Terrorisme et crise - Le président du CIO en appelle à la prudence

Mexico - Le président du Comité international olympique (CIO), le Belge Jacques Rogge, a lancé hier à Mexico un appel à la sagesse et à la prudence et réitéré la nécessité de réduire «le coût et la taille des Jeux», à la fois pour des raisons de sécurité et d'économie.

«Le terrorisme international fait planer un risque certain. Les conflits armés et une crise économique prolongée peuvent également avoir un effet négatif sur la tenue et la qualité des Jeux», a-t-il souligné à l'ouverture des travaux de la 114e session plénière de l'institution réunie pour deux jours dans la capitale mexicaine.

Cela «plaide pour une attitude prudente», pour «des Jeux moins chers, moins complexes, moins grands», a-t-il indiqué.

M. Rogge a annoncé que les mesures d'austérité déjà prises ou à venir dans la gestion des revenus des Jeux olympiques, seules sources de financement du CIO, avaient permis d'établir pour 2003 un budget en croissance zéro et de porter à environ 140 millions $US, soit 27 de plus qu'en 2002, le niveau des réserves gérées par la Fondation olympique.

M. Rogge a toutefois souligné qu'il en faudrait encore 52 millions pour que le CIO puisse, le cas échéant, couvrir ses frais de fonctionnement en cas d'annulation d'une édition des Jeux.

«L'établissement de cette réserve financière permettrait au CIO de tenir le choc face à des Jeux non ou mal organisés, mais ne nous permettrait pas de rétribuer nos partenaires, les comités nationaux olympiques et les fédérations internationales», a-t-il toutefois précisé.

Héritage

«Après une croissance ininterrompue de 20 ans, le CIO doit consolider l'héritage qui lui a été transmis, a-t-il expliqué. C'est dans ce but que doit être vue la volonté de réduire la taille, la complexité et le coût des Jeux.»

M. Rogge a affirmé que les finances du CIO étaient saines et que l'avenir était assuré au moins jusqu'aux JO 2008 à Pékin, huit des dix parraineurs du CIO ayant déjà reconduit leur contrat et les droits TV étant déjà commercialisés jusqu'à cette date.

Il a néanmoins confirmé que la renégociation de ces droits TV ainsi que des droits Internet pour la période commençant avec les JO d'hiver 2010 serait entamée à partir de 2003 et devrait tenir compte à la fois des évolutions du marché de l'information, de la technologie et des législations, notamment sur les règles de la concurrence.

Enfin, M. Rogge a lancé un pressant appel aux gouvernements membres de l'Agence mondiale antidopage (AMA) pour qu'ils assument, à l'égal du CIO, leurs responsabilités quant au financement de cette institution. «Trop de gouvernements n'ont pas encore payé leur dû», a-t-il déploré.

Il a mis en évidence le travail déjà réalisé par l'AMA, notamment la mise en forme d'un projet de Code mondial antidopage censé harmoniser à l'échelle planétaire les règles de la lutte antidopage et les sanctions applicables aux contrevenants dans tous les pays et dans tous les sports. Ce code doit être présenté pour approbation à une conférence internationale qui se réunira à Copenhague en mars prochain.