Le Tricolore occupe le premier rang de la LNH en supériorité numérique

Où serait le Canadien sans ses unités spécialisées? Sans doute dans le bas du classement. Dans la «nouvelle» Ligue nationale, les équipes, pour réussir, doivent miser sur une bonne attaque à cinq. Elles doivent aussi écouler les pénalités.

Dans les deux cas, le Tricolore n'a rien à envier à personne. Son jeu de puissance occupe le premier rang du circuit avec un rendement de 23,1 % devant San Jose (22,9 %) et Anaheim

(22,8 %), deux formations qui comptent parmi les meilleures de la LNH. Le Canadien a marqué 34 buts en seulement 147 occasions. Seuls les Islanders de New York ont profité de moins d'avantages numériques (139) que le Tricolore.

En infériorité numérique, le bleu-blanc-rouge est deuxième (89,0 %) juste derrière Edmonton (90,8 %). De plus, le Canadien a marqué neuf buts à court d'un joueur, un sommet dans la LNH.

«Doug Jarvis s'occupe du jeu de puissance, a expliqué Guy Carbonneau après le match de samedi. Doug est un spécialiste du jeu défensif et il sait comment réagissent les équipes en infériorité numérique. C'est un rôle qu'il avait lorsqu'il était joueur. Pour moi, c'était normal qu'il dirige notre attaque à cinq. Il connaît tellement bien les tendances des équipes qui ont à se défendre.»

«Pour Kirk Muller, c'est l'inverse. Il a la responsabilité des unités en infériorité numérique, lui qui a beaucoup joué en supériorité numérique au cours de sa carrière.»

«Quant à moi, je ne fais rien, a-t-il dit à la blague. Il m'arrive parfois de parler aux arbitres.»

Souray, un atout

Sheldon Souray a marqué 10 de ses 12 buts en supériorité numérique. Généralement à l'aide d'un puissant tir de la ligne bleue. Aucun autre défenseur n'a fait mieux dans la LNH.

«Il se contente de lancer au filet au lieu de viser les coins du but», dit Carbonneau pour expliquer les succès de son défenseur.

Samedi contre Pittsburgh, Souray s'y est pris à trois fois pour loger la rondelle derrière Marc-André Fleury. Le jeune gardien des Penguins n'a jamais été en mesure de saisir le disque de sa mitaine. Ce but était l'un des quatre que le Canadien a enregistrés en supériorité numérique. «On est de plus en plus à l'aise, de plus en plus confiants, racontait Souray après le match. C'est souvent un joueur différent qui marque.»

Outre Souray, Saku Koivu (7), Michael Ryder (6), Chris Higgins (3), Guillaume Latendresse (3), Alex Kovalev (3) et Andreï Markov (2) ont fait bouger les cordages en supériorité numérique. «On a également plus qu'une option. L'adversaire ne peut pas se concentrer sur un joueur en particulier pour neutraliser notre jeu de puissance», ajoute Souray.

Saku Koivu fait valoir que l'équipe lance davantage. «Il y a souvent des retours de lancer, ce qui nous donne une deuxième et même une troisième chance de marquer. On travaille aussi très fort, ce qui est la clef de nos succès.»