Pat Quinn servira-t-il d’inspiration aux Leafs?

Toronto — Les problèmes de santé de l’entraîneur Pat Quinn ont pris des proportions énormes à Toronto, à l’image du personnage.

La série qui oppose les Maple Leafs aux Hurricanes de la Caroline est presque devenue secondaire tellement l’état de santé de Quinn préoccupe tous les membres de l’organisation. Pourtant, une victoire des Hurricanes lors du quatrième match, ce soir au Air Canada Center, pourrait leur donner un avantage presque insurmontable. Les Canes ont remporté les deux derniers matchs en prolongation, et un gain ce soir leur assurerait une priorité de 3-1 dans la finale de l’Association de l’Est.

Un mystère
Les Leafs se font très discrets sur l’état de santé de Quinn. Celui-ci a été hospitalisé mardi après-midi, souffrant de douleurs à la poitrine. Lors de son point de presse, son adjoint Rick Ley, qui devrait encore une fois le remplacer derrière le banc, n’avait rien de nouveau à annoncer.
«Nous savons qu’il a passé une bonne nuit à l’hôpital et nous espérons qu’il va se rétablir le plus rapidement possible.»
En fin d’après-midi hier, l’équipe a émis un communiqué dans lequel on précise que Quinn souffre d’arythmie cardiaque.
Lors d’une conférence de presse, le président des Maple Leafs, Ken Dryden, a indiqué que Quinn ne serait fort probablement pas à son poste lors des quatrième et cinquième rencontres de la série.
Dans les circonstances, Ley s’attend à diriger les Leafs lors du quatrième match. «Je vais me préparer dans ce but même si j’espère qu’il y aura de plus gros souliers derrière le banc», a-t-il imagé.
Ley ne manque pas d’expérience. Il a été entraîneur dans plus de 1000 matchs de la Ligue nationale. Ses nouvelles responsabilités ne l’empêcheront pas de dormir. Il se dit par contre inquiet pour son ami.
«Mon ami, mon patron, notre entraîneur ne va pas bien. Pour moi, c’est ce qui est difficile. Toutes nos pensées l’accompagnent. Je sais que les joueurs sont préoccupés par son état de santé. Je crois qu’on a pu s’en rendre compte mardi soir.»

Une année chargée
Ley a rappelé que Pat Quinn a eu une année passablement chargée. Il est le seul à cumuler les fonctions d’entraîneur et de directeur général. Il a participé au match des étoiles en plus de diriger l’équipe canadienne aux Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City.
«La pression était très forte aux Jeux, a-t-il dit. Pat n’avait pas droit à l’échec. Il devait gagner. Je me souviens que les médias ont été très durs envers l’équipe après une défaite lors du tournoi. Je sais qu’il aurait été personnellement blâmé si le Canada n’avait pas remporté la médaille d’or. Pat subit une forte pression depuis le camp d’entraînement. Dernièrement, il n’arrivait pas à trouver le sommeil. C’est ce qui nous inquiétait.»

Un entraîneur, un ami
Tie Domi, l’homme fort des Maple Leafs, a bien résumé le sentiment de ses coéquipiers, mettant en lumière la relation qu’il entretient lui-même avec son entraîneur.
«Lorsque j’ai eu des problèmes personnels, il était là, a-t-il dit. Il m’a soutenu comme l’aurait fait un ami. Dans la vie, il y a toujours des personnes qui vous aident à passer à travers des difficultés. Une de ces personnes a été Pat Quinn. Jeudi soir [ce soir], nous allons nous regrouper pour lui. Cette équipe a été bâtie à son image. Elle a du caractère. Pat Quinn est un battant, un vrai guerrier, en plus d’être un gentilhomme.»