nous n'avons pas le choix. Nous nous sommes placés dans cette situation de vie ou de mort. Nous devons lutter farouchement, adopter la mentalité du bagarreur et jouer avec du feu dans les yeux.»

Tout cela en gardant à l'esprit qu'on doit minimiser les erreurs, car les Capitals ont la capacité de faire payer chèrement le moindre relâchement de leurs rivaux.

«Une demi-seconde, c'est tout ce dont ils ont besoin. Nous ne pouvons pas nous permettre la moindre erreur, a souligné Gorges. C'est ce qui est dur à avaler, parce que nous avons le sentiment d'avoir eu le meilleur pendant la majeure partie de la série.»

À l'exception du troisième match, qu'il a perdu 5-1, le Canadien n'a été en retard au score que pendant 16 minutes 40 secondes de jeu.