Carbonneau a pardonné à Serge Savard de l'avoir échangé aux Blues

Les relations entre Serge Savard et Guy Carbonneau n'ont pas toujours été des plus harmonieuses. Mais aujourd'hui, Carbonneau se dit heureux de savoir que Savard fera désormais partie des immortels du Canadien. Son numéro 18 sera retiré ce soir au Centre Bell avant le match que le Tricolore disputera aux Thrashers d'Atlanta.

«Il mérite d'avoir son chandail retiré», a fait valoir l'entraîneur du Canadien au retour de l'équipe d'un long voyage. «Il a fait partie de l'organisation du Canadien pendant des années, aussi bien sur la patinoire qu'en dehors.

«Je ne l'ai pas vraiment connu comme joueur. À l'époque, je préférais jouer plutôt que de regarder des matchs à la télé. Mais je sais qu'il a été un grand joueur dans les belles années du Canadien. Il a fait partie du "big three" et il était un des meilleurs.

«Je l'ai plus connu comme patron, a poursuivi Carbo. Pendant les 12 ans que j'ai passés ici, l'équipe a toujours eu des chances de gagner. Bien des joueurs ne peuvent en dire autant.

«On avait tendance à l'écouter lorsqu'il parlait. Il avait un riche passé de joueur et il avait eu beaucoup de succès.»

Des différends

Savard et Carbonneau ont eu leur part de différends. C'était vrai chaque fois que les deux hommes ont dû négocier un nouveau contrat. Le point de rupture est toutefois survenu quand Savard, sous la recommandation du président d'alors, Ronald Corey, a transféré Carbonneau aux Blues de St. Louis en retour de Jim Montgomery, le 19 août 1994.

«On n'était pas de grands amis après l'échange, avoue Carbo. Cette transaction m'a fait mal. J'étais le capitaine de l'équipe, j'étais ici depuis 12 ans. Et puis je me pensais bien meilleur que Montgomery.»

Avec le recul, Carbo voit les choses différemment, surtout qu'il a lui-même été administrateur à Dallas à titre de directeur général adjoint.

«Je comprends mieux la "business" qu'à l'époque où j'étais joueur, dit-il. Je me pensais alors à l'abri de tout. Il y a aujourd'hui le plafond salarial. Avant, il y avait autre chose.»

Carbo est presque reconnaissant à Savard de l'avoir échangé.

«De bonnes choses ressortent parfois d'événements malheureux, dit-il. Grâce à l'échange, j'ai eu la chance de jouer six belles années aux États-Unis, dont cinq à Dallas où j'ai remporté une coupe Stanley [sa troisième). Je suis aussi devenu plus riche», a-t-il ajouté en riant.

On peut aussi penser que Carbonneau ne serait pas aujourd'hui l'entraîneur du Canadien s'il avait fait toute sa carrière à Montréal. Les années de l'administration de Réjean Houle n'ont pas été faciles et Carbonneau y aurait sans doute laissé des plumes.

Carbonneau et Savard ont fait la paix depuis.

Presse canadienne