Dopage - L'Agence française propose à Armstrong une nouvelle analyse de ses échantillons

Lance Armstrong a été soupçonné d’avoir utilisé de l’EPO lors de sa première victoire sur le Tour de France en 1999 à la suite d’une enquête du journal français L’Équipe.
Photo: Agence Reuters Lance Armstrong a été soupçonné d’avoir utilisé de l’EPO lors de sa première victoire sur le Tour de France en 1999 à la suite d’une enquête du journal français L’Équipe.

Paris — L'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a proposé hier à Lance Armstrong l'analyse de ses échantillons du Tour de France 1999 pour lui donner la chance de prouver «sa bonne foi».

«Dans un souci d'objectivité et de justice, et pour permettre au cycliste Lance Armstrong de couper court aux rumeurs le concernant si elles sont infondées, l'Agence française de lutte contre le dopage offre à l'intéressé la possibilité de lui demander l'analyse de ses six échantillons résiduels d'urine (échantillons B) prélevés durant le Tour de France 1999», a annoncé l'AFLD dans un communiqué.

Armstrong, âgé de 37 ans, a décidé de sortir de sa retraite pour tenter de gagner la Grande Boucle une huitième fois.

L'agence a précisé qu'en cas de résultats positifs, le cycliste américain ne pourrait pas être la cible d'une procédure disciplinaire, «compte tenu du délai de prescription de huit ans prévu par l'article 17 du code mondial antidopage».

Ces échantillons ont été conservés par le Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD), en application d'une décision de justice du 4 janvier 2006 rendue en référé par le tribunal de grande instance de Nanterre. Cette décision avait été prise dans le cadre d'une assignation par l'éditeur Times Newspaper limited, à la suite d'un article paru le 13 juin 2004 dans le magazine britannique Sunday Times concernant Armstrong. Le coureur avait alors ouvert une procédure en diffamation devant les tribunaux anglais.

«Les conditions de conservation de ces échantillons et leur volume permettent de réaliser une analyse de la présence éventuelle d'EPO recombinante sur au moins cinq étapes différentes du Tour de France 1999», a souligné l'AFLD.

Armstrong a été soupçonné d'avoir utilisé de l'EPO lors de sa première victoire sur le Tour en 1999 à la suite d'une enquête du journal L'Équipe publiée un mois après sa septième et dernière victoire dans la Grande Boucle en 2005. Le Texan survivant du cancer a toujours nié s'être dopé. Il avait déclaré être victime d'une «chasse aux sorcières» à la parution de l'enquête de L'Équipe.

Un expert néerlandais désigné par l'Union cycliste internationale (UCI) a blanchi Armstrong après les accusations du quotidien sportif français. Mais Dick Pound, qui présidait à l'époque l'Agence mondiale antidopage (AMA), a estimé que ses conclusions étaient lacunaires.

Le laboratoire français antidopage de Châtenay-Malabry (LNDD) avait procédé à une analyse d'échantillons contenant de l'EPO dont six ont été attribués à Armstrong par L'Équipe.

«L'AFLD n'est pas détentrice des procès-verbaux permettant d'établir le lien entre les échantillons anonymisés et l'intéressé, mais les originaux de ces procès-verbaux ont été remis, après la réalisation des prélèvements, au ministère de la Jeunesse et des Sports ainsi qu'à l'Union cycliste internationale et au sportif lui-même, a poursuivi l'AFLD. Ces documents ont également été publiés in extenso par le journal L'Équipe dans un article du 23 août 2005. Les analyses pourraient être réalisées dans un délai bref après l'accord du sportif, soit par le département des analyses de Châtenay-Malabry en présence d'un expert désigné par le sportif, soit dans un autre laboratoire antidopage accrédité par l'Agence mondiale antidopage.»

L'AFLD a proposé d'utiliser la méthode d'isofocalisation électrique avec immunopurification, «validée au plan international par l'AMA comme étant la méthode la plus précise, dans l'état de l'art scientifique, pour détecter la présence d'EPO recombinante dans l'urine».