Jacques Rogge n'a aucun regret

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Pékin — Malgré les délicates questions politiques, malgré la problématique de la liberté journalistique et en dépit de la pollution, le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, a indiqué samedi qu'il ne regrettait aucunement que les Jeux olympiques aient été attribués à la Chine. Il a aussi prédit que «la magie des Jeux» prendrait le dessus une fois les compétitions commencées.

Moins d'une semaine avant la tenue des cérémonies d'ouverture, M. Rogge a abordé plusieurs des questions qui ont fait des Jeux de Pékin parmi les plus controversés politiquement de l'histoire.

Le CIO a essuyé un tir nourri de critiques pour n'avoir pas réussi à faire en sorte que la Chine tienne parole au sujet de sa promesse d'améliorer son dossier relatif aux droits de la personne, qu'elle règle son problème endémique de smog et qu'elle permette un accès Internet libre aux médias.

Jacques Rogge a comparé la situation à celle précédant la présentation des Jeux d'Athènes il y a quatre ans, alors qu'on s'était demandé jusqu'à la dernière minute si les installations seraient prêtes à temps.

«C'est totalement différent cette fois, a-t-il soutenu lors d'une conférence de presse. Aujourd'hui, nous n'avons aucun souci quant à l'organisation. Aucun regret. Lorsque le 9 août arrivera, la magie des Jeux et l'organisation parfaite prendront le dessus.»

Déjà, M. Rogge a qualifié le village des athlètes de «meilleur de tous les temps». «Je n'ai jamais vu un village comme celui-ci», a expliqué celui qui a pris part aux compétitions de voile lors de trois Jeux et qui habite au village durant les compétitions.

Assailli de questions au sujet de la censure de certains sites Internet par la Chine, il a tenu à dire que le CIO avait toujours insisté pour assurer «l'accès le plus total possible», ajoutant qu'il était personnellement intervenu pour que les organisateurs abandonnent certaines restrictions cette semaine. «Je ne vais pas présenter d'excuses pour une situation dont le CIO n'est pas responsable, a ajouté Jacques Rogge. Ce n'est pas nous qui faisons fonctionner Internet en Chine. Ce sont les autorités chinoises qui le font.»

Le président du CIO a répété que les athlètes présents à Pékin bénéficieraient de la liberté d'expression et qu'on ne les empêcherait pas de critiquer la politique chinoise portant sur les droits de la personne, sur le Tibet ou sur le Darfour — et autres dossier — pour autant qu'ils le fassent à l'extérieur du village des athlètes et autres sites officiels.

Jacques Rogge a précisé qu'aucune manifestation politique ou religieuse ne serait permise au village. Ce dernier accueillera 10 000 athlètes provenant de 205 pays et territoires, ce qui constitue un record. «Permettre la propagande politique, c'est signer la fin de l'harmonie au village olympique et la fin de l'harmonie des Jeux», a-t-il encore expliqué.

M. Rogge a par ailleurs rejeté les suggestions voulant que plusieurs athlètes ratent la cérémonie d'ouverture de vendredi puisqu'ils resteront à l'extérieur de Pékin jusqu'à la dernière minute afin d'éviter de s'exposer à la pollution. Il estime qu'entre 7000 et 9000 athlètes prendront part à la cérémonie.