Une culture de la violence qu'on ne retrouve pas dans les autres sports

Au football, les bagarres ne sont pas permises. Au baseball non plus, et c'est la même chose dans presque tous les sports, où les règles sont appliquées à la lettre, lorsqu'elles existent. Car il y a surtout, dans ces sports, une culture où la violence n'a pas sa place, contrairement au hockey.

«On n'a pas le droit aux bagarres, tranche Pierre Dumont, l'ex-secondeur de ligne des Alouettes, l'équipe de football montréalaise. On les tolère au hockey, mais pas au football, où le jeu est tellement robuste. Les joueurs ont plus de respect entre eux et il n'y a pas de "goons" comme au hockey.»

Dumont portait le no 41 des Alouettes de 1966 à 1969 avant de devenir analyste de football à la radio et la télévision tout en enseignant l'éducation physique au cégep Ahuntsic, à Montréal. À ses yeux, le football professionnel a évolué pour le mieux depuis l'époque «oeil pour oeil, dent pour dent» qui prévalait dans les années 1950.

«Il y avait plus de violence [gratuite] auparavant, soutient Dumont. Il se donnait des coups de poing par en dessous. Maintenant avec l'Association, les joueurs ont plus de respect entre eux. Dans les années 1940, 1950, 1960, il n'était pas rare de voir du sang couler au visage. Aujourd'hui, les chocs sont plus violents, mais les joueurs se respectent. Ils ne cherchent pas à blesser leurs adversaires.»

Au baseball, il fut un temps où les mêlées générales étaient courantes en saison régulière. Un certain Ty Cobb était connu pour aiguiser ses crampons dans le but d'intimider les joueurs de champ intérieur lorsqu'il glissait au deuxième but.

Aujourd'hui, la violence se limite surtout aux collisions au deuxième but ou au marbre. Il s'ensuit parfois des bousculades, mais rarement une bagarre comme à l'époque de Ty Cobb. Parfois, des mêlées générales éclatent quand un frappeur veut s'en prendre à un lanceur qui l'a atteint d'un tir à l'intérieur. D'ailleurs, quand l'arbitre estime qu'un lanceur a visé un frappeur volontairement, il sert un avertissement aux deux équipes, les prévenant que des expulsions suivront s'il y a récidive.

Dans la plupart des sports, les arbitres appliquent en effet les règles à la lettre. La culture passe donc aussi par le règlement et son application. «Il n'y a pas de passe-droits, explique Pierre Dumont. Le règlement, c'est le règlement.»

Au football, il y a par exemple une pénalité de 15 verges imposée à tout joueur qui nargue ou ridiculise un adversaire. Il n'y a pas de violence, mais «ce n'est pas du fair-play. On exagère».

Il ajoute que la culture du football est directement liée aux milieux collégiaux et universitaires, d'où provient la majorité des joueurs et entraîneurs. «Les entraîneurs ont une meilleure formation et on n'enseigne pas les méthodes déloyales à la Ralph Goldston», dit-il. Cet ancien entraîneur des Alouettes, dans les années 1960, était un dur qui avait peu de respect pour ses adversaires. Dans son équipe, «il y avait des primes si on blessait un joueur étoile», révèle Dumont.

Un montant de 250 $ fut d'ailleurs promis au joueur qui réussirait à sortir du match le quart étoile des Rough Riders d'Ottawa, Russ Jackson. Malgré cela, celui-ci n'a jamais raté un match en raison d'une blessure, durant toute sa carrière.

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