Grand Prix de Formule 1 de Monaco - Coulthard maître chez lui

Monaco — Michael Schumacher (Ferrari) n'a rien pu faire contre David Coulthard (McLaren-Mercedes) au Grand Prix de Monaco, septième épreuve du Championnat du monde de Formule 1, hier sur le circuit tracé dans les rues de la Principauté.

Le Britannique est parvenu à résister à la pression du quadruple champion du monde dans les ultimes boucles pour remporter sa seconde victoire à Monaco, la douzième de sa carrière, la première cette saison.


Pour avoir réussi un départ parfait, passé Juan Pablo Montoya (Williams-BMW), l'auteur de la pole la veille, et abordé en tête le virage de Sainte-Dévote, Coulthard s'était placé dans des conditions idéales. Encore fallait-il que l'Écossais adopte la bonne stratégie, garde un rythme soutenu. Et ne commette pas cette faute si facile à faire sur le tourniquet bosselé de la Principauté. Une gageure parfaitement réussie.


Le Britannique devait aussi compter sur une mécanique irréprochable. Il y eut bien quelques petites volutes de fumée s'échappant de l'arrière de la McLaren de temps à autres. Sans que cela n'affecte la compétitivité de la voiture, sa fiabilité.





Dépassement impossible


Coulthard ne devait pas quitter la tête de la course tout au long des 78 tours. Même après son ravitaillement tardif (51e), sept tours après Michael Schumacher, juste après Ralf (Williams-BMW). Montoya, lui, avait vu ses espoirs s'envoler dans un nuage de fumée, le moteur de la Williams trahissant le Colombien (47e) alors que ce dernier se trouvait en deuxième position.


En ressortant des stands en tête, le Britannique avait course gagnée. Michael Schumacher le savait. À Monaco, tout dépassement est impossible. Maintenant la pression sur son rival, l'Allemand ne pouvait compter que sur une erreur. Coulthard n'en fit pas. Ralf Schumacher, lui, avait abdiqué depuis longtemps, se contentant de la troisième place, loin derrière les deux hommes de tête.


Le Britannique avait gagné son duel face au quadruple champion du monde. Comme Jarno Trulli (Renault) face à Giancarlo Fisichella (Jordan-Honda) pour la 4e place, ou Heinz-Harald Frentzen (Arrows) face à Rubens Barrichello (Ferrari) pour la 6e, le dernier point de consolation. Même si la 4e place de Trulli restait sujette à confirmation après que les commissaires eurent noté l'absence de scellés sur le boîtier électronique de la Renault, une décision devant intervenir demain.


Sans doute le Brésilien, le vainqueur moral de l'Autriche, aurait pu espérer mieux. Pourquoi pas un podium, une 3e place. Mais deux pénalités avaient ruiné ses illusions. La première pour avoir tenté une manoeuvre «suicide» de dépassement sur Kimi Raikkonen au freinage de la chicane après le tunnel, Barrichello heurtant l'arrière de la McLaren, la contraignant à l'abandon.





Trente-trois points d'avance


Non seulement, le Brésilien devait passer au stand pour changer de museau sur sa Ferrari. Mais, un excès de vitesse dans la zone des stands, limitée à 60 km/h, lors de sa première pénalité coûtait un second passage par les stands à Barrichello.


Jacques Villeneuve (BAR-Honda) a été quant à lui contraint à l'abandon au 46e tour.


Résident monégasque, propriétaire d'un hôtel dans la Principauté, le «Colombus», David Coulthard venait, chez lui, de mettre un terme au cavalier seul de Ferrari, aux victoires à répétition de Michael Schumacher ces dernières semaines. De redonner des couleurs à Mercedes dont le début de saison avait été bien pâle, décevant même. «C'est bon pour nous tous. Cela rend la compétition un peu plus intéressante», disait le Britannique.


Sur le podium, après avoir reçu le trophée du vainqueur des mains du Prince Rainier, Coulthard était radieux. Michael Schumacher, lui, ne semblait pas trop affecté de n'avoir pas pu égaler le record de six victoires en Principauté du Brésilien Ayrton Senna pour son centième Grand Prix chez Ferrari.


Alors que résonnait le God save the Queen, l'Allemand donnait une tape amicale dans le dos de son rival. Michael Schumacher n'avait pas tout perdu. Il venait en effet de porter son avance sur Montoya au Championnat à trente-trois points.