Le Canadien - Bob Gainey entend parler à Alex Kovalev «dans le blanc des yeux»

Bob Gainey entend s'occuper personnellement du dossier «Alex Kovalev». Le directeur général, qui a fait le point sur la saison hier au Centre Bell, souhaite que son joueur-vedette harmonise davantage son jeu à celui de l'équipe.

«Les joueurs sont humains, ils ont de bonnes comme de mauvaises saisons, a rappelé Gainey sur un ton conciliant. Kovalev n'est pas une mauvaise personne. Il n'est pas content des résultats de l'équipe. C'est aussi un bon joueur fort spectaculaire. Sauf qu'il doit travailler plus fort. Il peut être très productif s'il met ensemble talent et travail. C'est ce qu'il faut lui expliquer.»

Puis pressé de questions, Gainey a ajouté: «Nous avons du temps devant nous pour faire ce travail. Il faut lui parler. Je vais parler avec lui», a-t-il lancé.

Gainey a aussi dû répondre à des questions concernant Saku Koivu. Le capitaine a déclaré lundi qu'il ne veut pas faire partie d'un programme de reconstruction.

«Il sera avec nous la saison prochaine, du moins je l'espère, a dit Gainey. Koivu est un champion sans championnat. Mais il mange, il s'entraîne en champion. Un jour, il va gagner un championnat. Il a aussi exercé un grand leadership auprès des jeunes. Quant à l'équipe, elle n'est pas en reconstruction. Cette étape a été réalisée il y a quelques années.»

Un déséquilibre

Gainey a fait un bref retour sur la saison. Il a expliqué pourquoi il n'a pas transigé à la date limite des échanges. «Il nous a manqué un certain équilibre durant la saison, a-t-il dit. Nous étions solides dans certains aspects et plus faibles dans d'autres. Mais nous n'avions pas cet équilibre même lorsque nous gagnions.

«En janvier par exemple, nos gardiens — Cristobal Huet et David Aebischer — affichaient le meilleur taux d'arrêts de la ligue. En même temps, nous étions l'équipe qui concédait le plus de lancers. Ça ne pouvait continuer.

«Un autre exemple me vient à l'esprit, a-t-il poursuivi. Nous occupions le premier rang en infériorité numérique mais nous étions l'une des formations les plus punies de la ligue. Ça ne pouvait durer.

«Pour gagner, nous devions mieux jouer et retrouver un meilleur équilibre. C'est pourquoi je n'ai pas transigé en février. Je ne voulais pas aller chercher un joueur comme Ryan Smyth ou Keith Tkachuk et le plonger dans une situation difficile. Je ne suis pas certain que ce joueur aurait pu nous aider. Je pensais plutôt que la solution devait venir de l'intérieur.

«Nous avons corrigé la situation et, en mars, nous sommes venus près d'assurer notre place en séries.»

Qu'a-t-il pensé des deux derniers matchs à New York et Toronto? «Je crois que nous avons perdu ces matchs, surtout celui à New York, non pas à cause de ce que nous n'avons pas fait, mais en raison de la qualité de l'adversaire. Quant aux Leafs, ils n'abandonnent jamais», a résumé Gainey.

Par ailleurs, le gardien Jaroslav Halak va représenter la République tchèque au Championnat du monde à Moscou. Son départ pour la Russie permettra à Yann Danis et à Carey Price de jouer à Hamilton.

Garder Souray et Markov

Bob Gainey entend garder les défenseurs Sheldon Souray et Andreï Markov à Montréal. C'est le pari que le directeur général va essayer de tenir au cours des prochaines semaines. Souray et Markov deviendront joueurs autonomes sans compensation le 1er juillet, en même temps que le gardien David Aebischer, le défenseur Janne Niinimaa et les attaquants Radek Bonk, Mike Johnson et Aaron Downey.

«Nous souhaitons le retour de Souray et Markov. Nous allons mettre tout en oeuvre pour les garder dans notre organisation», a déclaré le directeur général du Canadien.

Gainey a par contre laissé entendre qu'Aebischer, Niinimaa, Bonk, Johnson et Downey ne seront pas de retour. «Nous avons plusieurs jeunes dans l'organisation, autant à Montréal qu'à Hamilton. Nous ne voulons pas freiner leur développement.»

Son avenir

Gainey a parlé brièvement de son avenir à Montréal à la suite de la tragédie — la mort de sa fille Laura perdue en mer — qui a frappé sa famille. «J'ignore si je pourrai jongler avec tout ça encore longtemps, a-t-il dit, presque au bord des larmes. Mais j'espère continuer avec le même désir et la même énergie.»

À voir en vidéo