Roland-Garros - Federer l'emporte enfin!

Ce triomphe est une magnifique réponse aux interrogations sur son déclin, qui alimentaient les discussions dans le monde du tennis depuis des mois.
Photo: Agence France-Presse (photo) Ce triomphe est une magnifique réponse aux interrogations sur son déclin, qui alimentaient les discussions dans le monde du tennis depuis des mois.

Paris — Roger Federer a enfin remporté hier, à Roland-Garros, le titre qui le fuyait depuis tant d'années, le seul du Grand Chelem manquant à son palmarès, en balayant le Suédois Robin Soderling en même temps que les oracles du déclin dans une finale maîtrisée de bout en bout.

Avec ce 14e trophée, le Suisse de 27 ans a égalé le record des victoires dans les tournois majeurs détenu par Pete Sampras, mais la place qu'il s'est taillée dans l'histoire du tennis est unique.

Car au contraire de l'Américain, Federer est aussi l'un des six champions à avoir gagné les quatre titres majeurs, l'Open d'Australie (3 fois), Roland-Garros, Wimbledon (5 fois) et l'US Open (5 fois). Est-il désormais le plus grand joueur de tous les temps ? Sa victoire n'est pas loin de clore le débat.

Le Suisse, battu lors des trois dernières finales par Rafael Nadal, semblait pourtant ne jamais devoir s'imposer sur la terre battue parisienne, comme d'autres grands joueurs avant lui (McEnroe, Edberg, Sampras). «Ca fait du bien de monter sur le podium en vainqueur, pour une fois», a-t-il avoué au moment de recevoir la Coupe des Mousquetaires des mains d'Andre Agassi.

La défaite précoce de Rafael Nadal lui avait ouvert un boulevard, mais encore fallait-il en profiter. Pour cela, Federer a fait preuve, comme souvent, d'une inébranlable solidité mentale.

En finale, il n'a eu aucune pitié pour l'homme qui lui avait fait la faveur d'écarter le Majorquin.

Certes, le Suédois n'a pas échappé au syndrome de l'invité-surprise. Tétanisé par l'enjeu, il n'a pas pu rééditer ses performances des tours précédents. Mais c'est surtout Federer qui a su sortir son meilleur match du tournoi, malgré une pluie fine tombée presque en permanence sur le Central.

Irruption sur le court

Au bout de treize minutes, le Suisse menait déjà 4 à 0 avec deux bris d'avance. Le Suédois s'est ressaisi à partir du set suivant, mais sans jamais relancer le suspense. Pendant presque toute la rencontre, Federer est resté d'un calme parfait grâce à son incomparable expérience des finales de Grand Chelem (19, record égalé).

Même l'irruption sur le court, au deuxième set, d'un énergumène qui a tenté de lui couvrir la tête avec un tissu ne lui a pas fait perdre son sang-froid. Et c'est au tout dernier moment, servant pour le match, qu'il a senti son bras trembler et offert à Soderling une de ses deux seules balles de bris du match.

Mais il a vite retrouvé sa sérénité pour conclure sous la formidable ovation d'un public parisien qui l'adore.

Ce triomphe est une magnifique réponse aux interrogations sur son déclin, qui alimentaient les discussions dans le monde du tennis depuis des mois.

Dépossédé de la première place mondiale par Nadal l'année dernière, Federer n'était pas tête de série no 1 pour la première fois depuis 2003. Et ses résultats en 2009 n'avaient pas rassuré ses supporteurs, rassérénés seulement une semaine avant Roland-Garros par sa victoire sur Nadal à Madrid.

Débarrassé d'un énorme poids, Federer risque d'être plus redoutable que jamais. «C'est peut-être ma plus grande victoire, celle qui m'enlève le plus de pression. Jusqu'à la fin de ma carrière, je vais pouvoir jouer tranquillement sans plus jamais entendre que je ne gagnerai pas Roland-Garros», a-t-il dit.

Ses concurrents à Wimbledon, où il n'a pas digéré la perte de son titre l'année dernière, sont prévenus.

Chez les femmes

Svetlana Kuznetsova a remporté pour la première fois de sa carrière les Internationaux de France de tennis, samedi, après avoir battu en finale sa compatriote russe et numéro 1 mondiale Dinara Safina en deux sets de 6-4, 6-2 et une heure 14 minutes de jeu.

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