Le Canadien - Un salaire difficilement attrayant

Euless, Texas — Mariusz Czerkawski, qui a ouvertement demandé à être échangé, est loin d'être un idiot et sait très bien que ses statistiques et son salaire n'ont rien de bien attrayants.

Il a deux buts et sept passes à sa fiche, aucun point à ses six derniers matchs et gagne 2,6 millions $US cette saison, avec un salaire garanti de 2,850 millions pour la saison prochaine.

André Savard a d'ailleurs avoué que son téléphone ne sonnait pas souvent et un directeur général ne va jamais conclure un échange simplement pour faire plaisir à un joueur.

Czerkawski est bien conscient de tout ça mais, en même temps, il veut jouer. Encore hier, à l'entraînement du Canadien en banlieue de Dallas, il patinait en compagnie de Chad Kilger et Sylvain Blouin, ce qui laissait entendre qu'il serait laissé de côté pour une sixième fois cette saison, aujourd'hui contre les Stars.

«Ce n'est rien contre la ville ou le groupe de joueurs, a tenu à préciser Czerkawski après avoir quitté la patinoire. J'aimerais que la situation puisse changer, mais je suis conscient qu'ils ont peut-être trop de joueurs offensifs et s'il n'y a plus de place pour moi, le temps est venu de passer à autre chose.»

Bonne volonté

Il regrette d'autant plus d'en être arrivé là qu'il s'était présenté à Montréal impressionné, comme plusieurs joueurs venus du vieux continent, et plein de bonne volonté.

«Je n'aurais jamais cru aboutir dans une équipe qui a tant d'histoire et une ville où on connaît autant le hockey. Et j'en suis très heureux», disait-il après avoir été obtenu en retour d'Arron Asham en juin dernier.

Encore après son premier entraînement au Centre Bell, il déclarait: «Montréal, c'est la Mecque du hockey. J'ai l'impression de me retrouver dans une grande équipe de football. C'est formidable.»

«Et c'est vrai, j'étais vraiment emballé, disait-il encore hier, ce qui ajoute à sa déception. C'est vraiment malheureux que les choses aient si mal tourné. Mais c'est important de se sentir désiré.»

Czerkawski s'attendait à ce que son agent Neil Abbott, qui a déjà envoyé un fax pour demander un échange, s'entretienne avec Savard au cours de la journée. Lui-même, a-t-il dit, n'a jamais discuté la chose ni avec le directeur général ni avec son entraîneur Michel Therrien.

«Je réalise que le marché est difficile, a-t-il reconnu, et je répète que ce n'est pas parce que je ne veux plus jouer ici. C'est que je cherche une solution et peut-être qu'il va y avoir une place pour moi. Mais c'est hors de mon contrôle. C'est au directeur général d'y voir et peut-être trouver une solution qui va m'aider aussi bien que l'équipe.»

Avec neuf points en 19 matchs, dont plusieurs passés dans un quatrième trio ou à l'aile gauche où il n'est pas à l'aise, et très peu utilisé en avantage numérique, Czerkawski a trois points de plus que Donald Audette et des statistiques vraiment surpassées par seulement trois de ses coéquipiers attaquants, soit Saku Koivu, Yanic Perreault et Richard Zednik.

Ce n'est pas un mystère, a-t-il redit, le temps de jeu y est pour beaucoup dans les succès d'un joueur offensif.

Mais il ne semble pas un favori de Therrien, qui compte sur beaucoup d'attaquants semblables, on ne le dira jamais assez. C'est un fait aussi qu'engagé essentiellement pour ses talents offensifs, il n'en a pas donné pour son argent jusqu'ici, et c'est justement ce qui risque de rendre difficile à échanger ce joueur plutôt unidimensionnel.