Baseball - Le spectre du dopage

Atlanta — Ken Caminiti et Jose Canseco viennent d'ouvrir toute grande la porte. En admettant publiquement avoir fait usage de stéroïdes anabolisants et en mentionnant qu'une grande partie des joueurs des ligues majeures en faisait autant, ils ont lancé le débat.

Dans la plupart des autres sports professionnels et dans les sports amateurs au plan international, les tests sont devenus obligatoires. Les scandales des derniers Jeux olympiques autant d'hiver que d'été, ceux entourant le cyclisme de haut niveau ont fait que les tests sont inévitables.

Dans le baseball, on fermera de nouveau les yeux en disant que l'Association des joueurs continuera de s'y opposer, qu'il faudra tout négocier. En fait, on ne fera rien pour régler le problème.

Pourtant, on en est rendu à un niveau épidémique dans le baseball. Certains diront que ce sont des joueurs qui ont déjà quitté le sport qui font ces déclarations, mais ceux qui y évoluent toujours n'ont souvent pas le choix de se taire.

On voit mal les Barry Bonds ou les Sammy Sosa se soumettre volontairement à des tests. Pourtant, Frank Robinson l'aurait fait volontiers. «Si J'étais un joueur maintenant, j'insisterais pour passer tous les tests. Metttez-moi à l'épreuve, je n'ai rien à cacher. Mais là, on ne le fera pas. On parle de l'invasion de la vie privée des joueurs.»

Dans toutes les équipes, y compris les Expos, on a vu au cours des dernières années des joueurs acquérir soudainement beaucoup de maturité physique. On a vu aussi plusieurs de ces joueurs tomber en lambeaux par la suite. On a beau renforcer les muscles, les tendons en prennent un sérieux coup.

Le baseball majeur devra le réaliser. Il coûte très cher d'investir des fortunes dans des joueurs qui soudainement se retrouvent sur la touche parce qu'ils ont tenté de «donner un p'tit coup de main à mère Nature».

«Je pense pourtant qu'il ne devrait pas être trop difficile de convaincre tout le monde, a dit Robinson. En instituant des tests, on agirait pour le bien des joueurs et pour le bien du baseball.»