Jeux olympiques de Vancouver - Vivement la neige!

Vancouver — Une météo désespérément clémente, liée au phénomène climatique El Niño, oblige les organisateurs des Jeux olympiques de Vancouver (12 au 28 février) à des prouesses pour rendre skiable le site de Cypress Mountain, à 900 m d'altitude, en face de la ville.

Hier, la station était fermée depuis plusieurs jours, et une noria de 300 camions et d'hélicoptères déversait une neige précieuse venue des sommets, pour tenter de mettre en état les pistes dévolues au ski acrobatique, au ski-cross et au snowboard. L'objectif est de ramener 5000 m3 avant le début des épreuves, le 13 février.

«Nous n'allons déplacer aucune compétition. Les épreuves prévues à Cypress Mountain auront lieu à Cypress Mountain, à 100 %», a déclaré samedi avec conviction le vice-président du Comité d'organisation des Jeux (COVAN) Tim Gayda. Qui a assuré que les frais engagés étaient couverts par les réserves constituées justement pour faire face à ce type d'imprévu.

Le COVAN a néanmoins décidé de déplacer les entraînements de freestyle et de snowboard à Whistler, la prestigieuse station des Rocheuses située à deux heures de route de Vancouver, actuellement correctement enneigée.

De même, les entraînements de half-pipe sont réduits de cinq à trois jours pour préserver le site. Enfin, les athlètes de Cypress Mountain qui souhaitent skier pour le plaisir avant le début des compétitions sont généreusement invités à monter à Whistler, où sont prévues les épreuves de ski de piste et nordique.

En choisissant Cypress Mountain pour organiser les compétitions de ski acrobatique, de ski-cross et de snowboard, les organisateurs savaient qu'ils prenaient un risque. Car la station, certes facile d'accès en face de Vancouver au bord du Pacifique, est soumise aux caprices de la météo venue de l'océan.

Et la région vit en ce début février dans une exceptionnelle douceur, qui pousse le mercure jusqu'à 10˚C et plus dans la journée. La météo continue d'annoncer des températures élevées pour la semaine, et ne prévoit aucune chute de neige importante.

«Cypress et Whistler ont des régimes climatiques différents», explique Al Wallace, le directeur régional du service météorologique, «l'altitude est différente, et Cypress, qui est aux portes de la ville, subit les influences maritimes de l'océan Pacifique».

«Nous sommes en ce moment sous l'influence du phénomène El Niño qui a commencé l'été dernier et qui durera jusqu'au printemps ou l'été de cette année», souligne M. Wallace, qui affirme que ses services n'ont jamais sous-estimé le risque du manque de neige: «Au moment de la candidature de Vancouver, nous avons fourni des renseignements au Covan sur les particularités météo de chaque site mais ils ont aussi fait leur choix au regard d'autres critères tels que les transports, la capacité d'hébergement et la proximité des sites par rapport à la ville», assure-t-il.

Contrôle anti-dopage

Par ailleurs, les athlètes qui convergent vers Vancouver pourraient se faire accueillir de façon quelque peu particulière, alors qu'on leur demandera de retrousser leurs manches, ou encore de rouler leur pantalon vers le haut.

Il ne s'agit pas d'un rite d'initiation étrange; il s'agit plutôt d'un contrôle antidopage.

Dans les jours qui précèdent le début des célébrations olympiques, beaucoup d'athlètes sont contactés par l'Agence mondiale anti-dopage, leur comité national olympique ou leur fédération sportive internationale, qui tentent de bannir les substances interdites.

Certains athlètes pourraient avoir à passer des tests de dépistage plus d'une fois et ceux qui participent à des épreuves où le dopage y est reconnu pour y être plus courant, seront plus spécialement visés.

Ce sera par exemple le cas des fondeurs ou des biathloniens. A l'inverse, ceux qui participent aux épreuves de curling ne devraient pas être inquiétés.

Ces tests seront réalisés pour tenter de contrer de potentiels tricheurs, qui pourraient se doper à la dernière minute avec des stéroïdes ou de l'érythropoïétine (EPO) et compétionner avec des athlètes propres.

Certaines personnes croient que d'importants progrès ont été accomplis dans la lutte contre le dopage.

C'est notamment le cas de Dick Pound, un influent membre de longue date du Comité international olympique. «Je crois que les athlètes propres gagnent» a indiqué le président fondateur de l'Agence mondiale antidopage.

«Je crois que l'utilisation de substances par des méthodes de plus en plus poussées se prêtent à des contrôles de plus en plus sophistiqués», a-t-il ajouté, ajoutant du même souffle que «ce n'est plus le Far West comme auparavant».

Malgré tout, la période précédant de près les Jeux est un moment particulièrement critique dans le bras de fer qui continue entre les athlètes qui se dopent et ceux qui tentent d'éradiquer ce genre de comportement.