Grand Prix du Canada - Schumacher demeure imperturbable malgré les critiques

En conférence de presse, hier à Montréal, Michael Schumacher était tout à fait détendu et souriant.
Photo: Agence Reuters En conférence de presse, hier à Montréal, Michael Schumacher était tout à fait détendu et souriant.

Imperturbable comme toujours, Michael Schumacher demeure convaincu que sa victoire controversée au Grand Prix d'Autriche n'entachera pas sa réputation de façon durable.

«Après Monaco, les choses ont commencé à se calmer», a noté le quadruple champion du monde, hier matin, lors d'une conférence de presse en marge du Grand Prix du Canada de Formule 1. «D'ailleurs, nous ne croyons pas que nous ayons à nous sentir coupables de quoi que ce soit.»


Pourtant, Schumacher reconnaît que tout le monde chez Ferrari a tiré des leçons de cet épisode qui a soulevé un véritable tollé dans les milieux de la F1. Rappelons que le directeur sportif de la Scuderia, Jean Todt, avait obligé Rubens Barrichello à céder le passage à Schumacher à quelques mètres de l'arrivée lors du Grand Prix Autriche afin d'assurer l'Allemand de la victoire.


«Je suis convaincu que cela ne nuira pas à ma réputation. Il ne faut pas oublier qu'il n'est pas seulement question de mes intérêts mais de ceux de l'équipe. Et les intérêts de l'équipe sont très clairs. Mais avec le recul, nous en sommes arrivés à la conclusion que dans les mêmes circonstances, nous agirions différemment.»


Schumacher, qui s'est dit surpris de la réaction du public qui l'a hué en Autriche, endosse pleinement la politique de Ferrari de favoriser le pilote qui a les meilleures chances de décrocher le championnat.


«J'accepte cette philosophie car je crois que c'est la meilleure pour l'équipe», a-t-il poursuivi.


Le Kaiser Michael s'est fait modeste lorsqu'on lui a demandé s'il estimait être le meilleur pilote au monde? Il a immédiatement répondu non.


Mais en comparant le talent des pilotes de F1 à ceux de la série CART, il a noté que seulement deux pilotes du championnat nord-américain (Juan Pablo Montoya et Jacques Villeneuve) ont réussi à s'illustrer en F1 tandis que, à l'inverse, plusieurs pilotes de la F1 ont connu un succès immédiat en CART.





Attention aux Williams


Schumacher, qui sera en quête d'une cinquième victoire dimanche sur le circuit Gilles-Villeneuve, ne parvient pas à s'expliquer pourquoi il a obtenu tant de succès sur le tracé montréalais jusqu'à présent.


«Montréal ne fait pas partie de mes circuits préférés, mais il serait injuste de dire que je ne l'aime pas. Avec les nombreuses chicanes, ce n'est pas un tracé qui offre un grand défi.»


Et n'allez surtout pas prétendre que la supériorité de la F2002 cette saison lui rend la tâche extrêmement facile, ce qui explique sa confortable avance en tête du championnat du monde des pilotes.


«Le défi est toujours présent. Bien entendu, il y a des courses où la concurrence est moins vive. Mais prenez l'exemple de Monaco, où nous avons été tenus en échec. Il y a toujours de très bons pilotes pour me faire la lutte.»


Et en fin de semaine, Schumacher estime qu'il devra particulièrement se méfier des Williams-BMW de son frère Ralf, vainqueur l'an dernier à Montréal, et du Colombien Juan Pablo Montoya.


«Ralf et Montoya devraient être mes plus sérieux rivaux, a-t-il noté. Il serait par ailleurs étonnant que McLaren puisse répéter son succès de Monaco, où David Coulthard a profité des caractéristiques uniques du tracé monégasque.»


Interrogé au sujet des équipes qui l'ont surpris depuis le début de la saison, il a mentionné Renault et Sauber, qui occupent respectivement les quatrième et cinquième positions au championnat des constructeurs.


«Renault fait beaucoup mieux que je l'avais envisagé», a souligné Schumacher.


Quant à savoir s'il s'ennuie des belles bagarres d'antan avec Villeneuve, il a laissé entendre que l'identité de ses rivaux lui importe peu.


«Que ce soit Jacques Villeneuve, Mika Hakkinen ou Juan Pablo Montoya, ça n'a guère d'importance pour moi.»


Enfin, il n'a pas voulu se prononcer quand on lui a demandé si Villeneuve était toujours un aussi bon pilote que par le passé.


«En raison des conditions dans lesquelles il évolue chez BAR, il est difficile d'évaluer s'il a progressé comme pilote. On ne peut pas juger.»


Pendant son séjour à Montréal, envisage-t-il d'aller manger au resto-bar de Villeneuve?


«S'il m'offre le repas, j'irai sans doute», a-t-il dit avec le sourire.