L'autorité de Michel Therrien est contestée

Ça ne va pas bien chez le Canadien et, comme c'est presque toujours le cas, les problèmes sur la glace se répercutent à l'extérieur. À moins que ce ne soit le contraire?

L'entraîneur est contesté. À demi-mots peut-être, mais très clairement quand même.

La semaine dernière, c'était Mariusz Czerkawski qui acceptait mal d'être laissé de côté pour un match et qui se plaignait ouvertement que son entraîneur ne l'avait même pas salué à son arrivée à Montréal et n'avait pas vraiment communiqué avec lui, contrairement à ce qu'il avait affirmé.

Hier, ce fut au tour de Donald Audette d'apporter la même précision, pour ne pas dire rectification, aux propos de Therrien: «Il n'y a eu aucun meeting. On se parle, salut, bonjour. Si c'est ça un meeting...»

Czerkawski a aussi déclaré à quel point c'était plus difficile pour lui de jouer à gauche, tandis que l'insatisfaction d'Audette transpire de ses propos.

Gilmour a aussi sévi

Parlant de son utilisation à l'aile gauche, à laquelle il s'est plié de bonne grâce, selon Therrien, le vétéran Doug Gilmour a déclaré: «De toute façon, ce n'est pas pour le reste de la saison...»

C'est le même joueur qui ne voulait pas jouer à gauche à Buffalo et qui a «exigé» de jouer seulement au centre en venant à Montréal. Gilmour a même avoué sa frustration après le match de samedi dernier contre Ottawa, quand il a dit qu'il n'allait pas demeurer plus d'une semaine à Montréal si les choses ne s'amélioraient pas.

«J'ai le choix entre jouer 11 ou 18 minutes, a-t-il dit. Je veux jouer 18 minutes et, pour le moment, l'unique façon d'obtenir ce temps de glace est de jouer à l'aile gauche.»

Gilmour est peut-être une bombe à retardement, mais les dirigeants du Canadien l'ont toujours protégé et, encore mardi, Therrien a trouvé le moyen de vanter sa modeste performance. Deux poids, deux mesures?

Le Canadien visait un fort début de saison à partir d'un entraînement en altitude au Colorado.

Après le premier mois, il se retrouve avec une fiche de tout juste .500, même s'il a disputé six de ses neuf premiers matchs à domicile. Et c'est à se demander où il serait sans Jeff Hackett.

La bonne nouvelle, c'est que, avant les matchs d'hier, seulement cinq équipes dans l'Est jouaient pour une moyenne supérieure à .500: Philadelphie, Tampa Bay, Boston, New Jersey et Pittsburgh, qui n'ont subi que sept défaites en tout, une de moins que les Thrashers d'Atlanta à eux seuls!

Mais quand Therrien et ses joueurs déclarent qu'un des problèmes est qu'on a trop d'attaquants à satisfaire quant à leur temps de glace, on se raconte des histoires.

Le Canadien surestimé

Consultez les statistiques: malheureusement souvent blessé, Saku Koivu n'a jamais eu plus de 57 points dans une saison; la production de Czerkawski a diminué chaque année depuis trois ans, de 70 à 51 points; Audette a bien connu une campagne de 71 points en 64 matchs à Atlanta, mais ce fut une année d'exception, avec une équipe d'expansion, et il pouvait se concentrer sur l'attaque; les records personnels de Yanic Perreault, Richard Zednik et Oleg Petrov sont respectivement de 56, 47 et 44 points.

C'est sans parler de la défense...

Le Canadien est sans doute surestimé par bien des observateurs, et parions que ses dirigeants le savent bien au fond.