Quand l'exemple vient d'en haut

Photo: La Presse canadienne (photo)

Les gestes de violence gratuite commis dans la LNH ont une incidence sur le comportement des jeunes évoluant dans les ligues mineures. «Tout ce qui se passe dans la LNH a un impact chez nos jeunes», admet Sylvain Lalonde, le directeur général de Hockey Québec, qui régit l'ensemble des activités d'amateurs au Québec. «On a vécu un moment magique à la reprise des activités de la LNH à la suite du lock-out, dit-il en faisant un parallèle intéressant. C'était du bonbon. Il n'y avait que des retombées positives sur le hockey mineur. Ils appliquaient les règlements et ils jouaient de façon différente.»

«Quand il y a une recrudescence de violence dans les ligues professionnelles, il y a des répercussions sur le hockey mineur.» Cette saison, il y a déjà une longue liste de blessés dans la LNH. Les joueurs sont de plus en plus rapides et costauds, et l'application des règlements pour empêcher l'obstruction augmente les risques de blessures près des rampes. Mais on constate, aussi, qu'il y a davantage de coups à la tête et de mises en échec par derrière. Trop de joueurs n'ont aucun respect pour leurs rivaux et les autorités de la ligue donnent l'impression de fermer les yeux sur la violence gratuite. Les joueurs étoiles Alex Ovechkin, des Capitals de Washington, Evgeni Malkin, des Penguins de Pittsburgh, Ilya Kovalchuk, des Thrashers d'Atlanta, entre autres, n'ont pu éviter les blessures. Jonathan Toews, des Blackhawks de Chicago, une des vedettes montantes, a été victime d'une commotion

cérébrale.


Imiter ou donner l'exemple?

De la même manière mais à un degré moindre, la LHJMQ est aussi un modèle pour les plus jeunes. Elle est présente dans la majorité des régions du Québec et les équipes de ce circuit junior majeur sont bien implantées dans leur milieu. «Ce qui se passe sur la glace dans la LHJMQ a un impact au niveau local et régional, reconnaît Lalonde. Ils sont très présents dans leur communauté et l'impact est encore plus grand qu'avant à cause de la télévision et du Web.»

«Dans le hockey mineur, la violence est plus réglementée, indique Lalonde. Ça fait réfléchir un plus grand nombre de personnes. Les mesures dissuasives permettent la diminution de la violence et incitent aussi les gens à prendre leurs responsabilités pour rendre le hockey plus sécuritaire.»

À cet égard, Hockey Québec a pris des mesures concrètes pour éliminer les bagarres à la suite des incidents violents qui ont fait la manchette en mars 2008. L'organisme a produit un rapport dans lequel il était proposé «des mesures pour modifier les sanctions en ce qui concerne les bagarres, les mises en échec par derrière, la conduite antisportive et les agressions physiques et verbales». «C'est tolérance zéro, dans le sens où les bagarres ne sont pas acceptées», se réjouit Lalonde. «À l'époque, dans le midget AAA par exemple, il fallait deux bagarres pour être expulsé d'un match. Aujourd'hui, une bagarre suffit. Une bagarre entraîne une suspension de deux matchs et l'instigateur obtient deux matchs de plus.»

Au cours des dernières années, Hockey Québec a mis de l'avant des programmes qui sont appréciés, telle la formule Franc-Jeu, notamment. Depuis la saison 2003-04, on accorde un point par match au classement général aux équipes qui se sont bien comportées sur la patinoire, ce qui peut faire une différence à la fin de la saison. Une équipe qui remporte la victoire et s'est bien comportée obtient donc trois points au classement; l'équipe qui perd mais qui s'est bien comportée, un point. «Il y a une grille préétablie dans chaque catégorie d'âge, explique Lalonde. Quand une équipe est en deçà du pointage qui a été identifié, ça lui donne un point de plus. C'est ce qu'on appelle un point de comportement.»

Selon lui, «ce programme a aussi des répercussions sur l'entraîneur, qui doit surveiller ses faits et gestes, et aussi sur les parents, parce qu'ils ont un rôle à jouer. Le comportement des parents est souvent tributaire de ce qui se passe sur la glace, et vice-versa. Les jeunes voient agir leurs parents et ils les entendent. Ils suivent l'exemple de leurs parents».

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