Tragédie au premier jour des Jeux

Vancouver — Le lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili s'est tué hier à l'entraînement aux Jeux olympiques de Vancouver, après avoir heurté un poteau métallique en sortant de la piste à environ 140 km/h.

Le lugeur, dévalant la piste à toute allure dans sa combinaison de descente bleue et noire et son casque blanc, a monté très haut dans un coin. Sous lui, sa luge a percuté l'intérieur du mur et il a été projeté dans les airs, se retournant tout en sortant de la piste.

Le public a eu le souffle coupé alors que l'accident était projeté sur de grands écrans de télévisions. Ces écrans se sont immédiatement éteints alors que les secouristes ont accouru pour administrer au lugeur les premiers soins.

Inconscient et le visage en sang, il a été pris en charge immédiatement par les secouristes qui ont tenté vainement de le ranimer.

Les organisateurs ont interrompu les entraînements de luge «pendant que les officiels de la compétition mènent leur enquête pour déterminer la cause de l'accident [...] afin d'assurer la sécurité de la piste», a annoncé le CIO peu après l'annonce du décès du jeune Géorgien.

D'autres accidents étaient survenus plus tôt en journée sur la piste.

L'Italien Armin Zoeggeler a perdu le contrôle mais n'a pas semblé blessé, tout comme l'Américain Bengt Walden. Au total, plus d'une douzaine d'athlètes ont eu des accidents depuis le début de l'entraînement.

Question de sécurité

Yann Fricheteau, l'entraîneur du Français Thomas Girod, s'est interrogé sur les installations de la piste de luge des Jeux olympiques et leur rôle dans le décès du concurrent géorgien.

«En luge, il y a des erreurs techniques, des chutes. Cela fait partie du sport, mais la sortie [de piste] est le problème. Jamais on ne doit sortir de la piste», a regretté Fricheteau.

«Il nous faut comprendre. Nous verrons après les conclusions de la commission d'enquête», a ajouté le technicien français qui n'a pas voulu s'engager sur les mesures à prendre et sur les conséquences de ce drame sur la compétition, qui débute aujourd'hui.

Rogge sous le choc

«Désolé, mais c'est difficile de demeurer maître de soi. C'est une journée très triste», a déclaré le président du CIO, Jacques Rogge, qui a dû prendre une pause pour retirer ses lunettes et reprendre le contrôle de ses émotions. «Le CIO vit un grand deuil», a ajouté M. Rogge, lors d'une conférence de presse très courue, mais qui a duré à peine sept minutes.

«Le fait d'être assis ici nous brise le coeur. Les mots nous manquent», a fait savoir le président du Comité organisateur des Jeux de Vancouver, John Furlong, tout aussi ébranlé par les événements.

La Géorgie a tout de même participé à la cérémonie d'ouverture hier soir et a confirmé qu'elle demeura aux Jeux.