Petter Northug toujours souverain

L’Allemand Tobias Angerer (à l’avant plan) a allongé la jambe à la toute fin pour ravir le quatrième rang au Canadien Devon Kershaw.
Photo: Agence Reuters Stefan Wermuth L’Allemand Tobias Angerer (à l’avant plan) a allongé la jambe à la toute fin pour ravir le quatrième rang au Canadien Devon Kershaw.

Whistler — Le Norvégien Petter Northug, souverain, a encore une fois coiffé tout le monde à la fin pour remporter à l'arraché la médaille d'or la plus prestigieuse en ski de fond aux Jeux olympiques de Vancouver, celle du 50 km messieurs.

Mais les Canadiens, menés par Devon Kershaw, ont encore une fois agréablement surpris. Kershaw a frôlé l'exploit en terminant cinquième, réalisant la plus grande performance canadienne de tous les temps dans ce marathon hivernal olympique.

Alex Harvey, épuisé, défait, a connu par ailleurs sa pire course des Jeux en terminant au 32e rang, tout juste devant son coéquipier Ivan Babikov.

George Grey, qui a animé le débat dans les premiers sept ou huit kilomètres de la course, a terminé à une très respectable 18e place.

Northug, qui en était à sa deuxième médaille d'or à Vancouver, a parcouru la distance en deux heures, cinq minutes et 35,5 secondes.

Il a rejoint l'Allemand Axel Teichmann à quelque 200 mètres de l'arrivée, ce qui représentait la pire nouvelle pour l'ancien gagnant du Globe de cristal. Northug est le plus fort du monde en double poussée. Tous ses adversaires le savent. Et quand il ouvre la machine, les autres en sont quitte pour les places d'honneur.

C'est ainsi que Teichmann a conclu en deuxième place, à trois dixièmes de seconde du Viking, et tout juste devant le Suédois Johan Olsson, une des révélations de ces Jeux.

L'Allemand Tobias Angerer, lui aussi ancien gagnant de la Coupe du monde et un sprinter redoutable en fin de course, a allongé la jambe à la toute fin pour ravir le quatrième rang à Kershaw.

«Je n'en reviens pas, a dit Kershaw. J'ai tellement bien exécuté le plan établi. Je voulais demeurer avec les leaders et tenter de conserver le plus d'énergie possible jusqu'à la fin.»

«Mais d'un autre côté, c'est décevant aussi de se retrouver à une seconde et demie de la médaille d'or d'une course aussi longue et aussi dure. C'est le meilleur 50 km de ma vie.»

Kershaw était fier également du travail de tous ses coéquipiers et de l'équipe de techniciens au cours de ces Jeux. Les Canadiens ont obtenu sept «top 10» en ski de fond, du jamais vu.

Harvey avait déjà mérité une neuvième place en poursuite, une quatrième place au sprint par équipe. Il en était à sa cinquième course des Jeux et il a connu une journée effroyable.

«Ce fut une journée dégueulasse, a-t-il dit la mine déconfite. Après deux kilomètres seulement, je savais que je n'étais pas dans le coup aujourd'hui.»

«Aujourd'hui, je n'étais pas là du tout. Mais je n'ai jamais eu l'idée d'abandonner. J'ai skié à l'économie pour terminer la course. Demain, je ne penserai même plus à cette course.