Joannie Rochette pense déjà à l'après-Jeux

La médaillée de bronze en patinage artistique Joannie Rochette est fière de sa performance aux Jeux olympiques de Vancouver et pense déjà aux championnats du monde qui approchent. Elle a répondu hier aux questions des médias pour la première fois depuis dimanche dernier, jour où sa mère est décédée. Évidemment, la question de ce décès a teinté les entrevues. «Enfin une question sur ma carrière!» s'est d'ailleurs exclamée l'athlète lorsque Le Devoir lui a demandé si elle comptait continuer à patiner après la saison 2010.

La Québécoise qui a grandi à l'Île Dupas, dans Lanaudière, assure à ce chapitre qu'elle n'est pas près d'accrocher ses patins, bien qu'elle envisage peut-être une année sabbatique. «Je patine pour moi aussi [pas seulement pour ma mère]. Je patine parce que j'aime ça. Mais je ne sais pas encore si je veux continuer en patinage amateur ou professionnellement.» La jeune étoile du patinage artistique participe déjà à des spectacles sur glace, comme en avril prochain, où elle sera de la distribution de Stars on Ice.

Sa performance au Pacific Coliseum jeudi soir, qui lui a valu le bronze, a pourtant tout pour lui donner envie de continuer les compétitions. La jeune athlète, qui affirme qu'elle aurait bien ri si quelqu'un lui avait dit il y a trois ou quatre ans qu'elle monterait sur le podium de Vancouver, en est fière. «J'étais vidée après. J'ai tout laissé sur la glace. Même si mon programme n'était pas parfait, je suis contente d'avoir été moi-même, d'avoir été la battante que ma mère m'a toujours enseigné à être», a-t-elle indiqué.

Mettre sa peine de côté

Pour participer aux épreuves olympiques, même si elle n'avait qu'envie de prendre le premier avion pour rejoindre sa famille en deuil, Joannie Rochette a tenté de mettre une partie de sa peine de côté. «C'était comme si j'étais dans une espèce de bloc de glace, dans un état d'esprit très froid. Je savais que j'avais besoin d'être comme ça pour embarquer sur la glace et faire face à la situation.» Mardi, soit deux jours après le décès de sa mère, la patineuse craignait de s'effondrer en posant ses lames sur la glace pour présenter son programme court.

«Sauf qu'en même temps, j'ai décidé de ne pas trop bloquer mes émotions pour ce programme court-là et je pense que ç'a paru. Je ne sais pas comment j'ai pu le faire.» Elle n'a d'ailleurs pas le souvenir d'avoir patiné ce soir-là.

Son entraîneuse depuis 11 ans, Manon Perron a eu de bons mots pour Joannie hier et lui a «levé [son] chapeau». «Je suis contente qu'un bout de femme comme Joannie soit passé dans ma vie, a-t-elle dit. Après Turin, je savais qu'un jour, elle serait médaillée, une top mondiale. Je savais qu'à Vancouver, elle serait sur le podium.» Même avec un lourd deuil à porter, «à aucun moment cette semaine je n'ai douté que Joannie ne pourrait pas le faire. Elle a une force, elle est spéciale».

Mme Perron, qui a cessé d'entraîner des patineurs il y a deux ans, sauf dans le cas de Joannie Rochette, avait convenu qu'après les Jeux olympiques et les championnats du monde de 2010, elle tirerait sa révérence pour se consacrer à la Fédération de patinage artistique du Québec. «[Manon] m'a dit que si je voulais continuer on allait se rasseoir, en parler, mais je n'en suis pas là dans mes réflexions en ce moment», a toutefois indiqué Joannie Rochette au Devoir.

Remerciement

L'athlète de 24 ans a choisi d'affronter les micros et caméras entre autres pour pouvoir remercier toutes les personnes qui l'ont soutenue et respectée cette semaine. Elle a notamment reçu des messages d'appui de nombreux Canadiens, mais également de personnes venant du «Japon, de la Corée, de France, d'Europe, de partout». «Dans le village olympique, les gens venaient me voir, me prenaient dans leurs bras, alors que d'autres, qui ne se sentaient pas trop capables, me faisaient juste un signe de la tête. Tout ça, ça m'a aidée.»

Joannie Rochette demeurera au village olympique jusqu'à la fin des Jeux. Elle s'accordera ensuite quelques jours de repos, avant de reprendre l'entraînement en vue des championnats du monde qui auront lieu à la fin mars.
1 commentaire
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 28 février 2010 14 h 04

    Porteuse du drapeau

    Bravo Joannie Rochette. Tu mérites ce qui t`arrive. Les honneurs ne remplace pas ta douleur mais le milieu olympique te remercie pour ton courage.