Canoë-Kayak - Van Koeverden est défait et Hall cause la surprise

Le Québécois Thomas Hall jubilait après avoir mis la main 
sur le bronze.
Photo: Agence Reuters Le Québécois Thomas Hall jubilait après avoir mis la main sur le bronze.
Cinquième pendant la première moitié de l'épreuve, Hall a gagné un rang avant de se retrouver nez à nez avec Vadim Menkov, de l'Ouzbékistan, à 250 mètres de la fin. Il est allé jusqu'au bout de ses ressources afin de le doubler dans les derniers 100 mètres.

«Je savais avec 150 mètres à faire que j'irais chercher l'Ouzbek, a-t-il confié. J'étais exténué, je ne fonctionnais que sur l'adrénaline. C'était pas mal incroyable. Je n'allais pas ralentir. J'avais le sentiment de pouvoir pagayer pour le reste de la journée.

«Dès que j'ai franchi l'arrivée, j'ai réalisé que je n'avais plus rien dans le corps, a-t-il continué. J'étais tellement content, j'ai levé le bras, mais j'étais mort d'épuisement. C'est le plus grand effort que je n'ai jamais fourni. Je suis vraiment fier.»

L'athlète âgé de 26 ans a finalement devancé Menkov d'environ une demi-seconde, grâce à un temps de 3 min 53 s 653.

Le Hongrois Attila Sandor Vajda a remporté la médaille d'or en 3 min 50 s 647. L'Espagnol David Cal a enlevé l'argent grâce à un chrono de 3 min 52 s 751.

Tout un choc

Auparavant, la délégation canadienne a encaissé un choc en voyant son plus grand espoir de médaille d'or s'effondrer en finale du K-1 1000 mètres.

Deuxième à peu près jusqu'aux trois quarts de la course, l'Ontarien van Koeverden a reculé jusqu'au huitième rang. Dans le dernier quart de l'épreuve, il n'avançait tout simplement plus, comme s'il portait tout le poids du pays sur ses épaules. Ébranlé lui-même, van Koeverden ne pouvait expliquer ce qui s'était passé. Et il a présenté des excuses à la population canadienne.

C'est sûrement avec la rage au coeur que Van Koeverden va se présenter au départ de la course de 500 mètres, aujourd'hui. Il est le médaillé d'or olympique en titre de l'épreuve.

Dans deux autres finales présentées, vendredi, les jeunes Andrew Russell, de Dartmouth, en Nouvelle-Ecosse, et Gabriel Beauchesne-Sévigny, de Trois-Rivières, ont terminé sixièmes en C-2 1000 mètres. Le duo, qui avait comme objectif d'accéder à la finale, n'a été qu'à moins d'une seconde du podium.

Quant à l'inexpérimenté équipage de K-4 masculin, il a fini neuvième sur la distance de 1000 mètres à un peu moins de six secondes des champions Bélarusses.

Surréaliste

Hall, lui, avait peine à réaliser qu'il était médaillé olympique, près d'une heure à la suite de son succès, au moment où il partageait le moment heureux en compagnie de ses parents et de son frère.

«C'est un peu surréaliste, ne cessait-il de répéter. Je crains quelque peu la suite des choses, a-t-il ajouté à la blague, en évoquant le tourbillon médiatique dans lequel il venait d'être plongé. Je veux me reposer, c'est mon objectif. Je ne crois pas que je vais y parvenir au cours des 24 prochaines heures.»

Hall a dit être vidé physiquement et émotivement, au terme d'une saison qui s'est déroulée en montagnes russes pour lui. Sa qualification aux Jeux olympiques, il l'a acquise à la dure aux dépens de son coéquipier Mark Oldershaw.

«J'apprécie de me retrouver aux Jeux, mais j'avais hâte que la saison finisse. Je tournais en rond dans ma chambre d'hôtel cette semaine et je n'avais que le goût d'engouffrer un hamburger», a-t-il lancé.

«On se sent bien seul parfois. Mais quand je vais voir dans ma boîte de messages et qu'elle contient 200 courriels d'encouragements de gens de mon patelin que je ne connais pas, je me dis que je ne suis pas seul.

«J'avais espoir qu'il me restait une solide course dans le corps et je suis heureux de l'avoir livrée.»

Le grand rouquin a raconté avoir énormément appris sur lui et sur les stratégies de course au cours de la dernière année. Il a surtout appris à avoir davantage confiance en lui ainsi qu'en son entraîneur Michael Creamer et aux gens de son entourage.

«J'avais un problème de confiance, a-t-il avoué. J'ai trouvé mon propre mode de fonctionnement. Je sais maintenant que je prends de bonnes décisions et je suis plus sûr de moi. Mon entraîneur m'a beaucoup aidé en étant un excellent motivateur.»