Sénateurs 3, Canadien 2 - Le poids de l'absence

Si le match d'hier est présage de la fin de saison du Canadien, l'absence de Mathieu Schneider et d'Andrei Markov à la ligne bleue va douloureusement affecter le Tricolore dans les prochaines semaines. Sans ses deux piliers de l'attaque à cinq, le Canadien s'est incliné 3-2 contre les Sénateurs d'Ottawa.

Bob Gainey n'a rien voulu confirmer, mais des rumeurs tenaces laissent croire qu'on ne reverra pas Markov avant trois semaines, alors que la saison de Schneider serait carrément terminée. Les deux joueurs ont été blessés samedi à Toronto à la suite de mises en échec.

L'absence sera lourde, donc. Non seulement Markov domine la colonne des pointeurs chez le Canadien (64 points), mais il était aussi le défenseur le plus fiable en défense. De même, l'arrivée de Schneider avait complètement ranimé le jeu de puissance du Canadien, grand responsable de la remontée des derniers matchs. Avec Schneider (qui a récolté 16 points en 21 matchs), Montréal affiche une efficacité de 27,8 % en avantage numérique. Sans lui, la moyenne tombe à 15,9 %. Markov a pour sa part obtenu les deux tiers de ses points à 5 contre 4.

Hier, cet avantage numérique n'a rien produit en trois occasions et les Sénateurs en ont profité pour soutirer deux points qui auraient été précieux pour le Canadien, toujours campé au septième rang de l'Association de l'Est avec trois matchs à disputer. Dany Heatley a marqué ses 36e et 37e buts en troisième période pour transformer un déficit de 2-1 en victoire de 3-2. Les Sénateurs avaient ouvert la marque en deuxième période, avant qu'Alex Kovalev ne crée l'égalité. Kovalev récoltait un 25e but, et poussait à sept sa série de matchs avec au moins un point (16 durant la séquence). Roman Hamrlik a ensuite donné l'avance au Canadien à quatre secondes de la fin de la deuxième.

Bob Gainey l'a noté: en troisième, son équipe a beaucoup ralenti, passant trop de temps dans sa propre zone et donnant trop d'occasions de marquer aux Sénateurs. «Nous étions contents des deux premières périodes, mais en troisième, c'est devenu plus difficile de monter à l'attaque. On était beaucoup dans notre zone et ce n'était qu'une question de temps pour que les Sénateurs en profitent.»

Gainey a aussi vu sa tâche compliquée par l'absence de Maxim Lapierre, chassé pour cinq minutes après s'être battu alors que le Canadien menait 2-1 en troisième. Avec un joueur en moins, Gainey a dû chambouler ses trios et laisser tomber sa stratégie de faire appel à ses vétérans plutôt qu'aux jeunes joueurs qui étaient dans l'alignement. «Le momentum a changé à ce moment», a-t-il remarqué.

Cela dit, les quelques joueurs présents dans le vestiaire après le match — c'était tranquille rare — avaient l'air plus préoccupés par l'absence de Markov et de Schneider que par le résultat du match. «On vient de perdre un candidat au trophée Norris [remis au meilleur défenseur de la Ligue], disait Josh Gorges, l'air très sérieux en parlant de Markov. C'est dur. On ne peut pas remplacer deux gars comme ça. Mais ça arrive et on n'a rien d'autre à faire que d'élever notre jeu pour compenser.»

Honoré avant le match pour ses 1000 parties disputées dans le LNH (on lui a remis... un bâton en argent), Patrice Brisebois indiquait que ses coéquipiers défenseurs devront «prendre les bouchées doubles. Ce sont deux absences qui font très mal.» Mike Komisarek pour le mot de la fin: «C'est sûr que ça fait mal, mais il n'y a personne qui va nous prendre en pitié pour ça.» Le Canadien joue ce soir à New York contre les Rangers, huitièmes au classement.

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