«Pas facile à avaler», dit Lapointe

Winnipeg — «Je pensais que ç'allait se terminer comme un conte de fée. Nous avons travaillé tellement fort. Nous étions si près du but et nous pensions vraiment que nous pouvions y arriver. Ce n'est vraiment pas facile à avaler.»

C'est Éric Lapointe, assis devant son casier et qui n'avait pas encore enlevé son équipement, qui faisait ces déclarations dans le vestiaire des Alouettes. Le vétéran, héros des séries l'an dernier, avait la larme à l'oeil.

Victime d'une fracture du péroné droit il y a un mois à peine, il disputait sans doute son dernier match dans la Ligue canadienne de football. Le courageux guerrier aurait souhaité que ça se termine sur une autre note.

«Ça fait mal d'être arrivé jusqu'ici et d'offrir une performance comme celle-là, a-t-il poursuivi. Toute la semaine, nous nous étions dit qu'il fallait sortir fort, connaître un gros début de match. Mais ce sont les Lions qui l'ont fait.

«Le pire dans tout ça, c'est que les Lions n'ont rien fait de spécial, qu'ils n'ont pas joué un si grand match, mais nous n'en avons pas profité. Nous n'avons jamais été capables d'effectuer un gros jeu. Et on ne sait jamais si on va avoir à nouveau la chance d'arriver jusqu'ici.»

Étienne Boulay, qui en était, lui, à son premier match de la coupe Grey, avait lui aussi la mine déconfite. «C'est très décevant. Ca me fait de la peine, surtout pour un gars comme Lapointe, a dit Boulay. Je sais que pour plusieurs gars ici dans ce vestiaire la défaite de l'an dernier avait été dure à avaler. Une décision de l'arbitre nous a coûté un touché et nous avons échappé le ballon à la porte des buts.»

Robert Edwards a en effet échappé le ballon à la porte des buts des Lions au début du quatrième quart. Si les Alouettes avaient marqué lors de cette série, l'allure du match aurait pu changer.

«Je tentais de marquer et le ballon m'a glissé des mains quand on m'a frappé, a dit Roberts. Ce fut un jeu clé, c'est certain. Je vais y penser cette nuit et toute la journée demain, puis j'essaierai d'oublier. On ne peut plus rien y faire.

Ben Cahoon, qui a brisé un record de Hal Patterson en portant son total à 31 passes captées en matches de la coupe Grey, ne comprenait pas pourquoi les choses ont si mal fonctionné en première demie. «Nous avons bien mieux fait par la suite et pourtant nous n'avons pas apporté tellement de modifications à nos stratégies.»

«Nous devrons tout simplement apprendre à gagner, nous ne le savons pas», a ajouté l'ailier défensif Anwar Stewart.