Impact 0, Whitecaps 0 - Une nulle sous le déluge pour l'inauguration du stade Saputo

Le numéro 7 des Whitecaps, Martin Nash, tentait d’enlever le ballon à Sita-Taty Matondo, de l’Impact de Montréal.
Photo: Annik MH de Carufel Le numéro 7 des Whitecaps, Martin Nash, tentait d’enlever le ballon à Sita-Taty Matondo, de l’Impact de Montréal.

Pendant que des esprits inventifs songent à «investir» des centaines de millions de dollars dans l'aménagement d'un énième toit pour le Stade olympique, c'est plutôt son nouveau petit voisin qui aurait eu besoin, hier, d'un plafond.

Un déluge, le terme n'est pas exagéré, s'est abattu en milieu d'après-midi sur Montréal en général et sur le stade Saputo en particulier, une occurrence climatique d'autant plus fâcheuse que, après plusieurs journées radieuses, elle survenait au moment même où l'Impact, l'équipe de soccer professionnelle, pendait sa crémaillère avec pour invités de vieilles connaissances, les Whitecaps de Vancouver. Avec aussi 13 000 spectateurs attendus, tous les billets ayant été vendus pour ce match inaugural, mais les conditions — en plus, il faisait dans le plutôt frisquet — en ont découragé un nombre suffisant pour transformer le tout en salle comble virtuelle, les gradins demeurant à moitié dégarnis. On ne peut guère les blâmer, les cieux étaient vraiment dégoulinants.

Et quand une accalmie, voire une espèce de genre de style d'apparence de rayon de soleil, est presque survenue vers la deuxième moitié de la deuxième demie, il ne restait que quelques centaines de mordus pour voir l'Impact connaître ses plus belles séquences.

En fait, on pourrait dire que la rencontre fut moins un test du calibre de jeu des deux équipes que de la qualité de la pelouse toute neuve, et largement encensée par les joueurs, sur laquelle l'Impact disputera ses matchs locaux. Et celle-ci a, semble-t-il, tenu le coup.

Le score final? Y en a pas. 0-0, la poule aux oeufs d'or. C'était d'ailleurs le troisième match consécutif de l'Impact où le club n'arrivait pas à marquer.

«C'est dommage. On voulait tellement la victoire pour le public. Mais il faut être patient. On a joué contre une très bonne équipe», a commenté, au terme de la rencontre, l'entraîneur-chef montréalais Nick De Santis. Il faut noter qu'en effet les Whitecaps sont passés maîtres du verrou défensif, n'ayant maintenant concédé qu'un seul but en cinq rencontres. «C'est frustrant. Mais on a eu de bonnes occasions de compter», a ajouté De Santis.

Réfrénée par la forte pluie, la première demie a donné lieu à du jeu relativement partagé. Il est à signaler que l'honneur d'avoir effectué le premier tir cadré de l'histoire du stade Saputo a échu à Martin Nash, le milieu de terrain des Whitecaps qui est un ancien de l'Impact et qui s'adonne aussi, même si ça n'a rien à voir, à être le frère cadet de Steve Nash, la grande vedette de basketball. Nash a d'ailleurs été le plus menaçant de son équipe pendant la période puisque, après cette frappe bloquée à la 16e minute par Matt Jordan, il en a dirigé une autre 23 minutes plus tard que Jordan a cette fois boxée et déviée sur le poteau.

Les meilleures chances de l'Impact sont venues de Joey Gjertsen, proclamé par ailleurs joueur par excellence de la rencontre, dont le coup franc a dû de ne pouvoir être repris de la tête à l'embouchure par Simon Gatti qu'à une surveillance défensive étroite.

C'est surtout vers la fin de la deuxième demie que l'Impact a pu véritablement ouvrir la machine, et si cela n'a pas donné de résultats concrets, les amateurs en ont été quittes pour quelques spectaculaires sorties. Alors que le climat se faisait moins capricieux, «on a percé plusieurs fois leur défense, et c'est très encourageant», dit le milieu de terrain des locaux, Patrick Leduc. «On les a mis sur les talons», a commenté Nick De Santis.

À la 71e minute, Gjertsen s'est présenté seul avec le ballon face au gardien du Vancouver, Srdjan Djekanovic, mais il a tiré hors cadre. Dwight Barnett (73e), Leduc (76e), Antonio Ribeiro (84e) et Luis Aguilar sur un coup franc ont aussi obtenu des chances de loin. De l'autre côté, le gardien Matt Jordan a tenu le fort tout en étant peu occupé.

Beaucoup croyaient que ça y était lorsque Ribeiro s'est faufilé dans la zone de réparation, où on l'a fait trébucher. L'arbitre a dès lors signalé un tir de pénalité, mais son collègue juge de touche a plutôt signifié que Ribeiro était hors-jeu. Le score vierge tenait ainsi de bout en bout, et chacun s'en est retourné à la maison avec le proverbial sentiment d'inachevé que procure le verdict nul, surtout 0-0.

Et comme le sort a de ces ironies, aussitôt le match terminé, le soleil s'est mis à briller sur le stade Saputo. Mais il était un peu trop tard.

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Le commissaire de Major League Soccer, Don Garber, était présent au match hier et il y a rencontré les journalistes pour une petite séance de mise à jour. On sait que la famille Saputo et le groupe de George Gillett, aussi propriétaire du Canadien de Montréal, ont constitué un partenariat et cherchent à obtenir une franchise de MLS, le principal circuit de soccer en Amérique du Nord.

Garber a indiqué qu'une décision serait prise au cours des prochains mois quant à une expansion de sa ligue. «Nous voulons passer à 18 clubs dans les prochaines années, mais nous ne voulons pas précipiter les choses», a-t-il dit. Major League Soccer compte actuellement 14 équipes, dont une seule située au Canada, le Toronto FC, et passera à 16 après l'ajout de Seattle l'an prochain et de Philadelphie en 2010. L'expérience canadienne, a dit le commissaire, s'est jusqu'à maintenant révélée être concluante.

Montréal aurait «de très bonnes chances» de se retrouver dans MLS, a-t-il ajouté, mais il n'a pas voulu trop s'avancer. L'une des conditions de l'entrée de l'Impact dans la grande ligue serait l'agrandissement du stade Saputo, qui devrait contenir quelque 20 000 sièges. Major League Soccer porte une grande attention à la qualité des propriétaires de ses franchises, et en ce sens Saputo-Gillett seraient fort bien vus. Histoire à suivre.