Kovalev, étoile parmi les étoiles

Alexei Kovalev, du Canadien, marquant l’un de ses deux buts en temps réglementaire, hier soir, lors du 57e match des étoiles de la LNH, disputé à Montréal. Le capitaine de la Conférence de l’Est a aussi marqué en tirs de barrage et a par cons
Photo: Agence Reuters Alexei Kovalev, du Canadien, marquant l’un de ses deux buts en temps réglementaire, hier soir, lors du 57e match des étoiles de la LNH, disputé à Montréal. Le capitaine de la Conférence de l’Est a aussi marqué en tirs de barrage et a par cons

La tradition le veut: le match des étoiles de la Ligue nationale de hockey (LNH) est l'occasion d'une avalanche de buts, et hier n'a pas fait exception. La fin de semaine de festivités qui a animé Montréal s'est ainsi conclue par une victoire des vedettes de l'Est contre celles de l'Ouest, 12-11. Un point d'orgue signé Alex Kovalev, qui a soulevé la foule à plusieurs reprises avant de conclure en fusillade.

Il a de fait fallu se rendre jusque-là pour départager les deux équipes. Des buts de Kovalev et d'Alex Ovechkin contre Roberto Luongo ont réglé le cas de l'Ouest, tandis que Tim Thomas résistait de l'autre côté.

Cette première dans l'histoire de la classique a permis à Kovalev d'être choisi le joueur du match, à l'immense plaisir de la foule. Le gars des vues n'aurait pas fait mieux: l'attaquant du Canadien s'est distingué tout au long de la partie, inscrivant deux buts et ajoutant une passe en temps réglementaire. Le capitaine de la formation de l'Est a aussi obtenu sept lancers.

Dans la zone d'entrevue, Kovalev était tout sourire après le match. «On ne peut imaginer un meilleur scénario: être de l'alignement partant [grâce au vote des spectateurs], être nommé capitaine, puis marquer en fusillade et obtenir le titre de meilleur joueur, ici, à Montréal, c'est assez fantastique.» D'autant que cela lui permettra de verser une bonne somme d'argent à des organismes oeuvrant auprès des enfants, Kovalev ayant annoncé qu'il vendrait au plus offrant le gros camion mérité avec le titre de meilleur joueur.

Les vedettes des deux équipes ont offert un spectacle en deux temps. Les 50 premières minutes de jeu ont été comme toutes les classiques des étoiles, pleines de but et dénuées d'un grand intérêt sportif. «C'est un peu dur à suivre, concédait Zdeno Chara, défenseur pour Boston. Tout le monde joue prudemment, il n'y a pas d'unité, on se retrouve parfois à 4 contre 1...»

Mais le vent a tourné en fin de rencontre, alors que l'égalité persistait malgré le déluge de buts. L'énergie et l'intensité sont montées d'un coup pour ne plus redescendre. «On veut toujours gagner, même s'il n'y a pas d'enjeu», expliquait Alex Ovechkin après le match.

Motivée, la foule a alors retrouvé ses repères et le Centre Bell s'est animé. Vu et vécu de la passerelle de presse, il était temps: jusque-là, le calme qui régnait n'était pas des plus stimulant. Sans contact physique ni échec-avant, le match manquait d'âme. Un spectateur des dernières rangées ne s'est d'ailleurs pas privé pour hurler qu'il voulait «du vrai hockey»...

Néanmoins. La foule — composée de partisans réguliers, mais aussi de centaines d'invités — a trouvé de quoi apprécier le spectacle ici et là. Les buts de Kovalev, les jongleries de Malkin, les feintes d'Ovechkin, chaque présence de Vincent Lecavalier, qui a passé les quatre derniers jours au centre d'une attention médiatique soutenue, ont mis un peu de piment à la soirée.

Public fou

Il faut dire que les partisans avaient déjà donné beaucoup. L'entraîneur de l'équipe de l'Est, Claude Julien, l'a évoqué en point de presse: ce fut une «fin de semaine hallucinante», à cause de la «réaction du public montréalais». Un public ayant démontré à ceux qui l'ignoraient à quel point le hockey touche ici une fibre vibrante.

Des exemples? Samedi, alors que les effets combinés du froid mordant et du vent cinglant faisaient plonger le thermomètre sous les moins 30 degrés, ils étaient des dizaines de milliers à bourdonner autour du Centre Bell. Les uns pour assister à la pratique officielle des deux équipes (salle comble pour l'occasion), les autres pour visiter le chapiteau géant du Jamboree des Étoiles (exposition de trophées, séances d'autographes, jeux...).

Dans cette tente, les tourniquets roulaient à plein régime. Une longue file d'attente s'étirait devant le chapiteau, érigé au coin des rues de la Gauchetière et de la Montagne. «Il fait froid, confiait Martin Légaré, un partisan du Canadien rencontré en fin de journée, mais c'est une occasion unique. Mon fils voulait voir ça, avoir la chance de voir des grands joueurs. Ça lui fait plaisir, et à moi aussi. Donc, on endure!»

Autre salle comble, samedi soir, pour le concours d'habilités des joueurs. Le spectacle n'a peut-être pas été à la hauteur des attentes de tous — les commentaires entendus en sortant du Centre Bell étaient partagés —, mais n'empêche, ils étaient plus de 20 000 à assister aux différentes prestations d'adresse.

Les partisans ont aussi exprimé leur intérêt dans les boutiques souvenirs, où c'était la cohue. On s'arrachait les chandails à 265 $, les t-shirts à 40$, casquette à 27$, jusqu'au billet du match (environ 500 $ dans les rouges) que l'on pouvait faire encadrer pour quelque 130 $... Environ 250 médias étaient accrédités pour surveiller tout ça.

La fin de semaine a sinon été l'occasion indirecte, pour la LNH, de marquer le coup du centenaire du Canadien. Hier soir, pendant le match, on a présenté plusieurs anciens joueurs, dont Henri Richard, Jean Béliveau, Yvan Cournoyer, Serge Savard, chacun chaleureusement accueilli. «Tout est histoire dans ce club, estime Alex Kovalev. Et n'importe qui voudrait faire partie de ça.»

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