La Formule 1 à Monaco - Un Grand Prix qui ne laisse personne indifférent

Monte Carlo — Le pilote Ralf Schumacher (Williams-BMW) ne mâche pas ses mots. Pour lui, conduire sa monoplace dans les rues de Monte Carlo revient à piloter un hélicoptère dans une chambre.

Le Grand Prix de Formule 1 de Monaco est la course qui divise le plus les pilotes. Son circuit tracé en ville — le plus lent, le plus technique et le plus glamour du monde de la F1 — agace certains coureurs, qui le trouvent obsolète. «Monaco n'est plus une course à la mode, mais elle se réfère peut-être à l'esprit d'une époque différente, estime Ralf Schumacher. L'atmosphère est impressionnante, même si je n'aime pas particulièrement courir ici.»


D'autres pilotes, au contraire, se sentent parfaitement à l'aise en Principauté, charmés par les jolies filles, les soirées et les paillettes. Parmi eux, Eddie Irvine, inattendu troisième l'an passé au volant de sa Jaguar derrière les Ferrari. «Monaco est fantastique. Aussi bien sur la piste que dans les coulisses», explique-t-il.


«Je viens à Monaco sans rien attendre, confesse son coéquipier Pedro de la Rosa. J'ai de mauvais souvenirs ici à cause de mes quatre accidents consécutifs. Ma priorité, c'est de finir la course la plus imprévisible de la saison.»





Primordiales


Tout le monde s'accorde à dire que les qualifications d'aujourd'hui seront primordiales.


Les essais libres de jeudi n'ont pas réellement révélé les forces en présence, et les meilleurs pilotes de cette première séance ne seront probablement pas aux premières loges aujourd'hui.


Mais même si Michael Schumacher, qui visera une sixième victoire à Monaco, et son coéquipier chez Ferrari Rubens Barrichello enlèvent les deux premières places sur la grille, la course demeurera imprévisible.


Irvine a en effet souligné que les dépassements étaient très difficiles à Monaco, mais qu'ils n'avaient pas arrêté Barrichello en 1999. Au volant d'une Stewart-Ford cette année-là, il avait terminé 2e après s'être qualifié 10e.


Grand Prix mythique, Monaco est probablement la course la plus convoitée par les écuries et les pilotes. Williams ne l'a plus gagnée depuis 1983 et la victoire de Keke Rosberg. «C'est une course que j'aimerais que l'on gagne, même ci ce n'est pas une classique au sens strict du terme», explique Patrick Head, le directeur technique de Williams, qui aime aussi Monaco pour ses distractions. «Je n'adore pas vraiment Gucci et le champagne, mais j'aime les bateaux et un peu de tape-à-l'oeil. Et il y a de jolies filles. Je dois dire que j'aime qu'un Grand Prix soit différent.»