Football - Deux philosophies d'attaque opposées s'affronteront demain au stade Percival-Molson

Comme il n'y a aucune comparaison possible entre des volatiles et des fauves, il semble exister une aussi grande différence dans le style de jeu que préconisent les Alouettes de Montréal et les Tiger-Cats de Hamilton depuis le début de la saison.

Les amateurs présents au stade Percival-Molson, demain soir, verront à l'oeuvre deux équipes aux philosophies complètement différentes, du moins lorsqu'il est question de l'attaque.

Alors que les Alouettes (2-3) aiment donner des ailes au ballon, les Tiger-Cats (1-4) privilégient leurs membres inférieurs pour renverser les défenses rivales. Et chacune des deux formations peut se targuer d'afficher d'intéressants résultats, malgré des fiches perdantes.

S'il existe encore des gens qui le disent incapable de compléter les jeux importants dans les moments cruciaux, un fait demeure: Anthony Calvillo connaît un remarquable début de saison.

Après les cinq premières semaines d'activités dans la Ligue canadienne de football, aucun quart n'a lancé le ballon plus souvent que le meneur de jeu des Alouettes (195). De plus, Calvillo partage le premier échelon avec Henry Burris, des Stampeders de Calgary, pour le nombre de passes complétées, avec 130.

Enfin, le quart de 35 ans occupe le premier rang du circuit au chapitre des gains par la passe (1653 verges) et des passes de touché (14), tout en étant victime de seulement quatre interceptions.

Invité à élaborer sur ce début de saison, Calvillo a d'abord rendu hommage au personnel d'entraîneurs. «Tout commence avec Marc Trestman et les coordonnateurs à l'attaque, a noté Calvillo. Marc et ses adjoints ont amené de nouvelles idées. Et à chaque semaine, ils nous arrivent avec de nouveaux jeux, différents de ceux utilisés la semaine précédente. De cette façon, les autres équipes ont beaucoup plus de difficultés à étudier nos plans de match.»

Jusqu'à maintenant cette saison, le cerveau de Trestman et le bras de Calvillo ont permis aux Alouettes d'amasser 1661 verges par la passe, 21 de moins que les Lions de la Colombie-Britannique, les meneurs à ce chapitre. Ils ont également obtenu 79 premiers jeux par la voie des airs, un de moins que les Stampeders de Calgary.

L'un des points forts de l'attaque aérienne des Alouettes réside dans sa diversité. Des 25 joueurs dans la ligue ayant accumulé au moins 200 verges de gains par la passe en 2008, cinq évoluent avec les Alouettes. Aucune autre formation du circuit n'en compte autant.

«La présence de Avon Cobourne dans le champ arrière apporte beaucoup à la qualité de notre jeu de passes, soutient Calvillo. Avec sa rapidité, il détient un avantage marqué lorsqu'il est confronté à un secondeur. Mais c'est un fait que nous avons beaucoup de joueurs de qualité à l'attaque et tant que je serai capable de bien lire les défensives adverses, les Cahoon, Watkins et compagnie seront capables de se détacher de leurs couvreurs.»

Une bougie sur deux jambes

Pendant que Anthony Calvillo est le chef d'orchestre de l'offensive montréalaise, Jesse Lumsden représente le moteur de l'attaque des Tiger-Cats. Et possiblement l'unique bougie d'allumage d'une formation qui ne compte encore aucun touché par la voie des airs en 2008.

Lumsden, qui fêtera son 26e anniversaire de naissance dimanche, se classe deuxième dans la LCF avec des gains de 416 verges, 77 de moins que Wes Cates, des Roughriders de la Saskatchewan, qui a toutefois joué un match de plus que le demi canadien.

Lumsden peut cependant se targuer de posséder la meilleure moyenne de verges par course (7,2) et sa performance de 189 verges au sol le 3 juillet contre les Argonauts de Toronto est encore inégalée dans la Ligue canadienne cette saison.

Grâce à Lumsden, les Tiger-Cats se présenteront au stade Percival-Molson avec la meilleure attaque terrestre de la ligue, en vertu d'une récolte de 844 verges, alors qu'aucune autre équipe du circuit n'a accumulé 700 verges au sol.

Or, demain soir à Montréal, Lumsden aura l'occasion d'améliorer ses statistiques face à l'unité défensive ayant concédé le plus de verges par la course (6,6) dans la ligue. Paradoxalement, les Alouettes ont très bien fait face à Lumsden lors du match inaugural, au stade Ivor-Wynne, le limitant à 36 verges en neuf courses.

«Pour avoir du succès contre Lumsden, estime Tim Burke, le coordonnateur défensif des Alouettes, il faut réussir à le garder entre les bloqueurs. Il est important de concentrer le plus de joueurs à proximité de la ligne de mêlée sans sacrifier la protection contre la passe. S'il parvient à se dégager, Lumsden peut devenir très dangereux car il est très rapide. Et on a tendance à oublier qu'il est un excellent receveur de passes. Il possède de très bonnes mains.»

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