La veuve d'Arturo Gatti obtient une avance de 40 000 $

La veuve de l'ancien champion mondial de boxe Arturo Gatti a obtenu une avance de 40 000 $ afin de couvrir ses dépenses juridiques et les frais de garde de son fils d'un an, hier, mais tout indique que sa bataille avec la famille de l'ex-boxeur relativement à son imposant héritage n'est pas près de se terminer.

Le juge Paul Chaput, de la Cour supérieure du Québec, a accordé à Amanda Rodrigues la somme de 30 000 $ pour ses dépenses juridiques, et 10 000 $ pour couvrir les frais de garde d'Arturo fils, âgé d'un an.

Ainsi, Mme Rodrigues n'a pas obtenu l'avance de 150 000 $ qu'elle avait exigée. Elle aura toutefois le droit de retourner dans le condominium qu'elle partageait avec Gatti à Montréal pour y récupérer ses effets personnels. On ignore par ailleurs si elle pourra conserver le chien du couple, un détail qu'il n'est pas urgent de régler, a fait remarquer le magistrat.

En rendant sa décision au palais de justice de Montréal, le juge Chaput a aussi demandé aux deux parties de trouver un terrain d'entente afin de mettre fin à une bataille juridique animée et croissante, avant de revenir en cour le 17 novembre.

«Nous en sommes encore à un stade très préliminaire des procédures, et il reste encore beaucoup d'étapes à franchir», a fait remarquer Pierre-Hugues Fortin, l'avocat de Mme Rodrigues. «Il ne s'agissait pas de la dernière audience.»

Dispute avec la famille

La femme de 23 ans, qui était absente du palais de justice hier, est impliquée dans une dispute avec la famille de Gatti relativement à l'héritage de l'ancien champion mondial, évalué à 6 millions. Mme Rodrigues est arrivée à Montréal lundi, en provenance du Brésil, et son avocat a déclaré qu'elle était sans le sou et qu'elle devait avoir accès à son condominium et à de l'argent.

La dispute se déroule à la fois au Québec et dans l'État du New Jersey, où Gatti a amassé la majeure partie de ses revenus professionnels.

Le litige tourne autour de la légitimité de deux testaments dont le contenu diffère quant au partage de l'héritage de l'ancien pugiliste montréalais.

L'avocat de Mme Rodrigues soutient que le testament signé au Québec en juin dernier, et qui lui léguait l'héritage de Gatti, est celui qui doit être considéré comme étant valide.

Toutefois, les membres de la famille de l'ex-boxeur affirment qu'il faudrait plutôt respecter les dispositions d'un testament signé au New Jersey en 2007, et que celui paraphé au Québec a été rédigé sous la contrainte.

Le juge Chaput a par ailleurs rejeté une requête de Mme Rodrigues visant à invalider le premier testament, qui prévoit léguer les biens à la mère de Gatti.

Alors qu'il s'adressait aux avocats des deux parties, le juge Chaput a dit craindre qu'une longue bataille juridique en vienne à faire fondre les sommes d'argent disponibles.

Arturo Gatti est décédé le 11 juillet 2009 dans des circonstances nébuleuses alors qu'il se trouvait dans une station balnéaire du Brésil. À l'origine, les autorités policières du pays avaient déterminé que Gatti avait été assassiné, et ont même détenu son épouse pendant un certain temps. Mme Rodrigues a plus tard recouvré sa liberté après que les policiers eurent statué que l'ancien pugiliste s'était suicidé.

Selon les policiers, Gatti s'est pendu à l'aide d'une courroie d'un sac à main, qu'il aurait accrochée à la rampe d'un escalier.

La famille de l'ancien boxeur a toujours rejeté cette version des faits et fait exhumer le corps de Gatti pour faire procéder à une deuxième autopsie, dont les résultats complets ne sont toujours pas connus.

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