Roland-Garros - Trios majeurs pour un Grand Chelem

Paris — Deux trios majeurs tenteront de s'emparer des titres du deuxième tournoi du Grand Chelem de tennis de la saison, à partir d'aujourd'hui, à Roland-Garros.

Compte tenu des innombrables blessures des uns et des autres et des variations de la forme des principaux postulants, se détachent en effet, pour le simple messieurs, les Espagnols Juan Carlos Ferrero et Carlos Moya en compagnie du Russe Marat Safin. Et, dans le tableau du simple dames, les Américaines Jennifer Capriati et Serena Williams, escortée par la Belge Justine Henin.


En d'autres circonstances, le Brésilien Gustavo Kuerten aurait pu prétendre rejoindre le Suédois Bjorn Borg, qui est le seul joueur ayant remporté trois fois de suite les Internationaux de France depuis 1925. Et même quatre fois, de 1978 à 1981. Mais, opéré d'une hanche le 26 février, «Guga» est encore un champion au bout d'une convalescence miraculeuse.


Pour Ferrero, auquel il a barré les portes de la finale lors des deux dernières éditions, la voie serait donc d'autant plus libre que les deux hommes se trouvent dans deux moitiés de tableau différentes. Comme Kuerten en 2001, l'Espagnol vient de gagner magistralement le tournoi de Monte Carlo, ce qui est bon signe. Ce qui l'est moins, c'est que le troisième quart de tableau où l'a placé le tirage au sort est proprement infernal.





Safin au maximum de sa puissance


Y figurent notamment l'Argentin Gaston Gaudio, vainqueurs des tournois de Barcelone et de Majorque, le grand espoir catalan Tommy Robredo, encore trop tendre pour prétendre à la victoire finale, le Suisse Roger Federer, impérial à Hambourg mais inexpérimenté au plus haut niveau des tournois du Grand Chelem et parfois inconstant, et enfin l'Américain Andre Agassi, qui a tout balayé sur son passage à Rome.


Mais à 32 ans, celui-ci, vainqueur à Paris en 1999, connaît de déroutantes chutes de tension. Et, depuis le début de l'ère «open», en 1968, trois trentenaires seulement se sont imposés sur la terre battue de la porte d'Auteuil. Reste que celui qui sortira vainqueur de ce quart aura franchi, qui sait dans quel état, une étape importante.


Il trouvera alors très probablement sur son chemin un Safin que Roland-Garros inspire particulièrement et qui a allégé son programme pour s'y présenter au maximum de sa puissance. Cette force de la nature aura sans doute eu la partie assez facile jusque-là, ce qui n'est pas négligeable dans l'épreuve d'usure imposée par le tournoi.


Lors des neuf dernières finales, les Espagnols ont occupé sept places de finalistes. Et il n'est pas impossible qu'on en retrouve deux en finale cette fois-ci, comme en 1998. Car, dans la moitié haute du tableau, Moya se présentera en huitièmes de finale en ayant pris récemment deux fois l'ascendant, à Rome et à Monte Carlo, sur l'Australien Lleyton Hewitt. On voit mal ensuite qui pourrait l'arrêter.





Dix sur onze


Depuis trois ans, les Américaines ont gagné tous les titres des tournois du Grand Chelem, à l'exception de Roland-Garros, en 2000. Soit dix sur onze. La Franco-américaine Mary Pierce étant loin de la forme qui lui permit cette exception et la Suissesse Martina Hingis ayant déclaré forfait, il n'y a aucune raison pour que cela s'arrête, même en l'absence de Lindsay Davenport, opérée au pied droit le 11 janvier.


Des soeurs Williams, qui n'ont jamais dépassé les quarts de finale à Roland-Garros, Serena est apparemment celle qui se trouve dans les meilleures dispositions. Elle a cependant été battue par Henin en finale à Berlin avant de prendre sa revanche à Rome. Plus que l'autre Belge, Kim Clijsters, handicapée par une sérieuse blessure à l'épaule qui avait déjà compromis sa participation à la Fed Cup fin avril, Capriati, tenante du titre, a les moyens de les mettre d'accord. À condition de ne pas lambiner, à son habitude, au début de ses matchs.